La Semaine, c’est aussi des formats audiovisuels pour aller plus loin dans l’info
La Semaine, c’est aussi des formats audiovisuels pour aller plus loin dans l’info
DOSSIER. Dans l’ancien, l’immobilier montre des signes de reprise depuis plusieurs mois. Le nombre de biens à vendre augmente, les prix se stabilisent et les acheteurs sont de retour. Petit tour d’horizon du marché en Moselle et en Meurthe-et-Moselle alors que l’activité immobilière va s’activer avec l’arrivée du printemps.
Avec 945 000 transactions, le marché de l’immobilier dans l’ancien a repris des couleurs en 2025 après deux années « compliquées ». « La progression annuelle, de l’ordre de + 12 %, marque une amélioration tangible après deux années de contraction sévère. Elle demeure toutefois à relativiser : les volumes restent inférieurs d’environ 25 % au pic atteint à l’été 2021 et s’inscrivent en deçà des standards des phases d’expansion antérieures », souligne les Notaires de France dans leur note de conjoncture parue en janvier dernier. Ce regain d’activité s’accompagne d’une progression modérée des prix. Sur un an (fin 2025), ils ont augmenté de + 1,3 % pour les appartements et de + 0,2 % pour les maisons.
« Avec 945 000 transactions, le marché de l’immobilier dans l’ancien a repris des couleurs en 2025 après deux années compliquées. »
« Les projections issues des avant-contrats confirment la poursuite de cette tendance au cours des prochains mois (début 2026), avec des évolutions contenues et différenciées selon les territoires et les typologies de biens », commentent les notaires. Ces évolutions sont nourries par des taux d’emprunt qui restent attractifs (autour de 3 % sur dix ans ou 3,40 % sur 20 ans) et des banques qui semblent plus « prêteuses ». L’inflation est également apaisée. Des signes positifs, donc, même si le contexte ambiant reste anxiogène et la crise du logement, une réalité. Et un gros sujet de préoccupation. Les élections municipales le mettent en lumière en Lorraine comme dans d’autres territoires. Il s’agit de l’une des trois priorités mentionnées par les Français, à lire différents sondages. Ce qui réinterroge d’ailleurs au passage la notion de « maire bâtisseur » à l’heure où le manque de logements se fait cruellement sentir dans certaines communes.
Le début d’année est traditionnellement calme en matière d’immobilier, mais quelques données disponibles donnent le ton alors que l’activité va s’accélérer avec l’arrivée du printemps. Selon les chiffres de la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier), en Moselle, le prix moyen des appartements est de 1 761 euros/m2 et de 1 497 euros/m2 pour les maisons. Les prix sont en recul de – 1,3 % sur un an. De son côté, le baromètre Meilleurs Agents daté de mars 2026, annonce respectivement 2 051 euros et 1 852 euros.
Sans surprise, ça grimpe dans le sillon lorrain. C’est le cas pour Metz : 2 402 euros/m2 pour les appartements, 2 368 euros/m2 pour les maisons. Mais avec de grosses différences selon les quartiers. Les données de l’Adnov/Notaires de France dévoilées fin novembre 2025 le mettaient très clairement en lumière. Le prix médian* du mètre carré était annoncé à 2 570 euros pour le centre (ancienne ville), de 1 940 euros pour Vallières, de 1 900 euros pour Devant-les-Ponts. Rappelons au passage que le prix du mètre carré évolue compte tenu de la surface. Il est plus important pour un studio que pour un cinq pièces (dans la majorité des cas). Un seul exemple, toujours à Metz : 2 320 euros du mètre carré pour un 5 pièces et plus contre 2 590 euros pour un studio.
Ça grimpe en direction du nord du département (dans le « Thionvillois Trois Frontières », dira Pierre Cuny, le maire de Thionville), à proximité de la frontière luxembourgeoise, un territoire qui gagne des habitants, tout comme Metz. Selon les bases de données des Notaires de France, le mètre carré médian pour les appartements atteint 2 393 euros à Thionville, 2 680 euros à Yutz et 3 037 euros à Hettange-Grande. Pour les maisons, c’est respectivement 2 780 euros, 2 461 euros et 2 529 euros.
« 10 % des biens en Lorraine Nord sont achetés par un résident étranger, essentiellement luxembourgeois (77 %) ou belge (17 %). »
Dans la 2e plus grande ville de Moselle, les maisons sont donc plus « chères » que les appartements. La moitié des demeures qui y sont acquises (46,8 % sur 80 ventes à Thionville en un an, Adnov/Notaires de France) affichent une surface médiane de 164 m2 au prix de 456 200 euros. Au-delà du fait que le parc immobilier compte des biens spacieux, sur ce segment, les clientèles frontalière et « luxembourgeoise », au pouvoir d’achat plus conséquent, sont actives. « 10 % des biens en Lorraine Nord sont achetés par un résident étranger, essentiellement luxembourgeois (77 %) ou belge (17 %) », précise une étude toute récente de l’Agape, l’agence d’urbanisme de la Lorraine Nord. Quelques exemples de biens disponibles sur les sites spécialisés donnent une petite idée de ce marché. Plusieurs demeures d’environ 150 m2 sont actuellement sur le marché autour de 550 000 euros. Quelques-unes de + de 200 m2 sont également proposées à plus de 750 000 euros.
Pour trouver des biens plus accessibles en Moselle, c’est dans l’est du département qu’il faut regarder. Dans certaines petites communes, ou en zone rurale, le mètre carré médian tourne autour de 1 000 euros. C’est le cas, par exemple, au pays du charbon. À Forbach, une maison bourgeoise de dix pièces (207 m2) est actuellement à vendre pour 199 000 euros.
Globalement, le marché immobilier de la Meurthe-et-Moselle est plus accessible financièrement que le mosellan. Plus dynamique en revanche : 8 291 ventes entre septembre 2024 et fin août 2025 en 54 contre 5 792 en 57, selon les données des notaires. La Fnaim annonce un mètre carré moyen de 1 758 euros pour les appartements anciens et de 1 800 euros pour les maisons (1 893 euros et 1 824 euros – Baromètre Meilleurs Agents). La baisse des prix serait un peu plus marquée sur un an : – 1 %. Les prix les plus hauts (du m2) sont observés du côté du bassin de Longwy (1 800 euros/m2 moyen médian) compte tenu de l’effet Luxembourg (sur le Grand Longwy, 16 % des ventes immobilières sont le fait de résidents grand-ducaux, selon l’Agape) et plus au sud, à Nancy et son agglo. Le mètre carré médian y dépasse les 2 000 euros (données septembre 2025). Et les 2 500 euros dans des quartiers comme Léopold-Ville vieille et Stanislas-Meurthe. Précisons encore que le prix médian moyen des ventes de maisons est plus élevé à Nancy qu’à Metz : 258 500 euros (110 m2) contre 250 000 (119 m2).
« Le prix médian moyen des ventes de maisons est plus élevé à Nancy qu’à Metz : 258 500 euros (110 m2) contre 250 000 (119 m2). »
Selon les données de l’Observatoire de l’immobilier de la chambre interdépartementale des notaires de la Cour d’appel de Nancy dévoilées en décembre dernier et portant sur 2025, le marché a été globalement stable l’an dernier. Quelques « territoires » se distinguent tout de même. En ce qui concerne les maisons anciennes, les chiffres mettent en évidence un marché dynamique dans le Toulois avec un prix de vente de + 8,6 % et dans une moindre mesure dans le bassin de Pont-à-Mousson avec + 4,8 %. Sur ce dernier territoire, l’effet Luxembourg pourrait se faire sentir même si les effectifs frontaliers restent modestes. En septembre dernier, l’Observatoire territorial transfrontalier de l’Aguram (Agence d’urbanisme d’agglomérations de Moselle) indiquait que sur ce territoire, leur nombre avait progressé de + 8 % par rapport à 2023/2024. À noter encore que le Toulois et Pont-à-Mousson sont deux marchés où le prix des maisons est comparable, autour de 170 000 euros (médian moyen). Pour réduire la facture de 50 000 euros, c’est dans le Lunévillois qu’il faut se rendre. La « photo » est différente en ce qui concerne les appartements. Deux territoires ont vu le mètre carré prendre de la valeur l’an dernier : le Toulois (+ 4,7 %, 1 260 euros) et le bassin de Briey (+ 5,7 %, 1 080 euros).
Un petit mot pour finir sur les prix de l’immobilier dans les autres grandes villes de la région (selon Notaires de France, bilan 2025). Toujours dans l’ancien, le prix médian à Strasbourg est de 3 380 euros/m2 pour les appartements et de 346 200 euros pour les maisons. Reims est également un peu plus cher que Metz et Nancy en ce qui concerne les appartements (2 570 euros/m2), mais légèrement plus accessible en ce qui concerne les maisons : 240 000 euros. Selon les données de la Fnaim, dans le Grand Est, le prix moyen du mètre carré des appartements anciens s’élève actuellement à 2 064 euros et celui des maisons à 1 643 euros. Sur un an, les prix du marché (tous bien confondus, en moyenne) seraient en très léger recul : – 0,5 %. Mais progressent ici et là.
* 50 % des transactions ont été conclues à un prix inférieur et autant à un prix supérieur
Le marché de la location peine toujours à se « détendre » compte tenu de la demande qui continue à augmenter et à une offre qui se réduit. Une situation liée à la conjonction de multiples facteurs : construction neuve en panne, évolution de la composition des ménages, DPE (Diagnostic de performance énergétique) qui a réduit le parc, concurrence du marché de la courte durée… Tout cela complique les recherches de celles et ceux qui ne peuvent pas répondre à toutes les exigences des propriétaires et pèse sur les prix. Selon différentes sources immobilières, le prix moyen du mètre carré à la location tourne autour de 14 euros à Metz et Nancy, un peu plus (14,50 euros) à Thionville. En sachant que la localisation comme la taille du logement ont une influence. Le mètre carré est plus cher pour un studio que pour un cinq pièces, surtout là où la demande en petites surfaces est importante, comme dans les villes universitaires, par exemple.
« Malgré des taux d’intérêt redevenus attractifs, les ventes de logements neufs reculent encore de 10,8 % et passent sous le seuil des 100 000 réservations sur l’année », indiquait la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), en février dernier, à propos du bilan 2025. Mais les professionnels évoquent un frémissement. La FPI évoque des « autorisations qui repartent à la hausse (+ 19,8 %), signe que des opérations sont de nouveau en préparation », alors que les mises en vente progressent de + 9,4 %. Un regain de dynamisme porté (entre autres) par le statut du bailleur privé ou dispositif « Jeanbrun », qui succède au fameux Pinel. Pour résumer, cet « outil » permet aux propriétaires de déduire une partie du coût d’acquisition de leur bien grâce à un amortissement. Ce qui revient à alléger leur fiscalité pour le dire simplement. Mais pour cela, il faut bien évidemment satisfaire à différentes conditions et exigences. Ce statut est pour l’heure applicable jusqu’à la fin de l’année 2028.
Du lundi au vendredi à 18h00, découvrez sur votre mail la sélection du jour des journalistes de La Semaine.