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Ce samedi en fin d’après-midi, une cinquantaine de personnes étaient rassemblées pour défendre une parcelle boisée du quartier de la Touche à Rennes, menacée de destruction par un projet immobilier. Les manifestants entendent préserver ces arbres adultes mettant notamment en avant leur rôle en période de forte chaleur.
C’est un endroit planté d’arbres au milieu d’immeubles, situé entre le boulevard de Verdun et la rue Henri Le Guilloux, qui longe la voie ferrée à proximité du CHR Pontchaillou. Un endroit boisé qui compte des tilleuls et des paulownias qui offrent, en cette fin d’après-midi où le thermomètre affiche 29°, un ombrage apprécié par la cinquantaine de personnes réunies dans le square Le Gal de la Salle. Un rassemblement organisé par le collectif La Touche, pour s’opposer à l’abattage de onze de ces arbres prévu dans le cadre d’un projet immobilier. Celui-ci concerne la construction d’un bâtiment par Neotoa, le constructeur et bailleur social, à proximité de son siège social situé boulevard de Verdun pour y créer des bureaux et trente logements en accession aidée. « C’est bien un programme mixte. Les bureaux sont en partie destinés à Neotoa, mais pas seulement et il y aura un commerce en rez-de-chaussée » souligne l’établissement public. Un chantier qui devrait débuter en 2027 pour une livraison fin 2029, début 2030. Mais le projet devrait également faire disparaître une grande partie des arbres du petit square : « C’est la dernière poche verte et îlot de fraîcheur sur le boulevard de Verdun » expliquent les manifestants.
Sur place, des habitants du quartier sont venus dénoncer cette situation : « Pour la préservation des arbres adultes et contre l’acceptation des permis de construire écocidaires » peut-on lire sur une pancarte. Un rassemblement pour organiser la mobilisation et informer les gens, surpris pour beaucoup de voir l’affichage du permis de construire accolé à un arbre. « On n’a été informé qu’en juin 2025 de ce projet, avec des délais d’informations et de concertations très réduits sur des jours de semaine et aux heures de travail. Après un échange avec Neotoa en décembre 2025, il était convenu de se revoir en juin dernier. Finalement, le rendez-vous a été reporté en octobre prochain et on nous a informés que le permis de construire avait été accepté » explique Julien Vache membre du collectif La Touche qui détaille les critiques des habitants : « C’est un bâtiment de six étages qui devrait s’implanter ici sur cette dernière parcelle de pleine terre du boulevard. C’est malheureux qu’un tel projet vienne s’y poser en abattant onze arbres dont certains ont une trentaine d’années. C’est un non-sens environnemental alors que l’on est confronté à des canicules qui se répètent. Ces arbres adultes apportent de la fraîcheur, de l’ombre, ils contribuent à la biodiversité, jouent un rôle de dépollution et sont aussi un atout pour le cadre de vie. La revégétalisation en compensation dont on nous parle ne se fera pas avec des arbres de 20 ou 30 ans et on ne sait pas où elle se fera. Une telle construction ajouterait aussi à l’enclavement des lieux en enracinant un peu plus le trafic de stup qui existe déjà ».
Comme de nombreux habitants présents, Catherine qui habite à proximité depuis 26 ans, pointe du doigt l’incohérence d’une telle opération : « On marche sur la tête une fois de plus. Il faut absolument garder nos arbres d’autant plus avec ces périodes de fortes chaleurs liées au dérèglement climatique. J’espère que l’on arrivera à les préserver, car autrement, ici, les gens n’auront plus de vue sur la nature, mais que sur du béton ». Pour certains, il faut aussi savoir trancher entre construction de logements et environnement comme le souligne Maguy Gaillard présidente de la CNL 35 (Confédération nationale du logement) : « Dans la période que nous vivons de modification de l’environnement, il faut faire attention à la délivrance de permis de construire. Il y a aussi une crise du logement, et ce projet en porte une trentaine. C’est une contradiction à gérer et il me semble qu’aujourd’hui, il faut prioritairement préserver les arbres ».
Du côté de Neotoa, on relativise l’impact prévu de la construction sur l’environnement : « Il y a 14 arbres qui vont être abattus, et il y en a aussi 27 qui seront replantés. Nous conserverons également trois grands arbres, de gros spécimens. C’est important de garder cette végétalisation parce que, oui, ce sont aussi des îlots de fraîcheur. Cela contribue à déminéraliser la ville, c’est une préoccupation que nous partageons complètement. Et c’est pour ça que nous allons vraiment bien au-delà de la reconstitution : un pour un. Nous allons pratiquement doubler le nombre d’arbres » explique Sophie Donzel, directrice générale de Neotoa, qui précise : « Ce projet respecte la charte de l’arbre de Rennes Métropole. Nous respectons de même la charte construction et citoyenneté. Dans ce cadre, nous sommes en discussion avec les riverains et avec les habitants du quartier depuis deux ans sur ce projet ». Des échanges avec les riverains qui selon la responsable ont débouché sur une étude portant sur le devenir du square, dont une partie va disparaître, pour repenser les aménagements paysagers qui sont aux abords : « L’idée est de réfléchir à leurs usages, est-ce qu’on remet des jeux ? Est-ce qu’on fait autre chose ? Il y a des jeux aujourd’hui qui ne sont pas utilisés parce qu’on a quelques problématiques de trafic sur ce site. L’un des enjeux du programme, c’est aussi de pouvoir générer d’autres usages avec des commerces en rez-de-chaussée, peut-être de la restauration, pouvoir avoir des flux qui découragent un peu le trafic. »
En attendant, les habitants présents comptent poursuivre et accentuer leur mobilisation. Une pétition en ligne sur change.org a pour l’heure recueilli plus de 800 signatures. « Les recours juridiques restent très limités. On espère pouvoir mobiliser le plus largement possible les riverains afin de faire pression sur la municipalité pour qu’elle puisse demander l’ajustement du permis de construire, voire son annulation » souligne le collectif La Touche.
« On marche sur la tête » : face à l’abattage de 11 arbres prévu pour un projet immobilier à Rennes, ces riverains montent au créneau
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