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Plutôt que de verser un loyer à perte, ce couple a investi dans un studio pour y loger sa fille, étudiante à Rennes.
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En septembre 2025, Léa a intégré une école de mode à Rennes, une ville connue pour sa vie étudiante. Le printemps qui a précédé la rentrée scolaire, la jeune fille et ses parents étaient sur le qui-vive pour lui trouver un logement. "Comme nous habitons à Vitré, nous connaissons bien le marché immobilier à Rennes et nous savions qu’il y avait une forte pression sur les petites surfaces à louer. Nous avons donc anticipé au maximum. Avant même de savoir si Léa allait réussir les examens d’admission à cette école, nous avons fait des visites de studios avec elle", raconte Françoise, sa mère.
Après avoir vu trois biens – "dans un état médiocre" – la quinquagénaire évoque, avec son mari, l’opportunité d’acheter un studio pour y loger leur fille. "En regardant les annonces, nous nous sommes aperçus qu’un studio de 30 m2 dans le centre coûtait entre 100 000 et 130 000 euros, parfois moins lorsqu’il avait une mauvaise étiquette énergétique", explique Françoise. Pour le couple, déjà propriétaire de sa résidence principale, c’est l’opportunité d’investir dans la pierre. "C’était, pour nous, bien plus stratégique que de perdre 500 euros de loyer tous les mois, soit 30 000 euros sur toute la durée des études de notre fille", précise-t-elle.
Le père de Léa étant cadre dans le BTP, la petite famille s’oriente finalement vers un studio à rénover, les travaux n’étant pas un frein. "Nous avons acheté en juin 2025, juste après avoir reçu les résultats d’admission de Léa. Il s’agit d’un appartement situé dans le quartier Saint-Martin, au dernier étage d’une petite copropriété des années 1930. Il était affiché à 103 000 euros car il avait besoin d’être entièrement réisolé. Comme il était considéré comme une 'passoire thermique', nous l’avons négocié. Au final, l’opération nous a coûté 100 000 euros en comptant les frais de notaire", confie Françoise.
Mi-août, une fois l’acte de vente définitif signé chez le notaire, Léa et sa famille ont débuté les travaux. "Toute la famille s’y est mise, ainsi que deux collègues de mon mari, qui étaient artisans dans le bâtiment et que nous avons rémunérés de la main à la main. En plus de l'isolation, nous avons refait les peintures, les sols, la kitchenette, la salle de bains. En 20 jours, l’appartement s’est métamorphosé", raconte-t-elle. La future étudiante est aux anges. "Léa était contente de pouvoir choisir les couleurs de ses futurs murs, les meubles de sa future salle de bains…", confie la mère.
Pour réaliser les travaux, les parents de Léa ont déboursé environ 15 000 euros de main-d’œuvre, de matériaux et d’équipements. Au total, investir dans ce bien et le rénover leur a donc coûté 115 000 euros. "D’après nos estimations, c’est un appartement qui peut aujourd’hui être loué entre 500 et 520 euros par mois", indique-t-elle. S’il était loué, cet appartement rennais génèrerait donc des revenus bruts compris entre 6 000 et 6 240 euros par an. Soit un taux de rendement brut théorique d’environ 5,4 %. À titre de comparaison, ce taux est, en 2026, d’environ 3,4 % à Paris, 4,1 % à Lyon et 6,3 % à Brest, selon l’association Clameur, qui produit un observatoire des loyers du marché locatif privé.
"Les charges de copropriété et les charges locatives étant peu élevées, la rentabilité nette du bien est d’environ 5 %", précise Françoise. Léa devrait occuper cet appartement a minima cinq ans, jusqu’à l’obtention de son master. "Voire plus si elle trouve ensuite un travail à Rennes", explique la mère. Lorsqu’elle le quittera, le couple ne sait pas encore ce qu’il fera du bien. "Soit nous le louerons à un étudiant et il restera donc dans le patrimoine de la famille, soit nous le revendrons si nous avons l’opportunité de réaliser une plus-value", confie-t-elle. Dans le premier cas, le couple pourra sans doute capitaliser sur une hausse progressive des loyers. D’après l’observatoire Clameur, ces derniers ont augmenté de 1,60 % entre 2024 et 2025 à Rennes. Dans le second cas, le couple devra s’acquitter d’un impôt sur la plus-value, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux, après prise en compte des abattements éventuels.