Symbole controversé depuis 15 ans, la Tour Triangle s’apprête à commercialiser 70 000 m2 de bureaux dans le XVe arrondissement de Paris. Un projet chiffré à 700 millions d’euros, qui devrait voir le jour au début de l’année 2027.
La silhouette de Paris va bientôt être transformée. A quelques mètres du Salon de l’investissement immobilier (Simi), un chantier hors norme entre dans sa dernière ligne droite à la Porte de Versailles (XVe arrondissement de Paris). D’ici au premier trimestre 2027, la Tour Triangle, haute de 180 mètres et 44 étages, se dressera à la frontière entre Paris et Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et deviendra la troisième plus haute tour de Paris, derrière la Tour Eiffel et la tour Montparnasse. Avec 70 000 m2 de bureaux – soit plus des trois quarts de sa surface – elle pourra accueillir environ 5 000 salariés. Coût du projet porté par Unibail-Rodamco-Westfield (URW), en partenariat avec Axa : au moins 700 millions d’euros.
Pour l’heure, aucune entreprise n’a encore décidé de signer un bail pour y installer ses équipes, mais « des visites sont en cours », assure-t-on du côté du géant de l’immobilier. Le loyer moyen des bureaux avoisine 685 euros le m2, avec une tarification ascendante selon les étages.
Les bureaux débutent à plus de 20 mètres au-dessus de la rue. Et à cette hauteur, la vue sur Paris impressionne. Sur la façade nord, face à la Tour Eiffel, presque chaque étage dispose de terrasses, permettant de travailler dehors comme dedans. « L’ambition est de proposer des espaces de travail sans équivalent dans la capitale », affirme Mourad Akl, directeur général du projet Tour Triangle.
Dans un marché de l’immobilier professionnel en souffrance, l’immeuble entend rendre ses bureaux attractifs : plateaux jusqu’à 4 000 m² dont certains en duplex reliés par de grands escaliers, lumière naturelle et volumes généreux. « Par l’architecture, le design intérieur, le rapport aux services, nous allons créer une expérience de travail qui donne envie aux gens de venir au bureau », espère Solène Poisson, directrice générale Gestion d’actifs Bureaux d’URW.

Pour tenter d’attirer des entreprises, la Tour mise aussi sur les services proposés. Dans les premiers étages, le projet « Triangle » accueillera par exemple une crèche de 60 berceaux, le plus grand parking à vélos de la capitale avec 1 200 places, ou encore un centre de santé. Si les bureaux n’ont pas encore trouvé preneurs, d’autres espaces ont d’ores et déjà leurs futurs locataires.
« Le sommet, soit 3 000 m2 du 35e au 38e étage, sera dédié au public et opéré par l’entreprise Summit », détaille Mourad Akl. Pour son observatoire payant, la Tour Triangle accueillera donc la même société gérant l’attraction Summit One Vanderbilt à New York. Le bâtiment en verre intégrera également un hôtel Radisson Blu de 128 chambres réparties sur 6 étages. Proche du Parc des expositions et de ses 7 millions de visiteurs annuels, la Tour peut espérer attirer une clientèle d’affaires.

Si le projet avait été présenté dès 2008 par Bertrand Delanoë, maire de Paris de l’époque, les travaux n’ont débuté qu’en 2022, après plus d’une décennie de batailles politiques et de recours juridiques. Le projet reste aujourd’hui sous pression : en 2021, le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour « favoritisme » et « recel de favoritisme ». Dans ce cadre, l’ancienne Première ministre et ex-directrice de l’urbanisme de la ville de Paris, Élisabeth Borne, a été auditionnée début 2025. Plusieurs collectifs continuent par ailleurs de dénoncer un chantier mené « sans appel d’offres et sans concours d’architectes ».
Chez les oppositions politiques au projet, on continue de dénoncer la pertinence d’installer une tour composée essentiellement de bureaux, sans y inclure de logements. Au prochain Conseil de Paris, à partir du 16 décembre, le groupe écologiste déposera un vœu afin d’obtenir la transformation des espaces de bureaux non commercialisés en logements.
« La Tour va être un gros flop, ils n’arriveront pas à commercialiser leurs bureaux, prédit Émile Meunier, élu écologiste du XVIIIe arrondissement et opposant de longue date au projet. Il faudrait, qu’au moins, cette aberration écologique serve à loger des gens ». Du côté d’Unibail-Rodamco-Westfield, on affirme que le rythme de commercialisation reste conforme au calendrier prévu et qu’il est encore prématuré d’annoncer des signatures de baux.
Newsletter
Recevez les analyses et les exclusivités de la rédaction directement dans votre boite mail.
Newsletters
Recevez chaque jour le meilleur de l’information.
Nos liens utiles
A propos
Lire Challenges
LEs Applications mobiles
L'information en continu
Votre magazine en numérique
Les sites du groupe
Sciences et Avenir
La Recherche
L’Histoire
Nous avons enregistré votre choix pour les cookies de mesure d’audience, contenu personnalisé et ciblage publicitaire.
Concernant les cookies publicitaires, un choix alternatif à l’acceptation de l’affichage de publicités ciblées vous est proposé pour donner à la Rédaction les moyens de toujours fournir une information de qualité, riche et dense :

source

Catégorisé: