Dans les villes de la Côte d’Azur, les restrictions du marché des meublés touristiques gagnent du terrain. Après Nice, d’autres communes comme Villefranche-sur-Mer ont pris des mesures parfois drastiques.
Cela fait un moment maintenant que Nice s’est érigée en porte-étendard face à la multiplication des appartements en location sur Airbnb et autres plateformes semblables (au grand dam des professionnels !) L’ambition du maire, Christian Estrosi, est de « réduire de moitié » ce marché-là en 2025, avec l’arrivée de quotas dans les quartiers.
L’élu niçois avait fait une série d’annonces à ce propos en fin d’année dernière. Cannes lui a emboîté le pas, avec notamment la volonté de mettre un terme à la prolifération des boîtes à clés. Mais ailleurs sur la Côte d’Azur aussi, on commence à se lever, au sein des mairies, contre la profusion des biens loués pour les courts séjours.
Villefranche-sur-Mer, qui a perdu 40% de sa population en trente ans, et qui recense 300 logements vacants, selon L’Observateur de Monaco, a initié une toute nouvelle politique à ce sujet depuis juillet 2024. Première mesure, chaque individu ou société ne peut désormais compter qu’un seul meublé touristique.
Et cette autorisation est valable pour six ans, sans être renouvelable. Au-delà, la propriété doit être mise sur le marché de la location longue durée. Pour faire respecter cette réglementation, dont les effets pourraient être visibles d’ici à trois ans, la municipalité s’est dotée d’un service de contrôle. Son objectif à terme, diviser par deux le parc des meublées touristiques.
Avec l’espoir également de faire baisser le prix de l’immobilier par la même occasion. Car rappelons que selon notre dernier baromètre exclusif, la commune affichait des tarifs moyens supérieurs de 115,7% à ce qui se pratique dans le reste du département !
À Beausoleil, il a été unanimement décidé, lors d’un conseil municipal en décembre 2024, d’utiliser la loi Le Meur votée en novembre 2024. Celle-ci offre aux élus locaux un plus large arsenal pour réguler les annonces sur les plateformes de location.
La ville a donc choisi de plafonner à 90, contre 120 nuitées auparavant, la durée maximale de location d’une résidence principale. Une mesure entrée en vigueur le 1er janvier 2025. Elle prend ainsi la même direction que Marseille, et à l’étranger, de Londres, notamment. Ces grandes aires urbaines ont fait le même pari.
Là aussi, il est question d’aider l’accès au logement, dans un marché sous tension. Encore plus récemment, Villeneuve-Loubet a également limité considérablement la durée de mise en location. Suite à la délibération du conseil municipal du jeudi 20 mars, on passe ici aussi à 90 nuitées.
Effective dès maintenant, la limite ne concerne pas l’ensemble des quelque 900 meublés de tourisme, mais seulement les propriétés principales. Précisons que les bailleurs sont déjà dans l’obligation de souscrire à une déclaration préalable. Il est enfin prévu dans le texte de durcir l’amende si ce document n’est pas rempli.
La punition pourra grimper à 10.000 euros s’il fait défaut, et même jusqu’à 20.000 euros s’il est faux.
Des manœuvres qui devraient provoquer une nouvelle fois le courroux des investisseurs, et d’Airbnb. En février dernier, le géant américain avait dénoncé avec verve les restrictions prises dans la région.
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