Quand un logement classé C se vend en moyenne 5 à 10 % plus cher qu’un bien classé E sur un même marché, et qu’une passoire thermique peut subir une décote dépassant 15 % selon les Notaires de France, la rénovation énergétique n’est plus seulement un geste écologique : c’est aussi un calcul patrimonial. Encore faut-il choisir les travaux qui créent réellement de la valeur.
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu un véritable critère de négociation. Les logements les mieux classés bénéficient d’une véritable « valeur verte », tandis que les biens énergivores subissent plus facilement une décote. Selon les Notaires de France, un logement classé C peut se vendre en moyenne 5 à 10 % plus cher qu’un bien classé E sur un même marché, alors qu’une passoire thermique peut perdre plus de 15 % de sa valeur selon les territoires.
Encore faut-il investir au bon endroit. Tous les travaux « green » n’ont pas le même impact sur le DPE ni sur le prix de vente. « C’est vraiment propre à chaque cas, c’est comme du sur-mesure. Un appartement peut être classé F et il suffit parfois de changer son ballon d’eau chaude pour améliorer sa performance énergétique », explique Xavier Taquet, diagnostiqueur immobilier indépendant. Avant d’engager plusieurs milliers d’euros, mieux vaut donc identifier les principales déperditions du logement.
Pour Hervé Dégrève, président et cofondateur de Vasco, la priorité consiste presque toujours à agir sur l’enveloppe du logement. « Il faut avant tout s’intéresser à l’enveloppe du bâtiment avant même de penser au chauffage », explique-t-il.
Concrètement, il vaut généralement mieux isoler la toiture, les combles ou les murs avant d’investir dans une pompe à chaleur. Une maison mal isolée limitera les bénéfices d’un nouveau système de chauffage.
En copropriété, la marge de manœuvre est toutefois plus réduite. Les travaux les plus efficaces sur le DPE, comme l’isolation par l’extérieur, la rénovation de la toiture ou le chauffage collectif, dépendent souvent d’un vote en assemblée générale. Les propriétaires doivent donc privilégier les équipements privatifs qu’ils peuvent modifier eux-mêmes.
Une fois cette étape franchie, certains équipements permettent de gagner une ou plusieurs classes au DPE. Dans une maison correctement isolée, une pompe à chaleur air/eau représente un investissement compris entre 8 000 et 12 000 euros. Selon les estimations communiquées par plusieurs professionnels du secteur, elle peut générer jusqu’à 15 000 euros de valorisation à la revente lorsqu’elle améliore significativement la performance énergétique du logement.
À l’inverse, certains équipements améliorent surtout l’attractivité du bien sans augmenter significativement son prix de vente. Les panneaux photovoltaïques séduisent les acheteurs, mais leur valorisation reste très variable selon les marchés. Ils facilitent souvent la vente sans que leur coût soit intégralement récupéré.
Les systèmes de récupération des eaux pluviales restent, eux, un marché de niche. Ils constituent surtout un argument commercial dans les territoires confrontés aux sécheresses récurrentes.
Le même constat vaut pour certains travaux plus coûteux. Hervé Dégrève cite notamment le remplacement systématique des fenêtres. « Les fenêtres offrent souvent le plus mauvais retour sur investissement », estime-t-il.
Comptez généralement entre 500 et 1 000 euros par fenêtre, pose comprise, voire davantage pour des modèles haut de gamme. Sauf présence de simple vitrage ancien, mieux vaut souvent traiter l’isolation de l’enveloppe avant de remplacer l’ensemble des menuiseries.
La rentabilité dépend aussi du DPE de départ. Les logements classés F ou G sont généralement ceux qui offrent le plus fort potentiel de création de valeur après travaux. Selon Hervé Dégrève, plus la performance énergétique initiale est faible, plus le gain patrimonial est important. Les données de l’étude Valeur verte des Notaires montrent d’ailleurs qu’un logement classé C se vend en moyenne 5 à 10 % plus cher qu’un bien classé E sur un même marché, tandis qu’un logement G peut subir une décote dépassant 15 %, selon les territoires.
À l’inverse, un propriétaire dont le logement est déjà classé D devra souvent engager des dépenses importantes pour viser une classe B ou A, avec une valorisation beaucoup plus limitée à la revente.
Le meilleur investissement « green » n’est donc pas forcément celui qui coûte le plus cher : c’est celui qui permet de gagner des classes au DPE et d’effacer la décote liée à un mauvais classement énergétique.
Accédez gratuitement aux indices des prix à l’achat et à la location, en partenariat avec Fnaim.
Connexion à Prisma Connect

source

Catégorisé: