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Ce jeune agriculteur est la 9e génération à travailler la terre et élever des vaches.
Paul Buscail a choisi de reprendre l’exploitation familiale à Rennes-les-Bains. Un choix réfléchi et passionné pour ce jeune agriculteur, tout juste 20 ans, qui ne compte pas ses heures. « Pour moi, souligne Paul, le métier s’inscrit dans la continuité familiale. Dans la lignée des Coudié, je suis la 9e génération à travailler la terre et élever des vaches. Un métier prenant et passionnant en même temps. Dès que j’ai su marcher, je suis monté dans les tracteurs, toujours collé à mon père ou mon grand-père Robert. J’aidais aux soins des animaux et aux travaux qui étaient à ma portée. Lors de mes années collège, il m’arrivait d’être en retard en cours, car j’avais aidé mon père à avancer le foin aux vaches. Après mon BEPC, j’ai fait une seconde technologique STAV (sciences et technologie de l’agronomie et du vivant) au lycée Charlemagne à Carcassonne. J’ai fait le choix de continuer en BAC pro au lycée de Pamiers, plus ciblé sur l’élevage. Mon bac en poche, je ne désirais pas continuer mes études. Certains jeunes de mon âge partaient travailler à l’étranger, ou voir ailleurs en France, moi je n’ai jamais pu. J’ai le mal du pays, je suis enraciné à cette terre. Le premier hiver, j’ai trouvé du travail chez un viticulteur pour la taille de la vigne. Ensuite pendant deux ans j’ai travaillé chez un viticulteur céréalier du Razès. L’élément déclencheur de mon installation a été la vente des 7 ha de vignes de mon oncle sur la commune de Granès. Mon père avait diminué le troupeau de vaches, car il envisageait une reconversion. Il m’a cédé les 25 vaches en pure race Aubrac. Les deux productions réunies m’ont permis de prétendre à une installation individuelle complète et diversifiée ».
La vigne et l’élevage sont deux productions très différentes, mais pas incompatibles. « Le plus gros du travail à la vigne étant la taille en hiver. Cette année, j’ai été un peu pris de court car j’attendais l’autorisation d’exploiter. J’avais pris du retard, j’ai dû me faire aider. L’hiver prochain, je pourrai commencer la taille plus tôt. En élevage c’est aussi la période des mises bas. Les naissances s’étalent de fin novembre à mars. J’ai fait le choix des mises bas en hiver à l’intérieur, ce qui facilite les manipulations. Avec un inconvénient au moment de la vente des veaux. Il y a moins d’herbe au pâturage et ils sont plus légers ».
Le dérèglement climatique est une réalité que l’on doit prendre en compte et auquel on doit s’adapter. Si les hivers sont cléments, il neige peu ou pas, les printemps sont pluvieux au moment de la fenaison, les étés sont chauds et secs. « Cette année, nous avons commencé l’enrubannage le 29 avril, pendant les 3 semaines qui ont suivi on a dû arrêter à cause de la pluie. Il a fallu jongler avec la météo de plus en plus capricieuse pour rentrer dans les meilleures conditions les 40 ha de foin. En ce qui concerne la vigne, ce n’est guère mieux, j’ai été grêlé 2 fois. Une première fois en avril, ce qui est très rare à cette période, et en juillet. Les pertes ont été évaluées à 70 % ».
C’est un coup dur, pour la première année d’installation, mais Paul garde le moral, il sait qu’il peut compter sur le soutien de la famille et de ses collègues agriculteurs. « Mon père, mon frère et aussi mon grand-père sont là pour donner un coup de main. Et puis il y a une véritable entraide entre voisins éleveurs. Dernièrement j’étais en panne avec un tracteur, mon voisin m’a prêté le sien, en contrepartie, quand il a pris quelques jours de vacances, j’ai surveillé son troupeau. C’est très important de ne pas se sentir seul. Il ne faut pas s’isoler, nous connaissons tous à un moment donné les mêmes difficultés. Ce qui me plaît dans ce métier, c’est la polyvalence, passer du machinisme au soin des animaux. On est loin d’être aux 35 h, mais à côté de ça, je suis mon propre patron. J’ai conscience d’être parfois en décalage avec les amis de mon âge, cela ne m’empêche pas d’avoir une vie sociale, de m’échapper le temps d’un week-end ou de prendre de courtes vacances. La moto, la musique, les sorties avec les copains de la Banda, ma vie ressemble à celle de biens des jeunes actifs ».
L’éleveur est confronté à des difficultés variées qui sont souvent facteurs de stress ou d’angoisse, aléas météo, problèmes sanitaires, mauvaise image de l’agriculture. C’est un métier compliqué, mais au final, la passion reste toujours la plus forte.
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