Suggestions
Toute l'actualité de votre région en continu sur notre application
Le 22 février 1965, Caudéran cessait d’être une commune à part entière pour devenir un quartier de Bordeaux. Il a néanmoins conservé son esprit de village et les marques de son passé d’endroit de villégiature et de divertissements
« Caudéran a été créée en tant que commune en 1790, en même temps que les départements », rappelle Marylène Milin. La guide conférencière anime ce jour-là une visite de ce quartier rattaché en 1965 à Bordeaux. Une dizaine de participants, dont quelques résidents, ont répondu présent au rendez-vous proposé par le service municipal dédié à l’animation et à la médiation autour de l’architecture et du patrimoine urbain local.
Aujourd’hui, près de 45 000 habitants demeurent à Caudéran. Au XVIIIe, en revanche, Caudéran « rime avec verdure plutôt qu’avec architecture ». À l’ouest de Bordeaux, cette commune est « un lieu de villégiature pour les plus aisés désireux de se mettre au vert, où l’on cultive aussi la vigne », complète-t-elle.
À l’instar de Philippe Antoine Amédée Lebrun, dit Grand-Lebrun, qui commande en 1784 au célèbre architecte parisien Victor Louis, à l’origine du Grand-Théâtre de Bordeaux, Les Charmettes, une chartreuse entourée d’une garenne close par un mur.
Aujourd’hui, près de 45 000 habitants demeurent à Caudéran. Au XVIIIe, en revanche, Caudéran « rime avec verdure plutôt qu’avec architecture ». À l’ouest de Bordeaux, cette commune est « un lieu de villégiature pour les plus aisés désireux de se mettre au vert, où l’on cultive aussi la vigne », complète-t-elle.
À l’instar de Philippe Antoine Amédée Lebrun, dit Grand-Lebrun, qui commande en 1784 au célèbre architecte parisien Victor Louis, à l’origine du Grand-Théâtre de Bordeaux, Les Charmettes, une chartreuse entourée d’une garenne close par un mur.
Ce domaine de campagne est racheté par la congrégation religieuse des Marianistes en 1896, qui y fait construire un monumental édifice par Léon Drouyn, fils du dessinateur-archéologue bien connu. De nos jours, l’établissement scolaire privé Grand-Lebrun, sous contrat avec l’État, y accueille quelque 2 600 élèves et continue d’occuper 5 hectares.
Dès la fin du XVIIIe siècle, Caudéran devient un espace de loisirs populaires. On dénombre en 1830 près de 70 auberges, cabarets et salles de bal, la plupart en plein air. Un parc d’attractions, dit « American Park », y est inauguré en 1910. Il fermera avant la Seconde Guerre mondiale, et c’est sur son emplacement que se dressent les deux tours de la cité administrative, dont la construction, en 1974, fut fort décriée.
Difficile de s’imaginer cette effervescence festive, au vu de la tranquillité actuelle de ce quartier où la vie nocturne est devenue quasi inexistante.
La première salle des fêtes couverte, désormais théâtre de la Pergola, est étrennée en 1932, à l’initiative du maire Gabriel Léglise, qui a mandaté l’architecte municipal Marcel Picard. L’édifice de style Art déco, labellisé Architecture contemporaine remarquable, a perdu certains de ses décors d’origine, mais d’autres, dissimulés sous les faux plafonds, ont été restitués.
La salle de spectacle était flanquée d’ailes latérales surmontées de pergolas, démontées depuis, comprenant d’un côté une salle de réunion pour sociétés savantes et de l’autre un gymnase et une salle de tir.
En face, l’architecte Marcel Picard édifie aussi un commissariat dans un style identique, sur lequel figure le blason caudéranais orné de trois escargots. Des escargots que l’on venait déguster le mercredi des Cendres lors d’une fête dédiée, relancée il y a quelques années.
Bâtie entre 1873 et 1878, agrandie en 1910, la vaste mairie-école, un marqueur fort du quartier avec l’église, arbore un style plutôt classique, voire légèrement éclectique. La construction, qui encadre une cour, continue d’occuper la même double fonction.
L’église néogothique sort de terre en 1855, sans son clocher, ajouté onze ans plus tard. Son plan, trop ambitieux, s’est vu retoqué plusieurs fois par la Commission des édifices religieux, qui reprochait à l’architecte Henri Duphot de vouloir en faire… une cathédrale !
Retoqué également, le poilu du monument aux morts commandé par Gabriel Léglise à Marcel Picard, pour son attitude jugée trop statique. Une seconde version, bras levé et pas en avant, sera finalement adoptée. Inauguré en 1922, le monument est complété après la Seconde Guerre mondiale par une croix de Lorraine.
Caudéran s’avère un bon exemple de l’histoire de l’architecture bordelaise. La rue de la Dauphine, qui permet de rejoindre le Parc bordelais, illustre à elle seule sa variété. S’y distingue la villa Pérusat, dessinée et réalisée par le ferronnier et designer du même nom, qui s’est inspiré de l’architecture moderne de Le Corbusier et notamment de ses « maisons gratte-ciel » de la cité Frugès à Pessac.
Les beaux hôtels particuliers du XIXe siècle de la rue du Bocage forment une superbe enfilade, avec des éléments hypertrophiés tels que bow-windows, hautes portes ou balcons travaillés. On les doit, entre les numéros 21 bis et 30, aux architectes Alfred-Duprat père et fils.
Ces immeubles offrent une vue magnifique sur le Parc bordelais, né en 1885 « de l’esprit inventif d’un architecte-paysagiste, Eugène Bühler ». Celui-ci avait conçu des allées de tailles et de revêtements différents pour les piétons, les cavaliers et les attelages, décrit, dans son ouvrage consacré au parc, Françoise Taliano-des Garets, spécialiste d’histoire politique et culturelle.
Ce lieu d’agrément voit le jour à la place d’un jardin zoologique de 28 hectares créé vingt ans auparavant dans un objectif philanthropique et scientifique, rapidement abandonné et acquis par la Ville de Bordeaux grâce au legs du négociant en vin Camille Godard.
« La mise en scène de la nature telle que Bühler l’avait prévue se retrouve encore dans la présence du lac artificiel qui s’étale sur 1 300 mètres […] Les grottes, rocailles et cascades sont dans le ton de ce que l’on rencontre au hasard des parcs parisiens de la même époque », détaille Françoise Taliano-des Garets.
Aujourd’hui, les allées ne voient plus défiler des calèches et des promeneurs bien mis, mais des hordes d’enfants à trottinette et à vélo, des promeneurs avec leurs chiens, des joggeurs à vive allure, ou les collégiens et lycéens du second établissement privé du quartier, Saint-Joseph de Tivoli, installé sur une propriété rachetée en 1857 par les Jésuites. C’est ici que se concentre dorénavant l’animation de ce que l’on a longtemps appelé le Neuilly bordelais, prisé pour sa quiétude.
Visite guidée. Guide conférencière indépendante, Marylène Milin intervient pour Bordeaux Patrimoine Mondial, qui organise des visites urbaines et notamment celle de Caudéran. En sa compagnie, vous en apprendrez beaucoup, en deux heures, sur l’histoire et l’architecture du quartier et découvrirez quelques pépites. 5 €. Sur musee-aquitaine-bordeaux.fr/agenda Voir également toursbymarylene.com
À lire. Parmi la riche bibliographie de Françoise Taliano-des Garets, à lire « Le Parc bordelais », avec Jean-Frédéric Ittel, un ouvrage de la collection La forme de Bordeaux paru aux éditions Confluences en 1994, et « La Villa Primrose. 120 ans d’histoire sportive à Bordeaux », éditions Confluences, 2017.
Ro’cha. Doublement étoilé à Cordeillan-Bages dans le Médoc, Meilleur Ouvrier de France, Jean-Luc Rocha s’est installé chez lui, à la lisière du Parc bordelais, en 2023. Avec une carte courte additionnée de suggestions variables selon les produits et ses envies, et une formule déjeuner pour se faire plaisir à prix raisonnable. Menus 37 € (midi uniquement), 58 €, 77 € (5 plats). 165, avenue d’Eysines, Le Bouscat. Tél. 05 57 65 15 29. rocha-restaurant.fr
Temps à Nouveau. Ce restaurant de quartier établi à Mondésir devrait profiter du renouveau de la place. Le midi, un menu de bon aloi à 25 €, et, le soir, une cuisine plus élaborée (45 €) ainsi que des repas thématiques (truffe, caviar) avec des dégustations verticales. Et, pour cause, le patron, issu du milieu du vin, apporte un soin particulier à sa cave. 299, avenue d’Arès, Bordeaux. Tél. 05 56 08 97 35. www.tempsanouveau.fr
La Cabane du Parc bordelais. Repris en 2024, ce rendez-vous incontournable du Parc bordelais pour les goûters des enfants a élargi son offre de restauration dans un cadre plus chaleureux, en proposant un plat du jour le midi du mercredi au vendredi (environ 15 €) et du snacking pour accompagner l’apéro. Horaires d’ouverture calés sur ceux du parc à retrouver sur Instagram la_cabane_du_parc_bordelais.
Boulangerie Maison Lamour. Cyrille et Florian Lamour, déjà propriétaires d’une boulangerie réputée rue Judaïque, ont racheté en 2022 la pâtisserie Maison Pillet, véritable institution depuis 1964. Large variété de pains, gâteaux, snacking, le tout préparé par une équipe de professionnels. 167, av. Louis-Barthou, Bordeaux. Tél. 05 56 08 36 60. www.maisonlamour.fr/maison-lamour-cauderan /
La Chocolaterie de Bordeaux David Capy. Le Meilleur Ouvrier de France David Capy avait perçu le potentiel du quartier en y ouvrant sa deuxième pâtisserie-chocolaterie, suivie désormais d’autres dans l’agglomération. 14, rue de l’Église, Bordeaux. Tél. 05 56 02 40 01. www.davidcapy.fr
Pourtant, comme les abonnements, ils permettent de soutenir le travail des 250 journalistes de notre rédaction qui s'engagent à vous proposer chaque jour une information de qualité, fiable et complète.
En acceptant les cookies, vous pourrez accéder aux contenus et fonctionnalités gratuites que propose notre site.