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Avec une hausse du volume des transactions de 10 % début 2025 et des prix en légère baisse, le marché de l’immobilier redémarre dans un climat toujours incertain.
Comme le rappelle Me Pierre Devine, référent pour l’immobilier à la Chambre des notaires du Gard, il y a 5 ans, la France traversait « deux mois de parenthèse ». Depuis la crise sanitaire, « la société a complètement changé » et le marché de l’immobilier n’y échappe pas. « Un tsunami », se souvient le notaire, qui ne pouvait pas imaginer « un tsunami en sens inverse. En 2021 et 2022, il y a eu une augmentation incroyable liée aux nouveaux modes de vie, une euphorie. Une fois qu’on est en haut de la montagne, on ne peut que redescendre », poursuit le notaire, qui faisait le point cette semaine sur la situation du marché dans le Gard. Un marché à la hausse en termes de volumes, mais toujours incertain en raison de la situation économique et géopolitique…
Au premier trimestre de l’année, avec des taux d’emprunt autour de 3 %, les transactions sont en hausse de 10 % par rapport au premier trimestre de l’année dernière, après une baisse de 8 % en 2023, amplifiée en 2024, « une année commencée avec des taux d’intérêt à 4 %. On a ressenti presque un arrêt des transactions. » Cependant, si le volume a baissé de 16 % par rapport à 2022, il reste supérieur à 2019, avant la crise.
« Heureusement, les taux sont tombés. Les gens n’ont pas bradé. Aujourd’hui, il y a une crise du volume, par une crise du prix qui restent stables », précise Me Pierre Devine, qui reste prudent. Si les dernières semaines sont « plutôt encourageantes », les nuages ne sont jamais loin. À commencer par l’augmentation au 1er mai des droits de mutations décidée par le Conseil départemental. « Pour un projet à 300 000 €, cela représente 1 500 € en plus. Des projets peuvent tomber à l’eau », poursuit le notaire. Cette hausse ne concerne pas les primo-accédants, qui en plus peuvent bénéficier de prêts à taux zéro dans des conditions avantageuses. « Il faut qu’ils achètent maintenant », selon Sophie Nouguier, présidente de la chambre.
L’arrêt des dispositifs fiscaux encourageant l’investissement dans l’immobilier locatif a ralenti les ventes dans le neuf. Et la politique du zéro artificialisation nette a réduit drastiquement le volume des terrains à bâtir, un bien traditionnellement privilégié par les primo-accédants. Il ne s’est vendu que 691 terrains en 2024 dans le Gard, dont seulement 35 à Nîmes.
La situation internationale est également une source d’inquiétude. Dans un contexte de besoins de financement pour les dépenses militaires, la Banque centrale européenne a annoncé une augmentation de ses taux dans les prochains mois. « Actuellement, on est à 3 %, on parle de 3,5 % dans les mois qui arrivent », explique Me Pierre Devine.
Et les décisions de Donald Trump sur le commerce international vont aussi peser, entraînant des tempêtes sur les places financières. « Cette augmentation des droits de douane, c’est comme le Covid, c’est un phénomène nouveau », explique Pierre Devine, qui se veut rassurant, persuadé qu’il y a une part de bluff dans l’attitude du président américain. Cette politique aura en tout cas une incidence sur le marché. « Historiquement, quand la bourse monte, l’immobilier descend. Quand la bourse descend, l’immobilier monte, rappelle Me Pierre Devine. La pierre est un placement refuge. »
« Aujourd’hui, on est ravi de l’augmentation des transactions au premier trimestre, mais jusqu’à quand ? », s’interroge Me Pierre Devine, qui craint une augmentation des impôts destinés aux dépenses militaires, qui pourrait accroître la crise du volume. « Dans le Gard, les prix n’augmentent pas, ne baissent pas non plus. Aujourd’hui, la moindre contrariété bloque le processus d’achat. »
La Chambre des notaires est en première ligne pour évaluer les prix de l’immobilier. En 2024, ils notent une légère baisse entre 3 % et 4 %, ce qui n’est pas significatif.
Pour les appartements anciens, en 2024, le prix du m2 est en moyenne de 2 180 € dans le Gard, un peu moins à Nîmes, avec 2 020 € le m2. Bien entendu, derrière ces chiffres se cachent de grandes disparités, avec des prix qui grimpent à 2 380 € en centre-ville et chutent à 480 € à Pissevin. Pour les appartements neufs, le prix médian du m2 est de 4 120 € dans le Gard, 3 970 € à Nîmes.
Dans le Gard, les maisons anciennes se vendent en moyenne à 230 600 €. À Nîmes, où elles sont plus recherchées, elles se négocient à 253 800 €. Là encore, les situations sont très différentes et peuvent monter jusqu’à 372 000 € pour le quartier du bois des Espeisses.
Dans le Gard, c’est toujours le littoral qui a la cote. Au Grau-du-Roi, le prix du m2 pour un appartement se situe à 4 860 €, plus du double de la moyenne gardoise. Pour une maison ancienne, il faut compter en moyenne 425 000 €, soit environ 200 000 € de plus que pour une maison dans le reste du département.
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