Des téléviseurs arrachés de leurs supports et piétinés. Des murs détruits à coups de poing, de pied et même de tête, « résultat, certaines pièces communiquent désormais entre elles grâce à ces trous », ironise Bryan Wilhelm qui avec son associé Aurélien Jacob, gère près de 120 logements proposés via des plateformes de location entre particuliers à Reims. Dans la nuit du 2 au 3 mai puis dans celle du 21 au 22 juin, deux des appartements dont il s’occupe ont été réservés pour un « Projet X », une soirée dont l’unique objectif est de tout détruire sur son passage. « Ces grands appartements de 140m2 environ ont été loués pour une nuit via la plateforme. On s’est rendu compte, après coup, que la pièce d’identité qui avait été fournie pour la réservation était soit fausse, soit usurpée. »
D’après les vidéos publiées sur les réseaux sociaux, environ 120 personnes ont participé à ces soirées, des lycéens et quelques collégiens de la ville qui ont tout détruit sur leur passage. Pour les deux appartements, les dégâts ont été chiffrés à près de 25 000 euros, sans parler du préjudice commercial. « Selon nos informations, ces jeunes ont payé un droit d’entrée de 5 euros », complète Aurélien Jacob dont la colère peine à retomber. « Je ne comprends pas qu’on puisse faire ça, tout casser pour le plaisir sans avoir conscience un seul instant qu’il y a un propriétaire derrière, une entreprise qu’ils mettent en péril. »
« Projet X », c’est d’abord un film qui continue de faire parler de lui 12 ans après sa sortie : trois adolescents organisent une énorme fête qui se transforme rapidement en un chaos total avec des centaines de participants ingérables, des dégâts matériels considérables et une intervention de la police pour ramener le calme.
Un « Projet X » est par la suite devenu un terme générique désignant une soirée qui dégénère et au cours de laquelle on boit à l’excès, on consomme des produits stupéfiants parfois, tout en détruisant le lieu de la fête à coups de trous dans les murs, de graffitis, mais aussi des vols de matériel électronique et autres bijoux.
Grâce – ou à cause – des réseaux sociaux, ces soirées deviennent virales et attirent plusieurs dizaines, plusieurs centaines d’adolescents. Si eux semblent s’amuser comme jamais, la fête vire au cauchemar pour le propriétaire qui découvre l’étendue de la catastrophe après-coup.
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