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Particulièrement vraie dans l’agglomération bordelaise mais aussi ailleurs dans le département, la difficulté de se loger alimente les débats et divise les candidats, entre « ville frugale » et nécessité d’augmenter l’offre
C’est un plateau qui reste à très haute altitude. Malgré un léger ralentissement de l’inflation, se loger dans l’agglomération bordelaise relève du luxe ou du défi. Qui ne connaît pas dans son entourage amical ou familial un « galérien », obligé de fournir moult garanties administratives pour gagner simplement le droit de visiter un appartement dans la métropole ?
Si, à Bordeaux, le prix moyen des appartements culmine à 4 487 euros le mètre carré – celui des maisons…
Si, à Bordeaux, le prix moyen des appartements culmine à 4 487 euros le mètre carré – celui des maisons a subi une baisse annuelle de 8,1 % atteignant les 4 767 euros le mètre carré – ils restent inaccessibles pour bien des primo-accédants, et pas seulement. D’ailleurs, la pression sur le foncier disponible est aujourd’hui particulièrement forte, le futur quartier de la Jallère, livré à partir de 2027, étant la dernière friche disponible de la métropole.
La situation du logement social n’est pas moins critique. Selon une étude de l’Union régionale HLM, dévoilée lors d’un débat organisé par « Sud Ouest » et TV7 en septembre à Bordeaux, la Métropole bordelaise concentre 30 % des demandes de toute la Nouvelle-Aquitaine en n’offrant que 25 % des logements.
Cette crise du logement irrigue tout le département : la migration de la « classe moyenne » vers la deuxième, puis la troisième couronne, entraîne un effet domino sur les prix. Des communes comme Libourne, Langon ou les bourgs du Médoc voient leur marché se tendre.
Une très intéressante étude en ligne du collectif correctiv.org met en évidence les disparités dans le territoire girondin en prenant l’exemple d’une infirmière à la recherche d’un appartement de 45 m² à acheter ou louer (données Espon House4All de mars 2024 à mars 2025).
Le sujet, éminemment politique, imprègne logiquement les programmes des candidats à l’élection des 15 et 22 mars : « Le logement est l’un des grands sujets de ces municipales, bien plus que lors des précédentes », observe Guillaume Pouyanne, spécialiste du logement et des mobilités à l’Université de Bordeaux.
C’est d’autant plus intéressant qu’il marque des différences de vision entre candidats. Lors des récents débats organisés par Placéco (filiale du Groupe Sud Ouest) et la Fédération française du bâtiment de Gironde, les fractures idéologiques étaient nettes entre candidats. À Bordeaux, d’un côté, la majorité écologiste défend la « ville frugale ». Stéphane Pfeiffer, adjoint à l’urbanisme de Pierre Hurmic, prônant la réhabilitation thermique et une construction parcimonieuse, adaptée aux limites planétaires.
Face à lui, l’opposition, notamment portée par Thomas Cazenave ou Philippe Dessertine, dénonce une « panne de l’offre ». Pour eux, la rareté alimente la cherté. Philippe Dessertine pousse notamment pour le développement du « logement intermédiaire », ce chaînon manquant destiné aux classes moyennes qui gagnent trop pour le logement social, mais pas assez pour le marché libre. Thomas Cazenave propose, lui, la transformation des bureaux vacants en logements.
À Pessac, la tension est tout aussi palpable autour d’un sujet symbolique : la démolition des tours de Saige. Alors que le maire Franck Raynal (Horizons) défend une rénovation urbaine pour « casser la ghettoïsation », ses opposants, Philippe Jaouen (LFI) et Sébastien Saint-Pasteur (PS), s’alarment de la destruction de logements existants en pleine pénurie, quand Bérangère Couillard (sans étiquette) alerte sur « des délais administratifs trop longs ».
Et à Bègles, la dernière tranche du projet Euratlantique et une urbanisation, non maîtrisée selon les opposants de Clément Rossignol Puech, cristallisent les débats. Mais le maire sortant écologiste fait valoir, comme Michel Poignonec à Villenave-d’Ornon qui a vu sa population augmenter de près de 25 % entre 2017 et 2023, qu’il a mis le « pied sur la pédale de frein » sur les constructions nouvelles durant la dernière mandature.
Autre paradoxe : tous s’accordent qu’il manque de logements mais sont avertis que la perspective de bâtir agit comme un repoussoir auprès des électeurs, peu enclins à accueillir de nouveaux voisins.
Les candidats ne peuvent non plus oublier que l’enjeu d’un logement abordable, fortement corrélé avec le coût des transports et le sentiment d’inégalité entre centres-villes réservés aux plus aisés et périphéries sacrifiées, pèsera lourd dans les urnes les 15 et 22 mars.
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