L’espoir était mince, le résultat est sans appel. À Castellar, tous les recours juridiques sont désormais épuisés pour empêcher le projet immobilier « Belavista » de sortir de terre.
La nouvelle a été officialisée le 20 mai : le pourvoi en cassation formé par l’Aspona (Association pour la sauvegarde de la nature et des sites de Roquebrune-Cap-Martin, Menton et environ) n’a pas été admis par le Conseil d’État.
Le contexte ? Il est rappelé dans le corps du texte. « L’Aspona demandait l’annulation pour excès de pouvoir de l’arrêté du 24 juin 2024 par lequel le maire de Castellar a délivré à la société Résidence Belavista un permis de construire un ensemble immobilier de vingt-quatre logements, une piscine, soixante et onze places de stationnement souterrain et un niveau de commerce. »
Cette demande avait été rejetée par le tribunal administratif de Nice le 5 novembre 2025, poussant l’association à solliciter la juridiction suprême de l’ordre administratif. En vain.
« Cette décision clôt le sujet, il n’y a plus de négociation possible. On est toujours tristes dans ce genre de situation. Mais d’expérience, pour obtenir quelque chose, il faut prendre les dossiers à froid ou à peine au démarrage », réagit l’Aspona.
Qui, dans son pourvoi, avait soulevé deux questions. L’une, très technique. L’autre, audible pour tous les citoyens : « Dans un document qui faisait corps avec le règlement d’urbanisme, il était écrit qu’il fallait faire un parking public dans le cadre de ce projet et être attentif à la qualité paysagère », pose l’association.
Qui constate que ces deux points n’ont pas été respectés. « Le problème, c’est qu’en cassation, on ne peut rien apporter de nouveau. Et il y a une particularité : on doit aller en Conseil d’État dans notre zone, qui est dite tendue pour des questions de logement et de spéculation foncière…»
L’Aspona n’oublie pas la belle mobilisation des habitants. Et plus spécifiquement de l’Association de protection du patrimoine et de l’environnement de Castellar, qui a notamment collecté de l’argent pour payer les frais d’avocat.
Du côté de l’Appec aussi, la nouvelle est dure à digérer. « Nous sommes très déçus, même si on savait que ce serait difficile : seulement 20 à 30 % des recours aboutissent… », commente la présidente, Françoise Crivelli. Qui regrette que la cassation ne permette pas d’ajouter des arguments non évoqués en première instance. « Ce qui n’a pas du tout été abordé, c’est la voie d’accès au chantier – via l’avenue Veuve Asso. Ça va être impossible avec des grands camions, d’autant que quand on marche dessus, on se rend compte que la route penche déjà d’un côté », pose-t-elle. À ses yeux, le projet du Belavista – prévu au beau milieu du village – est tout bonnement démesuré. Et déconnecté des réalités, avec sa piscine sur le toit et ses cinq niveaux d’excavation.
L’association n’entend pas rendre les armes pour autant. Elle promet de continuer à combattre le projet, autrement que sur le volet judiciaire. Le message posté mercredi soir sur la page Facebook de l’Appec rappelle les enjeux. « Demain, quand les premiers camions monteront nos routes étroites, quand la boue souillera nos ruelles, quand des centaines de rotations viendront briser le silence de nos matins, quand la circulation deviendra un cauchemar quotidien, alors, oui, chacun prendra la mesure de ce qui se joue ici. » Aux yeux des membres, l’un des problèmes réside dans le fait que le Belavista n’a pas été pensé pour Castellar. « Ce projet pouvait être autre, mieux dimensionné, raisonné (…) Il a été pensé ailleurs, par d’autres, pour d’autres. »
Forte de cette expérience, l’Appec promet d’être extrêmement vigilante à l’avenir. Et de réagir au quart de tour quand il le faudra. « L’association va continuer à sauvegarder, préserver, valoriser le village et nous serons là chaque fois que son identité, son âme seront en danger. »
Vous pouvez le désactiver pour soutenir la rédaction du groupe Nice-Matin qui travaille tous les jours pour vous délivrer une information de qualité et vous raconter l’actualité de la Côte d’Azur
Et nous, on s’engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.
Si vous souhaitez conserver votre Adblock vous pouvez regarder une seule publicité vidéo afin de débloquer l’accès au site lors de votre session
Un cookie pour nous soutenir
Nous avons besoin de vos cookies pour vous offrir une expérience de lecture optimale et vous proposer des publicités personnalisées.
Accepter les cookies, c’est permettre grâce aux revenus complémentaires de soutenir le travail de nos 180 journalistes qui veillent au quotidien à vous offrir une information de qualité et diversifiée. Ainsi, vous pourrez accéder librement au site.
Vous pouvez choisir de refuser les cookies en vous connectant ou en vous abonnant.
Merci de la part de toute notre rédaction 🙏