Vue pourtant imprenable. Depuis leur terrasse au 12e étage du Concorde D, à Cannes Marina de Mandelieu, Fatima et François contemplent les îles de Lérins au loin, les bateaux de la marina et la piscine en contrebas.
Mais ce panorama de rêve masque l’envers d’un décor beaucoup moins reluisant. Car, à l’intérieur du quatre pièces de 90m2, les dégâts sont apparents.
Fissures au plafond, murs cloqués par l’humidité, prise électrique rongée et spots lumineux HS… Jusqu’à ce faux plafond totalement désagrégé, dans la salle de bains, alors que semblable mésaventure est arrivée, un soir, dans leur chambre à coucher! Le triste bilan d’écoulements quasi-permanent depuis… près d’une dizaine d’années!
Et qui obligent les retraités âgés de 82 et 86 ans, à vivre sur le qui-vive, comme en campement. La cause de « châtiment » hydraulique? Des travaux exécutés par leur voisin, sur le toit-terrasse du dessus, afin d’y aménager une vaste piscine privative!
C’était quelque temps après son installation, en mai 2017. Déjà assourdis par le vacarme des marteaux-piqueurs, les malheureux voisins du dessous ont, soudain, vu leur domicile suinter de toutes parts, les obligeant même à remplir des bacs plastiques. Eux qui avaient élu domicile dans ce petit port résidentiel pour faire du bateau, se sont retrouvés à écoper leur intérieur!
Car, avec l’arrivée de fortes pluies, la situation a encore empiré, malgré la « fin » annoncée du chantier au-dessus. Jusqu’à inonder plusieurs étages de l’immeuble et mettre en panne les ascenseurs, en juillet, obligeant l’intervention des pompiers.
« Des morceaux de notre plafond se sont déjà effondrés à trois reprises alors, après toutes ces années, on aimerait que tout soit enfin réparé, pour revivre juste normalement », se désole François Morisson, qui croyait avoir trouvé un havre de paix lors de leur emménagement, en 2007.
Certes, l’ancien syndic a été évincé au profit de Foncia (1). Et la copropriété (ainsi que le couple) a engagé une procédure en justice, qui a suscité diverses expertises. Mais le temps passe, et l’on en est encore à évaluer le montant astronomique (près de 50.000 euros) de travaux conservatoires et provisoires d’étanchéité. « Afin de restaurer des conditions de vie décentes pour les copropriétaires impactés ». Juste une première étape, avant d’envisager une réfection complète du toit-terrasse et des travaux dans l’immeuble. Car, selon François et Fatima, une vingtaine d’appartements seraient aussi affectés par les infiltrations.
De quoi miser sur une solidarité entre résidents sinistrés? « Pfff, après le premier article de Nice-Matin en 2019, beaucoup de copropriétaires nous ont plutôt interpellés, mécontents, au prétexte que ça faisait une mauvaise publicité pour la résidence et que leurs appartements en seraient dévalués! », regrette Fatima, face à ce manque d’humanité.
Pourtant, tous sont, désormais, dans la même galère, à Cannes Marina. Et ce n’est sûrement pas la politique de l’autruche qui les mettra définitivement hors d’eau…
1. Contacté, le syndic n’a pas répondu à nos sollicitations.
La piscine sur le toit est, certes, fonctionnelle, et Bruno Bensoussan avoue en avoir encore profité tout l’été. Mais ce dernier, propriétaire de l’appartement situé au dernier étage du bâtiment E, souhaite désormais vendre son bien. Lui aussi, se dit lassé par cette situation interminable, même s’il ne subit pas les dégâts des eaux, « Le problème aurait dû être réglé depuis longtemps, il y a juste le bac à tampon à refaire, mais on m’a empêché de le faire réparer (sic), se défend-il. Depuis 2019, il n’y a pas eu de nouvel incident, mais des gens sont toujours là pour en rajouter et profiter de leurs assurances! »
Lui qui a déjà dépensé 40.000 euros en travaux d’étanchéité affirme que « les expertises n’ont rien trouvé, alors le reste, c’est des conneries! (sic) Au départ, le bac tampon avait été mal réparé et, quand il y avait débordement, ça coulait chez les voisins. Maintenant, ça ne coule plus, sauf quand il pleut… »
Malgré les procédures engagées, Bruno Bensoussan peut encore se targuer d’une AG de mai 2017, où les copropriétaires avaient voté en faveur de travaux d’étanchéité, de la refonte de la véranda et de la remise en eau du bassin d’agrément. « Mais un bassin d’agrément, ce n’est pas une piscine qui pèse 80t, d’autant plus que la terrasse dont il a la jouissance appartient à la copropriété! », s’insurge François Morisson, qui désespère de voir de vrais travaux de réparation et un relogement durant le chantier.
Un vœu, finalement partagé par son « encombrant » voisin du dessus, seule chose qui les rapproche désormais. « Moi, je veux partir, parce que je ne supporte plus cette résidence et sa copropriété de m…!« , lâche Bruno Bensoussan. Les procédures en cours, qui nuisent forcément à la vente de son bien? « S’il y a eu des malfaçons, qu’est-ce que j’y peux? Ce n’est quand même pas moi qui ai fait les travaux! En réalité, il n’y avait pas grand-chose, mais certains ont voulu gratter toujours plus », persiste-t-il. En souhaitant faire pression, via son avocat, pour que de cet interminable imbroglio émerge, enfin, une bouée de sauvetage.
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