« C’est un échec « . Voici les premiers mots du directeur du port Pascal Bonnet, après la première tentative de renflouage du Sea Lady II. Malgré l’intervention d’une société spécialisée dans les travaux maritimes en début de semaine, le superyacht de 42mètres est toujours posé sur son flanc gauche.
Un coup dur pour la capitainerie, sur le pont depuis l’incendie, survenu le 10 juillet. « On a tenté un coup de poker pour le sortir au plus vite. C’était la seule solution réalisable dans l’urgence… Aujourd’hui, nous rentrons dans une nouvelle dimension beaucoup plus complexe « , avoue-t-il, fatigué.
Désormais, les assurances du propriétaire argentin ont pris le relais sur les futures procédures dont les coûts sont estimés à plusieurs centaines de milliers d’euros…
« C’est un système particulier car il y a plusieurs assurances et expertises. L’une pour la coque, la deuxième pour le moteur et une troisième, dite “P & I », regroupant le renflouement, le remorquage, la dépollution », schématise-t-il.
Pour maximiser les chances de sortir l’épave dans les prochaines semaines, une réunion exceptionnelle a été organisée à la capitainerie jeudi soir. Assureurs et avocats du propriétaire, direction des services de la Ville, préfecture maritime, direction départementale des territoires et de la mer ou encore forces de l’ordre… Tous les acteurs agissant sur cette affaire étaient réunis pour définir les nouvelles urgences.
« Notre priorité absolue est toujours de contrôler la pollution car le carburant continue de s’échapper progressivement du réservoir, assure Pascal Bonnet. Il ne faut pas qu’il se propage au-delà de notre périmètre de sécurité, sinon nous risquons une catastrophe naturelle. Nous allons également renforcer l’opération de dépollution en laissant les boudins spécialisés 24 heures/24. «
Outre cette installation stratégique, des plongeurs de Saint-Mandrier sont venus effectuer une nouvelle reconnaissance afin de détecter de potentielles fuites au niveau « des mises à l’air de réservoir « .
Autre priorité actée pendant la réunion: récupérer une activité convenable. À cause du sinistre, une partie du quai de l’Épi est toujours condamnée pour les utilisateurs et les travailleurs. « Nous perdons trois places d’amarrage, la société SportMer en perd quelques-unes aussi« , compte le directeur.
Si la première manœuvre réalisée en début de semaine avait fonctionné, le responsable espérait sortir le navire d’ici la fin du week-end. « Maintenant, on va tout faire pour le mettre sur flottaison d’ici le 15 août et réussir à le remorquer d’ici la fin de ce même mois. Que ce soit le propriétaire, les autres actifs du port, nos services, tout le monde souhaite qu’il soit retiré dès que possible! », conclut-il.
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