L’enthousiasme retrouvé de l’année 2025 est désormais retombé. La sortie de crise qui s’amorçait l’an dernier, après trois années noires pour le secteur immobilier, se trouve aujourd’hui entachée par la conjoncture économique. Il suffit de lire les données du premier trimestre 2026 des notaires de France avec l’Insee pour obtenir un aperçu de la situation.
« Les perspectives positives initialement envisagées pour 2026 ont été largement affaiblies par les nouvelles tensions géopolitiques internationales et leurs conséquences économiques », notent les notaires du Grand Paris dans leur bilan des transactions au premier trimestre.
Le retour attendu de l’inflation et les possibles remontées des taux d’intérêt « contribuent à renforcer les inquiétudes des ménages et des investisseurs ». Pour l’heure, la Banque centrale européenne a laissé ses taux directeurs inchangés, ce qui permet encore aux banques de proposer des taux relativement préservés. Pourtant, dès aujourd’hui, certains dossiers peinent à être financés, et les taux d’intérêt tendent tout de même à augmenter (+17 points de base entre août 2025 et avril 2026, avec une moyenne à 3,23% aujourd’hui selon l’Observatoire Crédit Logement – une estimation inférieure à celles des courtiers qui évoquent plutôt 3,48% de taux moyen à 25 ans début juin).
Résultat, en France, le nombre de transactions réalisées en un an, jusqu’à fin mars 2026, s’est « stabilisé » pour la première fois depuis la reprise du marché fin 2024, à 952.000 ventes sur douze mois, indique l’indice notaires-Insee. Un niveau similaire à celui de décembre 2025, après une année d’augmentation (le point bas ayant été atteint en novembre 2024 avec 778.000 transactions cumulées sur un an, après un pic de baisse de -23% en un an enregistré en février 2024).
Cela signifie que le nombre de ventes représente aujourd’hui environ 2,5% du stock de logements en France. Un niveau proche de celui du début des années 2000, mais nettement inférieur au point haut du troisième trimestre 2021, où les ventes pesaient alors pour 3,3% du stock total de biens.
Selon les notaires du Grand Paris, la dégradation de la conjoncture économique « provoque déjà un afflux de biens mis en vente, par anticipation d’un éventuel nouveau blocage du marché ». Cela, « alors même que la demande demeure fragile ».
Ainsi, en Île-de-France, comme au niveau national, le nombre de transactions s’est stabilisé, avec même une légère baisse de 3% sur un an en région parisienne (notamment sur les appartements anciens, alors que les ventes de maisons en grande couronne ont augmenté). Ce ralentissement joue en partie sur les prix de vente (observés dans les avant-contrats). Globalement, leur progression a été freinée en début d’année. C’est notamment le cas en province, où les prix des logements anciens se sont stabilisés sur un an au premier trimestre (+0,1%), après quatre trimestres de hausse.
En Île-de-France, en revanche, les prix ont poursuivi leur hausse pour le troisième trimestre consécutif (+0,6%), avec cependant des disparités importantes entre les appartements (+1%) et les maisons (-0,4%). Cela illustre « un marché francilien orienté vers une normalisation des prix, et non un retour à la hausse des prix », indiquent les notaires. À Paris même, les prix des appartements anciens sont ainsi restés perchés à 9.600 euros le mètre carré au premier trimestre. Un niveau qui devrait rester similaire jusqu’en juin 2026, indiquent les notaires, qui analysent les prix des transactions et non des biens mis en vente, comme le font les agences immobilières.
La construction neuve, elle aussi, est impactée, entre d’un côté la hausse des coûts des matériaux, et de l’autre un ralentissement net, en avril, des autorisations et des permis de construire délivrés (après cependant plusieurs mois de forte hausse).
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