Les acquéreurs de l’Avant-Scène ont reçu un nouveau courrier, ce lundi 30 mars 2026. « Le dix-huitième depuis l’interruption des travaux en 2022 », souffle l’un des acquéreurs de ce vaste programme immobilier enlisé dans le quartier de l’Arénas à Nice.
« Et toujours pas de date de livraison en vue, se désespère cet investisseur qui rapporte la raison, invoquée par le promoteur Quartus, de ce nouveau contretemps : « Un problème d’assurance ».
Le groupe Albingia, qui avait eu le malheur de garantir le chantier, s’est vu condamné, en fin d’année dernière, à payer les réparations nécessaires pour remettre d’aplomb l’immense paquebot de béton de 36.000 mètres carrés.
Il y a 4 ans, l’Avant-Scène avait été victime d’une avarie. L’aile est du bâtiment s’était enfoncée de 18 cm dans le sol alluvionnaire du Grand Arénas, provoquant l’interruption en urgence de la construction.
Depuis, l’expert judiciaire désigné pour se pencher sur le problème a validé une solution réparatoire : l’implantation de dizaines de pieux pour soutenir la structure.
Coût de l’opération : 56 millions d’euros, le double de l’enveloppe initiale de ce chantier qui était de 27 millions.
Une facture que devra prendre en charge Albingia. Quartus l’y a contraint judiciairement. Semble-t-il définitivement.
« Nous n’avons plus de procédure en cours avec notre assurance », avance François Hillmeyer, le directeur général de Quartus qui suit le dossier.
Pour autant, celle-ci n’entend manifestement pas continuer à garantir les travaux envisagés pour achever l’Avant-Scène dont elle doute d’ailleurs de la pérennité dans le temps.
Dans une note technique datée d’avril 2025, à laquelle Nice-Matin a pu avoir accès, Albingia détaillait « l’aggravation du risque » que faisait courir, selon elle, la solution réparatoire préconisée.
Ses propres études auraient mis en évidence des désordres importants : « Des lézardes pouvant atteindre localement 4 cm de largeur » dans les fondations, des « défauts de verticalité du bloc est » mais aussi « d’horizontalité de certains planchers », un éventuel « vieillissement prématuré » de la superstructure…
Pour y remédier, le choix d’implanter des micropieux jusqu’à 50 mètres de profondeur au milieu des fondations existantes ferait courir, selon l’assureur, un « risque de comportement imprévisible de l’ouvrage et de potentielles pathologies futures ».
Surtout, pour Albingia, « les travaux de réparation envisagés engendreront inévitablement des non-conformités par rapport au projet initial ».
À la fois « réglementaires », notamment par rapport aux normes parasismiques, et « contractuelles », la reprise de la géométrie risquant de réduire la surface des lots acquis par les investisseurs.
Des inquiétudes que le promoteur Quartus balaye, rappelant que cet argumentaire, établi il y a un an, visait surtout à soutenir l’option privilégiée par son assureur. Lui aurait préféré démolir, du moins partiellement, le bâtiment pour le reconstruire.
Hypothèse qui n’a pas été retenue par l’expert judiciaire qui, rappelle François Hillmeyer, « a validé sans réserve la solution réparatoire » que Quartus a choisi de mettre en œuvre.
Mais pour cela, encore faut-il que le promoteur trouve un nouvel assureur. À l’entendre, ce serait en « bonne voie ».
Les pourparlers « avec un grand nom » de la couverture des risques sont en cours. Même si, reconnaît le directeur général de Quartus, il « n’imaginait pas que ce processus assurantiel s’étalerait sur plusieurs semaines ».
Un délai d’étude qui toutefois n’aurait rien d’anormal, « compte tenu de l’historique de ce bâtiment ».
Le nouvel opérateur prêt à garantir le bon achèvement du chantier a sollicité des réunions techniques pour s’assurer qu’il n’aura pas de mauvaises surprises. Et écarter du même coup les craintes formulées par son prédécesseur.
En attendant, le chantier est toujours à l’arrêt. Au grand dam des quelque 600 acquéreurs de ce méga programme immobilier qui désespèrent de voir les travaux reprendre.
Si la date du top départ reste suspendue aux négociations en cours avec les assurances, le temps nécessaire pour mettre en œuvre la solution réparatoire et achever, enfin, l’Avant-Scène a d’ores et déjà été estimée à une trentaine de mois par le promoteur qui entend aller « aussi vite que possible ».
« Les lettres d’ordre pour les entreprises appelées à intervenir son prêtes à être envoyées. Mais nous ne le ferons que lorsque nous aurons obtenu des garanties solides autant pour nous que pour nos acquéreurs », conclut François Hillmeyer.
Vous pouvez le désactiver pour soutenir la rédaction du groupe Nice-Matin qui travaille tous les jours pour vous délivrer une information de qualité et vous raconter l’actualité de la Côte d’Azur
Et nous, on s’engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.
Si vous souhaitez conserver votre Adblock vous pouvez regarder une seule publicité vidéo afin de débloquer l’accès au site lors de votre session
Un cookie pour nous soutenir
Nous avons besoin de vos cookies pour vous offrir une expérience de lecture optimale et vous proposer des publicités personnalisées.
Accepter les cookies, c’est permettre grâce aux revenus complémentaires de soutenir le travail de nos 180 journalistes qui veillent au quotidien à vous offrir une information de qualité et diversifiée. Ainsi, vous pourrez accéder librement au site.
Vous pouvez choisir de refuser les cookies en vous connectant ou en vous abonnant.
Merci de la part de toute notre rédaction 🙏