La villa d’architecte offre une vue imprenable sur les montagnes et la mer. Avec ses deux étages, elle comprend, en plus d’une salle de fitness et d’un rooftop, quatre chambres, chacune dotée d’une salle de bains et d’un accès terrasse. À l’extérieur, un jardin avec piscine, terrain de pétanque et cuisine d’été complètent ce cadre luxueux. En somme, un rêve azuréen à Vallauris.
Depuis septembre, ce rêve s’est brutalement transformé en cauchemar pour Bérengère Malin. Locataire principale via une société civile immobilière, créée avec son époux et sa fille, elle dit devoir faire face à un sous-locataire défaillant : « Il a payé deux mois de dépôt de garantie [soit 19 000 euros, Ndlr] puis une première facture d’électricité. Et c’est tout… Il n’a jamais payé les loyers. »
La situation est d’autant plus insolite que les sommes en jeu sont mirobolantes. Le loyer s’élève à 9 500 euros par mois, auxquels s’ajoutent 9 500 euros d’honoraires d’agence et 1 140 euros de frais de rédaction de bail. Le contrat – signé en tant que sous-location meublée – a débuté le 30 août et court jusqu’au 26 juin.
« Ce n’était pas censé lui poser problème », assure Bérengère Malin, qui jure avoir pris grand soin de vérifier la solvabilité auprès de la banque du signataire. D’autant que le bail, auquel Nice-Matin a eu accès, stipule le paiement immédiat de la totalité des loyers – soit 94 366 euros – avant la remise des clés. Une clause jugée « essentielle et déterminante ».
Par crainte de perdre cette opportunité de location et sur les conseils de son avocat, elle raconte avoir finalement accepté de le laisser entrer avec sa famille, contre la signature du bail et un virement à venir. « C’était l’erreur avec un grand E », reconnaît-elle avec le recul.

Une « installation en urgence » que confirme par écrit Pierre (1), le sous-locataire concerné. Selon lui, l’impossibilité initiale d’honorer les conditions du bail s’explique ainsi : « À cet instant précis, une partie de mes fonds n’était pas immédiatement mobilisable. »
La suite tourne vite au vinaigre. « Après mon entrée dans les lieux, j’ai constaté des infiltrations d’eau et des traces d’humidité dont je n’avais pas mesuré l’importance », rapporte-t-il, ajoutant que « certains éléments semblaient avoir été temporairement masqués ». Le bail mentionne pourtant ces dysfonctionnements. « Comme il n’a pas payé, je n’ai pas pu faire les travaux », argumente Bérengère Malin.
Pour Pierre, qui assure avoir payé une première partie des loyers, « ces désordres ne sont pas des « détails » » : « Ma priorité, c’est la sécurité, la santé et la stabilité de ma famille.  »
D’après certains échanges privés rapportés par Bérengère Malin, il laisserait entendre son intention de rester dans la villa au-delà de la date butoir. En réaction, une stratégie a été engagée : une saisie des comptes pour recouvrer les loyers impayés et une action en référé d’urgence afin d’obtenir son expulsion.
1. Le prénom a été modifié.
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