Nous sommes en octobre 2025, et depuis un an, la population résidant au sein du nouvel immeuble Quartus de Reims (Marne) n’en peut plus. Problèmes de sécurité, d’incivilité, de fuites ou encore de saletés gâchent la vie dans cet immeuble pourtant flambant neuf.
Un immeuble tout neuf, « livré il y a un an, mais qui paraît déjà en avoir six« . Nous sommes chez Quartus, au 8 rue du Colonel Fabien, à Reims (Marne). Il s’inscrit dans un nouvel ensemble de tours dominant le nouveau quartier des Rives-de-Vesle, en face du théâtre de la Comédie, là où se trouvait l’ancien garage Renault. Dans le prolongement immédiat de la très passante rue de Vesle et en bordure de l’autoroute urbaine surnommée la voie Taittinger. Dans ce secteur, le prix au M2 en appartement est en moyenne de 2600 euros.
Un habitant de cette nouvelle résidence a fait part à France 3 Champagne-Ardenne de sa colère nourrie par des incidents au sein de cet ensemble immobilier récent. Avec son voisinage, il dénonce de multiples problèmes dans les espaces communs de son immeuble. Plusieurs bâtiments de cette nouvelle portion de quartier sont aussi concernés, et les cellules commerciales sont décrites comme étant « à l’abandon. D’autres propriétaires ont un peu l’impression de s’être fait avoir. Ils sont très déçus de la différence entre ce qu’on leur a vendu, et ce qu’il en est aujourd’hui. Ça n’a rien à voir. » 
Dès son arrivée (« en retard »), à l’automne 2024, rien ne va. Les travaux ne sont pas finis, les ouvriers vont et viennent, il y a déjà des choses abîmées (boutons d’appel de l’ascenseur, notamment, ce qui ne facilite pas l’emménagement à certains étages). « On dérangeait les ouvriers, on nous a installés avant que l’immeuble soit prêt. » Les problèmes relevés concernent toutefois les espaces communs, non pas les appartements. Mais ce n’est qu’une prémisse. 
VIDÉO : notre reportage, pour se faire une idée du bâtiment Quartus à Reims
« On a fait beaucoup de signalements. Au début, on pensait que c’étaient les occupants qui n’étaient pas soigneux. Mais il s’avère que la porte du hall d’entrée n’a jamais fermé. Même sans badge, tout le monde peut rentrer. C’est toujours le cas aujourd’hui. » 
On peut alors accéder librement au parking de cet immeuble. Ce qui n’est pas sans causer un certain nombre de problèmes. « Ces derniers jours, des gens sont venus la nuit y jouer avec les extincteurs. Il y en avait sur les voitures. » Des actes de vandalisme ont également été relevés sur certains véhicules. Il s’inquiète de leur non-remplacement, et des risques en cas d’incendie.
Il ajoute, toujours au sujet du sous-sol, que certaines de ses portions sont parfois « inondées », en raison de fuites d’eau. Le souci se pose aussi pour le hall du rez-de-chaussée (« c’est parfois une piscine et on ne sait pas pourquoi »), ainsi que certains couloirs dont la moquette s’en est retrouvée irrémédiablement tâchée. « Les fuites ont duré des mois. » 
L’accès aux étages depuis le garage ne nécessite ni clé ni badge, selon lui. Par conséquent, il dit avoir pu craindre des squats d’appartements encore inoccupés. « Mes signalements sont restés sans suite. On m’a dit que ça avait été réglé. »
Il reproche au syndic d’avoir affiché un avertissement pour prévenir les incivilités. « Ils pensent que c’est nous qui faisons ça ? Nous sommes des gens bien. Si c’était sécurisé, il n’y aurait pas d’individus extérieurs qui rentreraient. » Cela dit, il confie n’en avoir jamais aperçu. Toutefois, l’affichage mentionné, récent, indique de prévenir la police municipale en cas d’« incivilités ou rassemblements suspects dans les parties communes ». 

Il déplore aussi l’état du local à ordures. « Là, c’est peut-être les gens qui habitent ici qui ne font pas attention… Au début, c’était vraiment une déchetterie. » Mais il demeure des traces de poubelles qui dégoulinent, et l’escalier menant au sous-sol n’est selon lui pas nettoyé par le personnel d’entretien.
Au point que le syndic a fait savoir via un courrier que des équipes passeraient dans les appartements pour un traitement contre les cafards. « Des gens ont dû en avoir. C’est forcément à cause du local poubelles. » 
« Il y a aussi des gens, non occupants de l’immeuble, on suppose, qui ont uriné dans l’ascenseur, et au sous-sol… » Le problème aurait été remonté, et ne se serait pas reproduit depuis. « Pour l’instant. Mais ça reste ouvert. La porte ne ferme toujours pas, même si elle a été changée : elle ne tenait plus qu’avec du scotch. » 
La moitié des plafonniers de l’ascenseur ne fonctionne plus non plus. Il regrette que « les appartements soient très bien » mais pas « les extérieurs et tout ce qui est commun. On ne voit plus aucun ouvrier, plus rien ne bouge. La ruelle à côté n’est pas entretenue, je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas embauché un gardien. »
« Nos signalements de locataires à notre bailleur Reims Habitat restent sans suite. Ils doivent être débordés avec nos signalements et ne plus savoir quoi faire. On pense que le promoteur est dans le déni. Mais on ne peut pas rester comme ça au bout d’un an. Et c’est dommage pour une belle ville comme Reims. »  Jusqu’à évoquer un lieu « à l’abandon », après seulement un an.  
Il pourrait théoriquement demander conseil à l’agence départementale d’information sur le logement (Adil), compétente en la matière et très utile. Mais il n’en existe pas dans la Marne. Celle de l’Aube explique que l’agglomération rémoise refuse d’en financer une dans le département, car elle estimerait que ses services peuvent répondre aux sollicitations des locataires de Reims en difficulté.
La municipalité, qui a communiqué sur ces nouveaux aménagements, renvoie vers Reims Habitat (se réjouissant de la livraison des premiers appartements en 2024), pas vers les élus locaux. Sollicité par France 3 Champagne-Ardenne, le bailleur relève que « suite aux signalements des clients de la résidence Rives de Vesle au 8 rue du Colonel Fabien, Reims Habitat est en contact régulier avec le promoteur Quartus et le syndic Manda en charge des parties communes de l’immeuble. » (localisation du quartier sur la carte ci-dessous)
« À l’initiative de Reims Habitat, plusieurs rencontres tripartites ont été organisées afin de faire réaliser, par Quartus, les travaux nécessaires notamment dans le cadre de la garantie de parfait achèvement de la résidence et de procéder aux améliorations nécessaires pour la sécurisation de cet immeuble. Les équipes de Reims habitat sont à l’écoute des clients en place et se tiennent à leur disposition pour les informer des avancées en cours. » Mais aucune date précise n’a été communiquée pour la résolution des multiples problèmes cités.
Cependant, le bailleur ajoute que « nos équipes veillent, en étant notamment régulièrement en contact avec Quartus et Manda, pour que leurs délais d’intervention soient en adéquation avec les attentes de nos clients et de Reims habitat. Des actions sont en cours de réalisation par Manda pour garantir le plus rapidement possible une meilleure sécurisation de l’immeuble. » La population vivant là devrait donc bientôt voir sa porte fermer enfin.

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