Lundi 9 mars Fête des Françoise
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L’agglomération de Béziers vient de lancer officiellement son pôle d’attraction patrimoniale et touristique. 35 personnes sont embauchées dès 2027 pour reconstruire en l’espace de 30 ans Béziers à sa création. Un chantier vivant. 250.000 visiteurs sont attendus chaque année. Une aubaine touristique.
À quoi ressemblait Béziers, 30 ans après la naissance du Christ ? Les archéologues et historiens en ont bien une petite idée. La capitale Biterroise, l’une des plus vieilles villes de France, a été une colonie de droit romain comme Arles et Narbonne mais il ne reste plus grand-chose de cette époque-là.
La reconstruire  en étant plus proche de la réalité, c’est donc le défi ambitieux que se sont lancées l’agglomération et la ville de Béziers.  »Nous allons refaire la ville de Béziers, comme elle était 30 ans après Jésus-Christ, explique Robert Ménard. Il en reste peu de choses, il y a des traces dans la ville. On va donc la reconstruire en prenant le temps de le faire et en ouvrant le chantier au public. »
Et cette reconstruction avec les technicités de l’époque antique va durer 30 ans. Un amphithéâtre de 11.700 places, un forum des maisons romaines, des rues piétonnes, des halles, des tavernes seront construites à la sortie de Béziers, route de Lespignan sur un terrain de 19 hectares dans le quartier des Bregines de l’autre côté de la départementale D64 (contournement Béziers ouest). Bref un village avec ses tavernes, ses cultures, son artisanat de l’époque.
L’évolution des travaux sera donc visible par le public. « Il n’est pas question de refaire le Puy du Fou » (Vendée) dit le maire. « Nous n’avons pas cette prétention-là, mais le public découvrira forcément à chaque venue, des transformations. Quand vous allez voir des monuments, ils ne bougent pas. Alors que là, en l’espace de 30 ans, vous aurez 10 bonnes raisons de venir à Béziers, parce que les travaux vont évoluer sans cesse »
35 personnes seront formées et embauchées comme des tailleurs de pierres, des fabricants de mosaïques, des forgerons. Tout sera fait sur place. 15 personnes supplémentaires seront recruteés au moment de la saison estivale. L’idée est donc de faire un chantier vivant. La construction a été confiée à la société Kléber Rossillon qui gère actuellement douze sites culturels et touristiques accueillant de 2,5 millions de visiteurs par an.
« Notre mission est d’être au plus proche de la réalité en s’appuyant sur la rigueur scientifique des archéologues et des historiens. Petit à petit, les monuments vont s’élever, sortir de terre avec tous les corps de métier qui viennent contribuer à cela » dit  Geneviève Rossillon présidente de la Société Rossillon.
Ce projet s’appuie sur les données des fouilles et recherches existantes. Éric Tessier professeur d’histoire l’université de Nîmes fait partie de ce comité scientifique. « Avant le premier coup de pioche en 2027, il faudra planter de la vigne, des oliviers. Évidemment, comme le dit Robert Ménard, il n’est pas question de refaire le Puy du Fou. Cela n’a aucun sens.
Ça sera un vrai pôle d’attraction patrimoniale et touristique inscrit dans la durée. Nous allons reproduire des monuments disparus sur des bases scientifiques. Il y aura aussi des combats de gladiateurs, mais pas de façon péplum hollywoodien. On sera immergé dans la réalité et la véracité des combats ».
« Pour le Biterrois, c’est donc une aubaine touristique et économique » assure Jean Muller le directeur de l’Office de Tourisme de Béziers Méditerranée. Car l’objectif affiché est d’atteindre 90.000 visiteurs dès la première année. Puis 250.000 les années suivantes. Le changement devrait être marquant chaque année.
Évidemment, avant le lancement, il y aura une étude environnementale. Il faudra obtenir toutes les autorisations. C’est un projet ambitieux qui va permettre de toucher davantage de touristes tout au long de l’année dans le Biterrois qui en avait besoin et pas uniquement l’été, car nous avons la capacité de recevoir autant de monde. C’est vraiment une aubaine pour notre territoire ».
Ce projet a un coût, forcément, estimé à trois millions d’euros à la charge de l’agglomération de Béziers sur les six premières années. « Il y aura un retour sur investissement » conclut Robert Ménard, car cet argent reviendra ensuite dans les caisses de la collectivité, grâce à la fréquentation touristique.
Le premier coup de pioche est attendu en avril 2027.
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