Vous attendez le retour des taux à 1 % ? Mauvaise nouvelle : cette époque bénie est bel et bien révolue. Si entre 2019 et 2022, des conditions exceptionnelles avaient permis d’atteindre ces niveaux historiques. Aujourd’hui, ces leviers ont disparu, et les taux reflètent une réalité plus équilibrée. Mais pourquoi sont-ils plus réalistes ? On vous explique.
Les infos clés
On pensait l’automne installé, avec la grisaille et les plaids sur le canapé… et pourtant, surprise : en novembre, une petite éclaircie apparaît sur le front des taux de crédit ! Les taux se stabilisent, voire baissent légèrement ce mois-ci, après plusieurs années où les emprunts flirtaient avec les 4 %.
De quoi réveiller une douce nostalgie : « Souviens-toi, quand on empruntait à 1 % ! ». Mais attention : se raccrocher à cette époque, c’est un peu comme espérer que le tube de l’été 2019 repasse en boucle à la radio… C’était mieux avant ? Oui, mais c’était surtout exceptionnel.
Entre 2016 et 2022, les taux immobiliers ont atteint des niveaux jamais vus auparavant. En octobre 2019, par exemple, le taux fixe moyen était de 0,8 % sur 15 ans, 0,95 % sur 20 ans et 1,25 % sur 25 ans (Source Pretto).
Mais pourquoi de tels niveaux ont-ils été atteints ? Les banques françaises se livraient une guerre féroce pour attirer les emprunteurs. En parallèle, la Banque centrale européenne (BCE) menait une politique ultra-accommodante : elle prêtait aux établissements bancaires à des taux… égaux à zéro. En 2019, il était possible d’obtenir un prêt avec peu d’apport (voire même aucun) et sur des durées longues, ce qui a permis à de nombreux ménages de sauter le pas.
Puis est arrivée la crise sanitaire : pour soutenir l’économie, la BCE a continué d’arroser les banques de liquidités. En 2021, les taux moyens restaient très favorables, autour de 1,09 % sur 20 ans (Source Pretto).
L’année 2022 marque la fin de la parenthèse enchantée. La flambée de l’inflation a entraîné une réaction immédiate : les banques centrales ont relevé leurs taux directeurs pour tenter de freiner la hausse des prix. Chez Pretto, on a vu les taux s’envoler : de 1 % début 2022 à 4 % à l’été 2023 !
Période
Taux moyen 20 ans
Évolution vs période précédente
Contexte économique clé
Déc 2013
3,33% (selon l’Observatoire Crédit Logement)

Niveau pré-baisse historique
Déc 2015
2,31% (selon l’Observatoire Crédit Logement)
↘ -1,02 pt
Début politique accommodante BCE
Déc 2016
1,40% (selon l’Observatoire Crédit Logement)
↘ -0,91 pt
Taux directeurs à 0%, guerre bancaire
Déc 2017
1,52% (selon l’Observatoire Crédit Logement)

Oct 2019
0,95% (taux observé par Pretto)
↘ -0,45 pt
Point bas historique
Mar 2021
1,04% (taux observé par Pretto)
→ stable
Soutien post-Covid, liquidités massives
Fév 2022
1,12% (taux observé par Pretto)
→ +0,08 pt
Fin de la parenthèse dorée
Avr 2023
3,40% (taux observé par Pretto)
↗ +2,28 pts
Hausse rapide, lutte contre inflation
Juil 2023
4,25% (taux observé par Pretto)
↗ +0,85 pt
Pic post-crise
Juin 2024
3,75% (taux observé par Pretto)
↘ -0,50 pt
Amorce de décrue
Juil 2025
3,03% (taux observé par Pretto)
↘ -0,72 pt
Stabilisation progressive
Nov 2025
3,26% (taux observé par Pretto)
→ +0,23 pt
Retour à la normale historique
Pour aller plus loin
Aujourd’hui, les taux gravitent autour de 3 % sur 20 ans, et ce niveau est appelé à durer. Pourquoi ? Parce que les taux directeurs élevés et le coût réel du financement bancaire obligent les banques à conserver ce seuil d’équilibre. Par ailleurs, le contexte reste fragile : instabilité politique, dette publique qui se creuse, politique du logement floue… Autant d’éléments qui écarte l'hypothèse d’un retour aux taux ultra-bas.
En clair, nous ne revivrons pas la période des taux à 1 %. Les conditions économiques, politiques et monétaires ne s’y prêtent plus. D’ailleurs, ce qu’on vit actuellement, c’est un retour à des taux réalistes, comme la norme d’avant 2015. Et s’ils venaient à baisser à nouveau, cela entraînerait une hausse des prix de l’immobilier qui pourrait limiter fortement la capacité d’achat des acheteurs : plus les crédits sont accessibles, plus la demande augmente, et les prix suivent le mouvement.
Les prévisions pour 2026 sont plutôt optimistes, avec des taux attendus entre 3,25 % et 3,5 %. L’enjeu est de s’adapter à cette normalité.
Qui plus est, nos observations chez Pretto montrent que, ces temps-ci, les banques chouchoutent les emprunteurs “mediums”, c’est-à-dire ceux qui gagnent entre 40 000 et 80 000 € nets annuels, épargnent régulièrement et gèrent leurs comptes sans découverts.
Si vous avez le projet d’acheter, c’est sans doute le moment de relancer la machine. Les taux actuels ne sont pas une fatalité et vous permettent de concrétiser vos projets. Et avec une bonne stratégie et un accompagnement solide, votre projet immobilier reste tout à fait réalisable.
Pour aller plus loin
Non, c'est très improbable. Les taux directeurs de la BCE et le coût réel du financement bancaire empêchent un retour aux niveaux de 2019-2021.
Chez Pretto, nos prévisions tablent sur une stabilisation entre 3,25% et 3,5%, selon la durée de crédit. Attendre ne garantit pas de meilleures conditions.
Cinq leviers sont intéressants : négocier votre taux avec un courtier, augmenter votre apport, ajuster votre projet (surface, localisation), envisager des travaux de rénovation, ou rembourser vos crédits à la consommation.
Les profils "mediums", à savoir les profils avec des revenus 40-80k€, épargne régulière, gestion saine, et les emprunteurs avec 15-20% d'apport sont privilégiés par les banques.
Mis à jour le 31 mars 2026
Pretto : le crédit immo, comme ça devrait être.
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