L’Espagne s’est imposée comme l’un des pays les plus avancés de l’UE en matière d’égalité des sexes, se classant quatrième en Europe dans l’Indice d’égalité des sexes 2025 et obtenant un score nettement supérieur à la moyenne européenne. Cependant, les dernières données soulignent également le chemin qu’il reste à parcourir : dans l’ensemble de l’Union, les femmes doivent travailler environ 15 mois et demi pour gagner ce que les hommes gagnent en une seule année.
L’indice de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) attribue à l’Espagne un score de 70,9 points sur 100. Cela représente 13,2 points de plus qu’en 2015 et 5,2 points de plus qu’en 2020, confirmant ainsi que l’Espagne figure parmi les pays de l’UE progressant le plus rapidement en matière d’égalité des sexes.
Au classement général de l’UE, la Suède arrive en tête, suivie de la France et du Danemark. L’Espagne se place au quatrième rang, devant les Pays-Bas, cinquièmes.
Le résultat de l’Espagne repose sur de solides performances en matière de pouvoir, de temps, d’argent et de santé, avec une présence croissante des femmes dans la prise de décision politique et économique.
Le domaine du pouvoir est le principal moteur des récents progrès de l’Espagne, avec un score de 66,6 points.
Avec 74,1 points dans le domaine du temps, l’Espagne affiche de bons résultats en matière d’équilibre vie professionnelle–vie privée, même si le travail non rémunéré reste très genré.
Avec 73,3 points dans le domaine de l’argent, l’Espagne présente des revenus globalement solides, mais encore inégalitaires.
La santé est le point fort de l’Espagne, avec un score de 86,2 points.
Dans le domaine du savoir, l’Espagne obtient 55,7 points, reflétant un niveau élevé de formation.
Malgré ce bon classement, l’Indice met en lumière des inégalités profondes en matière d’emploi rémunéré, de sécurité financière à long terme, de travail domestique et de soins non rémunérés, ainsi que de violences fondées sur le genre.
Dans le domaine du travail, où l’Espagne obtient 69,4 points, les femmes restent désavantagées en termes de temps de travail et de durée de carrière. 
L’écart de pension entre les femmes et les hommes atteint 29 % en Espagne, au-dessus de la moyenne de l’UE (25 %). Cet écart résulte de salaires plus faibles et de carrières plus courtes pour les femmes.
L’insécurité économique touche particulièrement les personnes seules et les familles monoparentales : 20 % des femmes en emploi dans ces foyers connaissent la pauvreté au travail, contre 13 % des hommes.
Derrière le bon score du domaine du temps se cachent de très lourdes charges de soins non rémunérés.
Le domaine de la violence montre que les violences fondées sur le genre restent un problème majeur, malgré les politiques mises en place.
Le classement de l’Espagne à la quatrième place de l’Indice d’égalité des sexes 2025 confirme sa position de pionnière parmi les pays de l’UE en matière d’égalité des genres. Mais ces résultats révèlent aussi des écarts structurels tenaces en matière d’emploi rémunéré, de retraites, de travail de soin non rémunéré et de violences faites aux femmes.
Le défi, désormais, est de maintenir les progrès accomplis dans les sphères politique et économique tout en réduisant les fractures économiques et sociales qui marquent encore la vie de nombreuses femmes.

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