Connectez-vous ou créez un compte
Pour pouvoir enregistrer un article, un compte est nécessaire.
Strasbourg
mar. 15/04/2025
Si vous voyez ce champ, ne le remplissez pas
Les Dernières Nouvelles d’Alsace, en tant que responsable de traitement, recueille dans ce formulaire des informations qui sont enregistrées dans un fichier informatisé par son Service Relations Clients, la finalité étant d’assurer la création et la gestion de votre compte, ainsi que des abonnements et autres services souscrits. Si vous y avez consenti, ces données peuvent également être utilisées pour l’envoi de newsletters et/ou d’offres promotionnelles par Les Dernières Nouvelles d’Alsace, les sociétés qui lui sont affiliées et/ou ses partenaires commerciaux. Vous pouvez exercer en permanence vos droits d’accès, rectification, effacement, limitation, opposition, retirer votre consentement et/ou pour toute question relative au traitement de vos données à caractère personnel en contactant dnarelationclients@dna.fr ou consulter les liens suivants : Protection des données, CGU du site et Contact. Le Délégué à la Protection des Données personnelles (dpo@ebra.fr) est en copie de toute demande relative à vos informations personnelles.
L’édition du soir en numérique dès 21h30 Le journal en numérique dès 5h Accédez à tous les contenus en illimité
Strasbourg
mar. 15/04/2025
Retrouvez tous nos contenus et notre journal en numérique
Téléchargez gratuitement l’app
Les premiers résidents des tiny houses de la Robertsau se sont installés dans leurs logements, après des mois à la rue, abrités dans une voiture ou une tente. Les clefs des logements leur ont été remises symboliquement par la maire lundi 14 avril.
Ce n’est sans doute pas la clef du bonheur, mais elle va ouvrir un semblant de normalité pour cinq familles. Au 6, rue de la Carpe-Haute, dans le quartier de la Robertsau, les 18 premiers habitants ont reçu symboliquement les clefs de leur tiny house (ou micro-maisons), après des mois à la rue, faute d’hébergement. L’ambiance festive dénote avec les histoires tristes que traînent ces familles originaires d’Europe de l’Est et d’Afrique. Toutes espèrent un répit, une « bulle d’air », décrit la maire, du nom choisi pour baptiser le lieu tout juste ouvert.
Une guitare et deux violons entament quelques notes. Les nouveaux occupants esquissent un sourire pour les photos, après des mois de galères. « L’hébergement est un droit inconditionnel, nous ferons tout pour maintenir ce droit », martèle Jeanne Barseghian.
Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs.
En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d’informations).
En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix
Avec sa femme et ses deux enfants de deux et cinq ans, Alfred raconte avoir « dormi sous une tente dans le parc du Heyritz ». Le jeune père de famille est arrivé en France en 2022 avec son frère, à bord d’un bus qui l’amenait d’Albanie où il était peintre en bâtiment, pays où il était persécuté par une « mafia ». « Du jour au lendemain, on m’a frappé et pris mon salaire. Je cherche du travail, mais c’est difficile, car je parle encore mal le français. » Un accompagnement social est assuré par l’association L’Étage pour accompagner ces familles dans leurs démarches.
Sa belle-soeur Daniella, 28 ans occupe également l’une des tiny houses. Enceinte de six mois, elle peut enfin se reposer : « Nous étions dans une tente pendant sept mois ( au parc Imbs, quartier de la Montagne-Verte ). Avec le froid, l’hiver c’était horrible. Il fallait faire du feu pour nous réchauffer ». Son amie Xhesina, 26 ans, enceinte également, se remémore l’absence de douches et de possibilité de laver les vêtements. « Maintenant tout est bien », salue en chœur les deux jeunes femmes. Dans 25 m2, les familles disposent de deux chambres et d’un espace de vie. Le confort est spartiate : l’eau courante n’est pas disponible, les travaux de raccordement étant onéreux et complexes. Un préfabriqué à l’écart propose douches et sanitaires.
La maire Jeanne Barseghian et deux adjoints dans la cuisine d’une des tiny houses lors de l’inauguration du dispositif « Bulles d’Air » à la Robertsau. Photo Thomas Toussaint
À l’intérieur, l’arrivée de l’eau courante n’est pas assurée par un raccordement. Photo Thomas Toussaint
Les logements sont dotés de deux chambres et un espace de vie avec cuisine. Photo Thomas Toussaint
Les valises sont à peine déballées, les premiers habitants sont arrivés le 9 avril dernier. Photo Thomas Toussaint
Les tiny houses bardées de bois ont été construites et installées par la société Hekipia. Le budget total de l’opération se chiffre à 400 000 euros, portés par la Ville de Strasbourg et le mécénat du groupe immobilier KS.   Photo Thomas Toussaint
Sur le parvis au centre des tiny houses de la société Hekipia, plusieurs enfants jouent au soleil. Lucas, sept ans, raconte les nuits à dormir dans une voiture à l’Elsau ces derniers mois. « Je dormais mal, je tombais par terre, maintenant j’ai un lit ! », sourit le bambin scolarisé à Cronenbourg. Le regard bleu acier de son papa, Temuri, s’assombrit en essayant d’évoquer la vie de famille. Mais… « c’est trop douloureux de parler pour moi de notre passé en Géorgie », tape-t-il sur un traducteur en ligne. Lucas est déjà reparti retrouver ses copains pour jouer.
« Ce sont des familles arrivées il y a deux à trois ans qui demandent le droit d’asile, et se sont fait débouter. Tous leurs enfants sont scolarisés à Strasbourg », détaille Floriane Varieras, adjointe à la maire en charge de la ville inclusive. « D’où notre politique volontariste de places d’hébergement », notamment les logements et terrains vacants de la Ville. L’enveloppe budgétaire du projet a été revue à la hausse  : 400  000 euros portés par la Ville et le mécénat du groupe immobilier KS.
Rachel, une maman de 43 ans, originaire du Bénin a rejoint la France en 2021. « Nous occupions une chambre au centre-ville. Quand mon fils a eu trois ans, nous avons été mis dehors, faute de papiers. Je demande la nationalité depuis deux ans », raconte-t-elle. Avec ses trois enfants, elle s’est retrouvée hébergée au gré des possibilités. Sa plus grande fille, scolarisée en première bac pro cybersécurité et informatique, peut enfin faire ses devoirs, « l’esprit libre ». Sa maman reprend : « Ici, ça permet de sortir la tête de l’eau, c’est déjà pas mal d’avoir un toit, le temps de savoir si nous aurons les papiers ou non. »

source

Catégorisé: