Selon le bilan financier des douze plus grandes villes de France réalisé par l’Institut Montaigne, Toulon reste l’exception.
Avec une note de 7,1/10, la ville se classe au premier rang du panel étudié. Si le score est légèrement inférieur à celui de 2019 (7,9/10), la trajectoire demeure solide.
« Toulon, c’est une situation financière vraiment très favorable », résume Nicolas Laisne, coordinateur de l’étude. Des bilans déjà réalisés lors du bilan de mi-mandat 2023 mais de manière plus ambitieuse cette fois, « puisque nous sommes remontés à 2014 », poursuit encore Nicolas Laisne.
Le chiffre le plus frappant concerne la capacité de désendettement. En 2024, il ne faudrait que 1,4 an à Toulon pour rembourser l’intégralité de sa dette municipale en mobilisant ses marges annuelles.
À titre de comparaison, la moyenne des grandes villes étudiées (hors Paris) s’élève à 6,2 ans. Le niveau de dette par habitant, 280 euros contre 1 097 euros en moyenne, est qualifié d’« exceptionnellement faible ». Cette solidité permet à la municipalité d’afficher une fiscalité locale stable.
Toulon fait ainsi partie des rares villes à ne pas avoir augmenté ses taux d’imposition entre 2019 et 2024. La hausse des recettes fiscales (+26 %) provient uniquement de l’évolution des bases fiscales, une évolution notamment liée à l’inflation et à la croissance démographique.
Cette prudence budgétaire s’accompagne toutefois d’un niveau d’investissement public inférieur à la moyenne.
Entre 2020 et 2024, les dépenses d’équipement par habitant atteignent 229 euros par an, contre 340 euros dans les autres grandes villes étudiées. « Toulon se caractérise vraiment par des dépenses d’investissement plus faibles que la moyenne », souligne Nicolas Laisne.
Les dépenses de fonctionnement et d’investissement sont principalement orientées vers l’enseignement, qui représente 27 % des dépenses de fonctionnement. « C’est une dépense obligatoire des communes », rappelle-t-il. Cette stratégie pose néanmoins question pour l’avenir. « Lorsque vous sous-investissez pendant longtemps, il peut y avoir une dynamique de rattrapage, qui se répercute sur les mandats suivants », avertit le coordinateur.
Deux zones de vigilance apparaissent. D’abord, 63 % des dépenses de fonctionnement sont absorbées par les charges de personnel, ce qui limite la souplesse budgétaire.
Ensuite, la situation de la Métropole Toulon Provence Méditerranée suscite des interrogations. Sa capacité de désendettement pourrait dépasser le seuil d’alerte de 12 ans d’ici 2027. « Le but de cette étude, c’est de montrer l’invisible, l’état des finances », insiste Nicolas Laisne.
Une bonne santé financière ne préjuge pas du ressenti des habitants, mais elle éclaire les marges de manœuvre budgétaires réelles de la collectivité. « Cette prévision est à interpréter prudemment compte tenu des incertitudes et délais d’adoption de la LF 2026, dont certaines dispositions concernent les relations financières entre l’Etat et les collectivités », tempère néanmoins l’étude.
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