Face à un patrimoine immobilier pléthorique et coûteux, l’État veut rationaliser ses biens. Des bâtiments publics sont proposés à la vente, comme la cité administrative de Lille. En parallèle, une société foncière publique devrait voir le jour pour mieux valoriser ces biens et alléger les finances publiques.
Pour François Bayrou les économies en vue du budget 2026 vont se faire à tous les étages. « L’État est propriétaire de très nombreux biens immobiliers pour un montant de plusieurs centaines de milliards. (…) Patrimoine qu’il ne connaît pas toujours en détail et dont il ne fait pour ainsi dire rien, patrimoine important et improductif« .
Le Premier ministre a détaillé son plan d’action relatif aux finances publiques le 15 juillet 2025. Après la possible suppression de deux jours fériés, c’est le patrimoine immobilier de l’État qui pourrait être revu à la baisse.
Aujourd’hui, ces possessions immobilières s’élèvent à près de 200 000 bâtiments, pour environ 95 millions de mètres carrés dont il est propriétaire à 80%. Un parc difficile à entretenir et coûteux pour les finances publiques.
Sur le site des cessions immobilières de l’État, de nombreux biens sont proposés à la vente dans une interface qui ressemble à s’y méprendre aux sites de ventes entre particuliers. À la différence près qu’ici, les prix ne sont pas affichés.
D’après les informations communiquées par nos confrères de France 2. L’État aurait déjà récupéré 222 millions d’euros l’an dernier de cette manière.
Parmi les biens encore proposés à la vente, un seul se trouve dans la région Hauts-de-France : la Cité Administrative de Lille. 
Un bâtiment incontournable du paysage de la capitale des Flandres, remarquable par ses deux ailes en angle droit et ses 25 étages de haut, le tout recouvert de traditionnelles briques rouges du Nord. Il a été remplacé en janvier 2024 par la Cité Marianne, un bâtiment flambant neuf dans le quartier de la Porte des Postes.
Le vendeur – l’État – s’est prêté au jeu d’écrire une description digne d’une agence immobilière. « Cet immeuble à usage de bureaux construit en 1958 et 1968 est l’œuvre des architectes Albert Laprade et Serge Ménil. (…) Il bénéficie d’une situation géographique privilégiée au centre d’un carrefour européen à proximité des ports internationaux et des grandes villes européennes« .
Les personnes intéressées par le rachat ont jusqu’au 15 décembre 2025 pour se manifester. La procédure de vente se fera par appel d’offres. Des visites sont prévues entre le 8 septembre et le 21 octobre 2025.
Mais François Bayrou compte aller plus loin que ces ventes en proposant la création une société foncière de l’immobilier de l’État, « pour réduire, (…) gérer et rendre utile le patrimoine improductif de l’État« .
Bureaux, lieux d’enseignements, monuments historiques, camps militaires et autres prisons… les possessions étatiques sont diverses et variées. En cédant certains actifs à cette société, l’État espère valoriser au mieux ce patrimoine.

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