Sujet à controverse et contestations, le projet de centrale d’enrobage, au nord-ouest de Reims, à la limite avec Saint-Brice-Courcelles, semble abandonné. C’est en tout cas ce qu’a dévoilé le maire de Reims dans un commentaire sur Facebook, ce dimanche 1er février 2026, en réponse à la question d’une internaute : « Plus d’actualité », a-t-il assuré.
Nous n’avons pas pu avoir confirmation de l’entreprise Kentsel, qui porte le projet, mais des éléments supplémentaires ont été donnés au conseil municipal, ce lundi soir 2 février. L’élue d’opposition Véronique Ritaly (groupe de la gauche républicaine, écologique et sociale) a demandé ce qu’il en était. « On le sait depuis un moment, le projet aujourd’hui est suspendu pour une durée indéterminée », a confirmé le maire, sans trop s’étendre sur le sujet. « C’est au porteur du projet d’annoncer le moment venu qu’il s’engage sur une autre activité. Je sais qu’il regarde à autre chose, et non plus à cette centrale d’enrobage, mais c’est à lui d’annoncer quelles sont les orientations qu’il va prendre sur le foncier dont il est propriétaire », a seulement ajouté l’édile.
Depuis bientôt trois ans, des associations et riverains s’opposaient à cette centrale d’enrobage, avançant des arguments écologiques. En cause notamment : des dangers pour les populations vivant à moins de 200 mètres du site, et même jusqu’à quelques kilomètres les jours de vent, ainsi que des risques de pollution atmosphérique et des nappes phréatiques. Le sujet s’est invité à de nombreuses reprises au conseil municipal, mais il a aussi fait l’objet d’une pétition, de manifestations sur la voie publique et de deux procédures au tribunal administratif : la première portée par trois associations (Air Environnement Grand Reims, Champagne Ardenne Nature Environnement et Reims Verts l’Avenir) et la seconde par une autre association, SOS Reims Urbanisme et Nature.
Face aux inquiétudes, nombreuses, le dirigeant de Kentsel, Metin Yuksek, avait dénoncé, dans nos colonnes, des « allégations complètement fausses » et précisé qu’il restait attentif aux questions environnementales : « On reste à l’écoute de nos voisins, l’environnement est important pour nous mais je ne comprends pas les habitants qui se plaignent alors que la mairie veut mettre de l’industrie pour valoriser un terrain qui était un dépotoir avant, avec des voitures brûlées ».
Le commentaire d’Arnaud Robinet sur Facebook en réponse à une internaute a de quoi donner des motifs d’espoirs aux opposants du projet. Mais du côté des associations qui ont porté un recours au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, l’heure est encore à la grande prudence.
Premièrement, parce que la bataille judiciaire n’est pas terminée : « Le sujet est toujours dans les mains du tribunal, tant qu’on n’a pas de certitudes, on ne crie pas victoire trop vite », nuance Benoît Pannetier, président de l’association Air Environnement Grand Reims. « On a toujours des inquiétudes », ajoute Frédéric Pérard, président de Champagne Ardenne Nature Environnement.
D’autant que les opposants avaient déjà entendu ce son de cloche de la part du maire il y a plusieurs mois : « Il nous avait dit que peut-être la centrale ne se construirait pas », se souvient Benoît Pannetier. En l’état, seule l’entreprise Kentsel pourrait rassurer les militants : « Si le dirigeant de Kentsel nous dit « Je m’engage à ne pas construire la centrale » par écrit, dans ce cas-là il y aurait des certitudes », explique le président d’Air Environnement Grand Reims.
Pour rappel, en l’état, rien n’interdit Kentsel de construire sa centrale d’enrobage. Le recours au tribunal n’est pas dirigé directement contre la société, mais contre l’arrêté préfectoral du 12 juillet 2024 qui autorise la mise en exploitation de la centrale à enrobés.
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