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C’est un procès hors norme qui s’ouvre à Marseille ce lundi 31 mars : l’affaire Apollonia. Plus de 3 mois d’audience sont prévus pour juger la plus vaste affaire d’escroquerie immobilière de France. On vous explique.
Des chiffres à donner le tournis. Une vaste affaire d’escroquerie immobilière est jugée à Marseille à partir de ce lundi 31 mars : l’affaire Apollonia. Près de 300 familles ont été victimes des agissements de cette société en croyant faire une bonne affaire dans l’immobilier. Elles se sont endettées pour plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions d’euros. 15 prévenus sont poursuivis.
La société Apollonia a proposé entre 2002 et 2010 des investissements dans des projets immobiliers censés assurer un patrimoine immobilier en vue d’une retraite prospère à des clients. Une offre clé en main avec le soutien de banques et de notaires. Apollonia était une société de conseil immobilier et de défiscalisation basée à Aix-en-Provence. À sa tête : Jean Badache, son épouse agent immobilier et leur fils. Apollonia vend plus de 5000 biens immobiliers pour 950 millions d’euros.
Les clients ont cru à la promesse de pouvoir autofinancer leurs achats de biens immobiliers de tourisme sans apport, grâce aux revenus locatifs censés couvrir le montant des échéances des prêts, et de la récupération fiscale pas si avantageuse que ce qui était promis. Les commerciaux étaient persuasifs, et la présence d’un avocat et de notaires donnait confiance aux acheteurs. En réalité, l’autofinancement est « un mirage », indique le juge d’instruction dans son ordonnance. Les revenus locatifs étaient surévalués de 70 % à 100 %. Une multitude d’erreurs ont entouré les prêts immobiliers : échéanciers inexistants, montant des traites non communiqués, non-respect du délai de rétractation… Les clients se sont endettés auprès de plusieurs banques pour de très importantes sommes via le phénomène de « l’empilement de crédits ».
Une première plainte est déposée en avril 2008 par 43 personnes. Deux mois plus tard, une information judiciaire est ouverte pour « escroquerie en bande organisée », « faux et usage de feux » et « exercice illégal de l’activité d’intermédiaire en opération de banque ». Quelques mois plus tard, l’information judiciaire est élargie : « abus de confiance » et « faux en écriture publique ». La famille Badache empochait 15 % du prix de vente et menait la grande vie en France, dans un chalet en Suisse et un palais au Maroc. L’enquête, les saisies de biens immobiliers et l’instruction ont pris du temps. 7,5 millions d’euros d’avoirs ont été saisis.
Ils sont médecins, pharmaciens, dentistes, enseignants universitaires, biologistes. Près de 300 familles victimes vont prendre place sur le banc des victimes. 762 personnes physiques et morales sont parties civiles. Les victimes ont souscrit impossibles à rembourser : entre 800 000 € et 4 millions d’euros. Trois des victimes se sont suicidées.
La société Apollonia et 14 prévenus vont être jugés. Les dirigeants : Jean Badache, 69 ans, ex-commercial dans la chaussure de sport ; Viviane Badache, 67 ans, ancienne esthéticienne ; leur fils Benjamin Badache, 46 ans, agent immobilier et conseiller financier. Mais aussi plusieurs commerciaux, l’avocat de l’entreprise René Spadola ; 3 notaires Jean-Pierre Brines, Philippe Jourdeneaud et Philippe Rambaud et trois employés.
À lire aussi : Scandale immobilier : les victimes d'Apollonia se rebiffent
Les prévenus encourent jusqu’à 10 ans de prison. L’entreprise risque une amende de 5 millions d’euros. 110 avocats vont plaider pour défendre les prévenus et les parties civiles.
Les prévenus sont jugés par le tribunal judiciaire de Marseille jusqu’au 6 juin 2025. Le procès est organisé dans une ancienne caserne militaire, la caserne du Muy.
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Première plainte en 2008 et 3 mois d'audience prévus en 2025 …..la rapidité de la justice française, ça fait peur !!
Ce genre de montage , n' a jamais enrichi ceux qui s' y investissait .On ne compte plus le nombre de personnes flouées , c' est comme pour l' investissement dans les chambres de maisons de retraites , ne s' enrichissent que ceux qui sont à l' initiative de ces affaires soient disant lucratives pour les investisseurs .
Et pratiquement tous les investissements de ce genre se sont fracassé voir Mona Lisa et bien d' autres , loin de la rentabilité promise .
Escroquerie peut-être, abus de confiance oui, mais les victimes ont achetés des biens immobiliers effectifs, à des prix dont ils avaient connaissance avec des prêts bancaires ( même s'ils n'ont jamais vu de banquiers). Ils ont simplement crus que leurs " gros" investissements, dépassant leurs capacités de remboursement, étaient autofinancés…. Il faut être riche en argent et pauvre en raisonnement pour croire à ce genre d'ineptie.