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Les élus ont identifié les nouveaux « gisements fonciers » de la Métropole destinés aux futures opérations d’aménagement
Construire, partout où c’est possible. Face au défi du logement, la Métropole n’en finit pas de dérouler ses plans d’actions, de modification du Plan local d’urbanisme intercommunal en prolongement d’Euratlantique (25 000 appartements programmés à terme), entre autres mesures « massives » de soutien aux communes qui investissent pour construire (35 millions d’euros votés il y a un an) ou aux bailleurs sociaux (15 millions en 2024, 20 millions en 2023) pour tenir l’objectif de 3 000 nouveaux logements sociaux par an, rénover et relancer les autres projets bloqués par la crise. Mais dans un territoire qui accueille 10 000 habitants par an (dont 44 % de moins de 30 ans), où la demande explose et le foncier est rare, ça ne suffira pas : il fallait trouver encore de la place pour les futurs « quartiers d’habitat et d’emploi de demain ».
Où ? Sur l’existant. Les logements pousseront aux « portes » de l’agglomération, autour des « quartiers de gare », le long des futurs bus express (comme sur le sillage du tram au mitan des années 2000) ou dans les « centres bourgs » qui restent à densifier. Ce sont les « gisements fonciers métropolitains » définis par un « incubateur des futures opérations d’aménagement » à l’œuvre depuis quelques mois, et validés par les élus, jeudi 6 mars. « Des endroits déjà urbanisés et qui présentent encore un potentiel de développement », résume Andréa Kiss, la maire (Génération.s) du Haillan et vice-présidente en charge de l’aménagement urbain. « On n’a plus le choix : il manque 45 000 logements sur l’agglomération, et nous devons répondre en même temps au besoin de renaturer, sans grignoter sur les espaces naturels comme ces soixante dernières années. »
L’incubateur a identifié six « portes » de la rocade, un peu comme les barrières des boulevards à Bordeaux : le secteur du Lac au nord (Bordeaux et Bruges), où poussera le quartier de la Jallère, l’Aéroport à l’ouest (Mérignac), Bordeaux Inno Campus au sud-ouest (Pessac et Gradignan), Arcins Garonne au sud (Bègles et Villenave) déjà bien investi, Plaine sud Garonne au sud-est (Floirac et Bouliac), les Hauts de Garonne à l’est (autour des Quatre-Pavillons, de la plaine et la RN 89 à Lormont, Cenon et Artigues). Et outre les abords « stratégiques » des gares (lire par ailleurs), Bordeaux Métropole étudie les secteurs où développer de « nouvelles formes urbaines d’habitat », notamment les quartiers où le bâti existant peut être surélevé.
Une première « séquence opérationnelle » débute pour les « portes » : la Métropole lancera les consultations auprès de concepteurs en juin, pour une sélection prévue fin 2025 et une restitution des propositions à l’été 2027. Après, ce sera aux aménageurs publics ou privés de jouer. En attendant, Bordeaux Métropole prépare la maîtrise foncière de ces secteurs pour « prévenir toute tentative de spéculation », bien avant l’annonce des futurs projets. Façon d’être « agile », explique Andréa Kiss, pour une mise en oeuvre « rapide » des chantiers mais « sans rogner sur la qualité ».
L’idée est bien d’anticiper et qualifier ces futures zones, où tout doit pousser ensemble : le logement, les commerces, les loisirs et les services, autour des solutions de mobilités (collectives, si possible) – « La politique du logement, ça englobe tout », comme dit souvent la présidente socialiste Christine Bost. Un exemple : les logements qui poussent (et les arbres qui repoussent) autour de Mérignac-Soleil, qui ne fut longtemps qu’un immense centre commercial avec parking à perte de vue. Ces « grandes zones monofonctionnelles, avec des étendues bitumées et invivables », comme dit André Kiss, portent cette promesse. Comme pour le futur quartier de la Jallère, au Lac, « à la croisée des axes routiers, du transit et des grandes surfaces ». Ou, pas loin, la mutation annoncée du Auchan-Lac, avec logements et espaces verts.
« Il s’agit aussi de renforcer des centralités économiques existantes », explique Michel Labardin, le maire divers droite de Gradignan, en charge des « nouvelles formes urbaines » et concerné par la zone de Bersol, l’une des six futures portes. Et de déminer l’hostilité des voisins dans des quartiers déjà construits. Et surtout, de mieux répartir les formes d’habitat : on compte plus de 412 000 logements dans l’Agglo (58 % d’appartements), dont la moitié rien qu’à Bordeaux, Mérignac et Talence.
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