Les multiples incertitudes politiques et économiques ont définitivement douché les espoirs de reprise du marché immobilier à Toulouse. Un coup d’arrêt qui inquiète les professionnels du secteur. Pour autant, des nouveautés pourraient redonner de l’appétit aux investisseurs.
Il faut se rendre à l’évidence : le scénario d’une reprise de l’immobilier en 2025 semble définitivement abandonné dans la Ville rose. « Pourtant, nous avions constaté 20 % de ventes supplémentaires entre le printemps 2024 et le printemps 2025, observe Sébastien Bénet, président de la Fnaim Garonne-Gascogne. Mais l’essai ne s’est pas transformé. » De leur côté, les notaires s’en tiennent aux actes… signés : « Entre janvier et fin juillet 2025, ils ont chuté de 24 %, toutes typologies de biens confondues, ce qui ramène le volume de ventes au niveau de 2016, relève maître Frédéric Giral, référent immobilier à la chambre des notaires de la cour d’appel de Toulouse. Et depuis la rentrée, l’activité est totalement atone. »
En effet, les dernières semaines, minées par les multiples incertitudes politiques et économiques, ont définitivement douché les espoirs de reprise. Malgré tout, et cela reste une bonne nouvelle, les prix s’érodent sans s’effondrer : ceux des appartements anciens n’ont baissé que de 2,5 % sur douze mois glissants, avec un niveau médian à 3 170 euros le m2 .
Cette correction n’a pas épargné les quartiers les plus huppés de l’hypercentre, comme celui des antiquaires qui entoure la place Saint-Etienne. C’est désormais le seul où le prix médian s’affiche encore au-dessus de 5 000 euros le m². Mais ce n’est plus le cas autour de la place du Capitole, avec une baisse de 7,5 % en un an.
Les trois informations à retenir sur les prix de l’immobilier à Toulouse au 1er novembre 2025
+ 4,1 % : évolution des prix des appartements sur un an
3 527 €/m2 : prix de vente moyen d’un appartement
15 €/m2 : loyer moyen d’un appartement
« L’hypercentre dans son ensemble pâtit de la série d’effondrements d’immeubles survenus ces derniers mois, constate Betty Beilles, de l’agence BalconSurCour. Résultat, même dotés de bons budgets et pour les adresses les plus recherchées, les acheteurs, au mieux, négocient, au pire, renoncent. » C’est ce qui s’est produit pour ce 3-pièces pourtant parfaitement rénové et situé dans un immeuble en bon état, rue Saint-Rome : un investisseur local a obtenu un prix de 4 800 euros le m², au lieu des 5 200 euros affichés.
Une nouveauté pourrait cependant redonner de l’appétit aux investisseurs pour le centre historique, désormais éligible au dispositif Malraux , depuis que la mairie de Toulouse a adopté un vaste plan de sauvegarde et mise en valeur de son patrimoine.
En revanche, sur le marché des maisons, dont les ventes ont chuté de 17 % depuis le début de l’année, les difficultés sont plus prégnantes. Dans le secteur de la Côte-Pavée notamment, prisée des familles. « Les vendeurs n’ont pas pris la mesure de la baisse des prix, regrette Marie-Céline Chavanne, de l’agence Midi-Pyrénées Sotheby’s International Realty. Lorsque j’estime un bien à 1 million d’euros, ils en réclament 1,3 million. Ça ne passe pas ! »
À Toulouse, selon les données de Meilleurs Agents et Se Loger, le prix moyen de l’immobilier s’élève à 3 972 €/m2 en moyenne. Pour une maison individuelle, le foncier est logiquement un peu plus élevé, atteignant en moyenne 4 417 € par mètre carré. Concrètement, une maison de 90 m² se vend donc aux alentours de 397 500 €.
Dans le détail, c’est à Saint-Etienne, avec ses maisons de ville et ses hôtels particuliers aux façades rose, que le prix hybride du m2 est le plus élevé. Ainsi, si vous voulez investir dans l’une de ces nombreux maisons de ville ou hôtels particuliers, comptez 6 187 € du m2 , soit 742 440 € pour une jolie surface de 120 m2 .
Les loyers suivent eux aussi la même tendance. Dans ce quartier très prisé, il faut compter 17,7 €/m², soit environ 1 060 € de loyer mensuel pour un 3-pièces de 60 m². À l’inverse, certains secteurs toulousains restent bien plus accessibles. C’est le cas de Lalande, quartier résidentiel du nord de la ville, où le mètre carré se loue 13,4 € en moyenne. Ce même 60 m2 y revient donc à 804 € par mois, soit près de 250 € de moins qu’à Saint-Étienne.
Virginie Grolleau avec Béatrice Girard
En partenariat avec Se Loger /Meilleurs Agents, Challenges vous propose un zoom sur les prix de l’immobilier par quartier. Les données Meilleurs Agents présentées sur cette page sont soumises à un copyright et n’ont pas le droit d’être reprises sans autorisation, que ce soit dans le cadre d’une activité commerciale ou non. Si vous souhaitez les réutiliser, ou si vous cherchez des données dans une ville particulière, merci de nous contacter.
© Copyright : Prix et Indice des Prix de l’Immobilier (IPI) Meilleurs Agents au 1er novembre 2025
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