Des agents pénitentiaires ont déclenché un mouvement de contestation, ce vendredi 10 avril, dès 6 heures du matin, devant la maison d’arrêt de Reims. Ils déplorent un manque d’effectifs et une surpopulation carcérale.
C’est un métier qui ne nous a pas habitués aux mouvements sociaux, et pour cause : les fonctionnaires de l’administration pénitentiaire n’ont pas le droit de faire grève. Pourtant, ce vendredi 10 avril, dès 6 heures, des agents de la maison d’arrêt de Reims (Marne) se sont mobilisés à l’appel du syndicat Force ouvrière (FO) Justice. « Ce sont des agents au repos, certains ont enchaîné une nuit de douze heures et sont restés avec nous, raconte Franck Rassel, secrétaire interrégional du syndicat. La prison fonctionne à peu près correctement : on a laissé entrer les surveillants, car on n’a pas envie de mettre nos collègues en difficulté. »
Selon le représentant du personnel, les difficultés sont déjà nombreuses. La maison d’arrêt de Reims accueillerait 179 détenus, alors qu’elle est dimensionnée pour en recevoir environ 150. Les prisons françaises comptaient 87 126 détenus au 1er mars dernier, un nouveau record, alors que le taux de suroccupation globale atteint 137,5 %.
Autre grief soulevé à Reims : le manque d’effectifs. « On devrait être 52 et nous ne sommes que 40, sans compter les arrêts maladie », explique Johann, secrétaire local de FO, qui ne souhaite pas donner son nom de famille. « Il y a des départs à la retraite, des mutations, des promotions, mais l’administration ne compense pas : nous sommes donc en sous-effectif. »
Une situation tendue, puisque les surveillants se retrouvent parfois à trois, voire à deux, pour surveiller les détenus. « Parfois, un agent est seul pour surveiller la promenade, le parloir et la détention via la vidéosurveillance. Il doit avoir des yeux partout. Cela augmente les risques pour les agents, mais aussi pour les détenus », estime Franck Rassel.
En plus de ce problème structurel, le syndicat dénonce des difficultés dans l’organisation du travail et un dialogue social « compliqué » avec le directeur de la maison d’arrêt. La direction interrégionale des services pénitentiaires du Grand Est est intervenue au début de l’année. Des groupes de travail ont été mis en place, mais les solutions proposées n’ont pas convaincu le syndicat. « La direction veut imposer sa réorganisation en privilégiant la simplification administrative sur le papier, au détriment de notre sécurité et de notre expertise, déplore FO. Il y a des choses simples qui doivent être mises en place : les 48 heures consécutives de repos doivent être la règle, pas l’exception. »
Les fonctionnaires mécontents réfléchissent à étendre leur mouvement jusqu’à Strasbourg, où siège la direction interrégionale des services pénitentiaires. Sur leurs jours de repos, donc.
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