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Par Anne Bourges
Publié le 22 mai 2025 à 18h00
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Les enquêtes publiées ces trois dernières années montrent toutes un recours croissant au marché de la seconde main pour l'habillement. Pour le premier trimestre 2025, le baromètre de l'Institut français de la mode estime même que le marché de l'occasion en France représente désormais 10,9 % des achats d'habillement en valeur, et même 16,3 % chez les 18-34 ans. Un marché porté par les plateformes de e-commerce (Vinted, Vestiaire collective, Once again, EBay, Videdressing, Rakuten, La Reboucle, Le Bon coin…).
En 2021, 67 % des achats seconde main en France étaient faits via l’e-commerce (étude Observatoire Novascope Seconde Main reprise par BPI France en 2023).
Mais le secteur de la vente en ligne décrit par les sondages nationaux et internationaux reflète-t-il vraiment les comportements de nos territoires ? Juste pour voir, et faute de données disponibles à cette échelle, nous avons donc interrogé nos lecteurs et contacts sur les sites et réseaux des quotidiens du groupe Centre France.
Ouvert sur 15 jours mi-avril, notre appel à témoignages a permis de récolter 80 réponses complètes.
Bonne surprise : il a touché plusieurs générations de consommateurs: 27 % de -25 ans, 29 % de 26-45 ans, 34 % de 46-62 ans, 10 % de 60 et plus. Et ceci dans des secteurs de résidence variés : 63 % vivant en milieu urbain et périurbain, 7 % dans une ville de moins de 5.000 habitants, et 30 % en milieu rural. Mais les réponses ont surtout été féminines (88 % de femmes et 12 % d'hommes).
Bien sûr, ce mini-sondage n'a absolument pas la valeur d'une enquête établie dans les règles de l'art, avec un panel représentatif de répondants. Mais, sans le biais des grandes métropoles, il donne un éclairage inédit et actualisé.
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Premier enseignement, ce panel montre un large recours à l'occasion pour les achats de vêtements ou accessoires de mode d'occasion (ou seconde main) : et même "plusieurs fois par mois" au moins pour 26 % des répondants, "plusieurs fois par trimestre" pour 37 % des répondants, et 3 % de réponse "jamais" .
Ils sont en revanche beaucoup moins nombreux à vendre leurs vêtements ou accessoires : au moins plusieurs fois par mois pour 11 % des répondants, plusieurs fois par trimestre pour 16 % des répondants, exceptionnellement (une ou deux fois par an à 25 % et 32 % de réponse "jamais" dont 10 % de répondants qui "envisagent de s'y mettre".
Alors par quels canaux interagissent les consommateurs de nos territoires ?
Trois choix étaient proposés et c'est celui des plateformes dématérialisées nationales ou internationales (Vinted, Vestiaire collective, Once again, EBay, Videdressing, Rakuten, La Reboucle, Le Bon Coin, autres) qui a la préférence d'usage, avec 53 % de réponses.
Mais les filières physiques de proximité ont une vraie place, avec 43 % de réponses pour les "les boutique ou un autre lieu (friperie, magasin avec un rayon de seconde main, vestiaires. Peu utilisent, en revanche, les réseaux de vente ou échange de proximité (groupes sur facebook ou autres réseaux) (4 %).
Malgré cette identification des ressources de proximité, les pièces échangées ont pourtant tendance à voyager. Nous avons posé la question: "Vos échanges sont à destination de vendeur.se ou client.e situés à…"; et il a été répondu ce qui suit.
A peine un quart (21 %) des échanges reste "dans le département". On constate que, si l'écrasante majorité reste en France, les envois se font hors département. C'est même des trajets hors région : "le plus souvent" pour 40 % des réponses et "parfois" pour 10 %. Plus étonnant : 23 % de nos répondants envoient ou reçoivent des pièces de seconde main sur des destinations étrangères en Europe.
A la question du nombre de pièces par envoi reçu et/ou posté, ils n'étaient que 21 % à répondre "le plus souvent plusieurs pièces", et 29 % à répondre "une pièce". 51 % ont répondu "une pièce le plus souvent". C'est donc le plus souvent : une pièce = un emballage = au moins un voyage (et plus si retour).
Quant à la valeur de ce qui est acheté ou vendu (il était demandé de mettre valeur totale si plusieurs pièces), elle n'atteint pas 16 € dans la plupart des cas.
C'est moins de 6 € dans 15 % des cas ; 30 % de réponse "entre 6 et – de 11 €" ; et 21 % de 11 à – de 16 €. On est entre 21 € et – de 50 € dans 14 % des cas, et au-delà dans seulement 5 % des cas.
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