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Lorsqu’elle est partie travailler à Bordeaux, une jeune habitante d’Anglet a mis en location l’appartement qu’elle avait acheté il y a plusieurs années. Le locataire, décédé il y a quelques semaines, a dégradé le logement, mais sa propriétaire ne peut y rentrer
Marion Vergnaud a le sentiment d’être emprisonnée dans un labyrinthe administratif. Il y a plusieurs années, alors qu’elle travaillait sur Anglet, elle a acheté un appartement, rue de Mirambeau. Il y a sept ans, sa vie personnelle et professionnelle l’ont conduite à partir à Bordeaux.
Elle a alors confié son bien à une agence immobilière, afin de le mettre en location. À la demande de l’association Sauvegarde de l’enfance à l’adulte au Pays basque (SEAPB), l’agence l’a loué à un adulte placé sous curatelle, une des mesures de sauvegarde pour protéger des personnes fragiles. « Durant toute cette période, je n’ai rencontré aucun problème, confie Marion Vergnaud. Le loyer a été régulièrement versé tous les mois. »
Le locataire est décédé au mois de novembre dernier. La propriétaire des lieux est donc venue, quelques semaines plus tard, voir dans quel état était son appartement, dans la perspective de le remettre en location. Elle a découvert un logement très dégradé. « Il est extrêmement sale. La porte-fenêtre du balcon est cassée et beaucoup d’éléments sont dégradés. Deux chiens vivaient dans cet appartement. J’ai aussi eu la surprise de découvrir qu’un ami de mon locataire vivait là et n’avait, sur l’instant, pas l’intention de quitter les lieux. »
Les chiens ont pu être placés dans un refuge et sans droit ni titre, la personne qui vivait dans l’appartement a accepté de partir. « Mais les affaires du locataire décédé sont toujours là. Apparemment, sa famille a refusé la succession. Je me suis tournée vers la SEAPB, qui jusqu’à son décès, gérait ses affaires, mais je n’ai pas réellement obtenu de réponse, pas plus que de l’agence immobilière, pour savoir ce que je devais faire. »
Désireuse de reprendre la main sur son appartement et de voir s’il ne lui était pas possible d’obtenir un dédommagement de l’association curatrice, en raison des dommages causés, la jeune femme s’est tournée vers un huissier. « Il a fait un constat, mais m’a dit que, pour me garantir, il valait mieux que je n’entre pas dans mon appartement et que je n’enlève pas les affaires de mon ancien locataire, pour ne pas prendre le risque d’être mise en cause par sa famille, tant qu’un état des lieux ne serait pas fait. »
Marion Vergnaud se dit aujourd’hui en colère. « J’ai l’impression d’être dans une impasse. Je continue à rembourser chaque mois les mensualités du crédit pour mon appartement et je ne peux pas en disposer. Lorsqu’il a été question de le louer à une personne sous curatelle, ce qui ne me posait pas de problème, la SEAPB nous avait garanti que tout était très contrôlé. Ce qui visiblement n’a pas été le cas, vu l’état dans lequel je l’ai trouvé. J’ai vraiment l’impression qu’au cours de toutes ces années, personne ne s’est occupé de rien, ni l’association, ni l’agence immobilière et maintenant, je vois toutes les portes se fermer. »
La jeune femme s’interroge sur la réalité de la protection apportée aux personnes en situation de fragilité. « Ce que je vis aujourd’hui me laisse penser que ces personnes ne sont pas réellement protégées, dit-elle. J’ai adressé des courriers à la SEAPB (1), sans vraiment obtenir de réponse, sinon que son intervention s’arrête au décès des personnes protégées. »
(1) Contactée par « Sud Ouest », la SEAPB a également indiqué que son suivi des personnes protégées s’arrêtait au moment de leur décès.
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