Sept candidats pour un fauteuil. Si les prétendants, à Reims, sont moins nombreux qu’en 2020 (où ils étaient dix), le suspense n’est pas altéré pour autant, à l’aube d’un premier tour qui ne manque pas d’enjeux.
Arnaud Robinet, aux commandes de la cité des sacres depuis 2014, aura le bénéfice de la fameuse « prime au sortant » Mais s’il reste favori à sa succession, sa mainmise est moins évidente qu’en 2020 au sortir d’un second mandat où les contestations ont été plus marquées, sur le front des travaux notamment où il a ramassé pas mal de coups. Discret sur son appartenance politique (Horizons), le maire y est ramené par ses adversaires, qui lui collent l’étiquette du candidat macroniste alors que lui-même appelle à ne pas nationaliser le scrutin. Personne n’imagine qu’il « cartonnera » comme il y a six ans, où il avait été élu haut la main, avec 66 % des suffrages. En l’absence de sondage (aucun n’a été rendu public), sa popularité est délicate à mesurer mais sa concurrence l’estime profondément écornée et reste convaincue qu’Arnaud Robinet sera, cette fois, contraint à un deuxième tour.
La candidate du Rassemblement national Anne-Sophie Frigout sort d’une campagne qu’elle a, en grande partie, axée sur les difficultés de circulation et l’insécurité. Aux élections européennes de juin 2024, la liste de Jordan Bardella avait obtenu 29 % des voix à Reims, mais il est en général bien imprudent de superposer des élections qui ne répondent pas aux mêmes enjeux. Preuve en est : aux dernières municipales, en 2020, la liste RN (alors conduite par Jean-Claude Philipot) avait glané 5,5 % des votes seulement. Le tout rendant assez difficile à évaluer le score que l’eurodéputée peut viser dimanche, même si la dynamique nationale de son parti est indéniable.
Entre Robinet et Frigout se glisse la candidature de Stéphane Lang, dissident de la majorité sortante, membre des Républicains se lançant sans investiture. Avec une idée phare, celle de reconstruire le pont De-Gaulle, qui aura été, de bout en bout, le leitmotiv d’une campagne dont les embouteillages auront été le carburant principal. La question de savoir s’il pique surtout des voix au maire sortant ou à Anne-Sophie Frigout reste matière à débat, mais il demeure, à droite, un élement imprévisible.
Le socialiste Éric Quénard (union de la gauche) a l’immense tâche de reprendre une ville dont il fut le premier adjoint, de 2008 à 2014, seul intermède de gauche dans l’histoire de Reims post-Seconde Guerre mondiale, en plus du mandat du communiste Claude Lamblin (1977-1983). Il avait recueilli 12,5 % des suffrages exprimés il y a six ans, mais à l’époque sans les écologistes, partis seuls de leur côté (5,64 %). Aux européennes, le représentant de son courant de pensée, Raphaël Glucksmann, avait totalisé un peu moins de 13,6 % des bulletins, l’ensemble donnant une idée du défi du candidat, qui a pour lui une expérience des affaires et une campagne sans faux pas ni boulette.
À sa gauche, deux listes d’essence insoumise ont vu le jour, celle officielle de Patricia Coradel, estampillée LFI, et celle dissidente de Sébastien Mura. Cet ancien du mouvement a claqué la porte après que l’investiture lui a été refusée. Avec des programmes qui convergent forcément, mais des profils néanmoins différents. La première applique les propositions classiques du parti, le second se revendique aujourd’hui d’un collectif citoyen et se présente comme le porte-voix des quartiers populaires. En 2020, la liste de Laure Manesse avait réuni 2,3 % des voix. Qu’en sera-t-il cette fois avec deux listes se partageant le même gâteau ? À noter qu’aux européennes, quatre ans plus tard, LFI avait fini en 3e position à Reims (13,7 %), un chouïa devant les socialistes.
Enfin, Thomas Rose, infatigable militant de Lutte Ouvrière, est une nouvelle fois sur la ligne de départ, avec un programme global visant à renverser le capitalisme.
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