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Prix trop élevés, offre insuffisante, marché en partie confisqué par des étrangers non-résidents : alors que la plupart des Espagnols ne peuvent acquérir un logement et rencontrent de grandes difficultés pour louer, le gouvernement de Pedro Sánchez a présenté, lundi 13 janvier, un vaste plan de lutte contre la spéculation du marché immobilier en Espagne.
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Le Premier ministre Pedro Sánchez est bien conscient que le logement est l’une des principales préoccupations des Espagnols et a voulu frapper fort sur un sujet sur lequel il sait que son électorat l’attend, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau. Ce paquet de mesures, qui reprend des annonces dévoilées ces dernières semaines, répond à « trois objectifs » : avoir « plus de logements », permettre « une meilleure régulation » et offrir « des aides plus importantes », a assuré le dirigeant socialiste lors d’un forum économique.
Parmi les 12 mesures chocs qu’il a avancées, le dirigeant socialiste a annoncé la construction d’un parc de plus de 40 000 immeubles publics cette année, des simplifications pour que les propriétaires puissent louer leurs biens à un prix accessible, et la réhabilitation de logements vides pour les mettre sur le marché.
Mais le plan prévoit également d’interdire que des logements sociaux puissent cesser de l’être – et que leurs propriétaires puissent en tirer des profits -, et prévoit également de doubler la fiscalité pour tous les étrangers qui ne résident pas en Espagne et qui se portent acquéreurs d’immeubles. Car parmi tous les bâtiments et maisons en construction, un tiers est détenu par des étrangers ne résidant pas dans le pays.
Pour l’essentiel de la classe moyenne espagnole et pour les moins de 40 ans, se loger aujourd’hui dans le pays est devenu un calvaire. L’un des principaux obstacles est la prolifération des fonds d’investissement et des appartements touristiques, selon le gouvernement et des experts. Pedro Sánchez veut donc moins de locations Airbnb et plus de logements.
Reste à savoir si ces mesures pourront infléchir la réalité du marché qui fait dire à un célèbre sociologue que l’Espagne est désormais divisée entre propriétaires enrichis et locataires appauvris.
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Selon Pedro Sánchez, 600 000 logements étaient construits chaque année durant le boum immobilier des années 2000, quand 400 000 nouveaux foyers étaient recensés par les autorités. Aujourd’hui, seuls 90 000 logements sont mis sur le marché, alors que le pays recense 300 000 nouveaux foyers par an.
Le Premier ministre, qui attribue cette diminution aux mesures prises par le Parti populaire (droite) après la crise de 2008, a notamment insisté sur le faible parc de logements sociaux. Aujourd’hui, « nous avons seulement 2,5 % de logements publics (…). Nous sommes loin derrière d’autres États membres » de l’Union européenne, « comme la France, qui a 14 % (de logements sociaux), ou les Pays-Bas, qui en ont 34 % », a précisé M. Sánchez.
Pour cela, le Premier ministre a annoncé le transfert à une société publique nouvellement créée de deux millions de mètres carrés de terrains où pourront être construits « des milliers et des milliers de logements sociaux à loyer accessible ».
Pour lutter contre la prolifération des appartements touristiques, accusée de faire flamber les loyers en limitant le nombre de logements disponibles pour les habitants, M. Sánchez a par ailleurs annoncé une hausse de la fiscalité et un renforcement des contrôles par l’administration.
« Il n’est pas juste que ceux qui possèdent trois, quatre, cinq appartements pour de la location à court terme paient moins d’impôts que les hôtels », a-t-il jugé, en promettant de présenter au Parlement une réforme pour que ces propriétaires soient imposés comme le sont « les entreprises ».
Pour freiner l’envolée des loyers, Pedro Sánchez a par ailleurs promis une exonération d’impôt pour les propriétaires qui accepteraient de louer leurs biens en suivant l’indice de référence des loyers établi par les autorités, même dans les zones qui ne sont pas sous tension.
Le Premier ministre espagnol avait déjà fait voter en mai 2023 une loi phare sur le logement, prévoyant une hausse des constructions de logements sociaux, un encadrement des loyers dans les zones tendues et des pénalités pour les propriétaires laissant leurs logements inoccupés. Mais ce texte n’a pas permis, à ce stade, d’enrayer la hausse des prix. L’an dernier, les loyers espagnols ont encore augmenté de 11 %, selon le portail immobilier Idealista.
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