Le conseil municipal de Nice a validé vendredi un assouplissement de la réglementation encadrant les meublés touristiques. La majorité d’Eric Ciotti défend une approche pragmatique pour libérer du temps de contrôle aux agents et « respecter la propriété privée ».
Des porteurs de valises à roulettes croisant des actifs locaux en quête d’un toit à l’année. Le décor est planté dans les rues de la capitale azuréenne, où la pression immobilière se heurte frontalement à l’économie florissante du tourisme de courte durée. Vendredi, les élus locaux ont fait le choix de partiellement détricoter les mesures restrictives imposées l’an dernier par l’ancienne municipalité.
Cette ancienne réglementation s’inscrivait dans le sillage de la loi Le Meur, adoptée alors que l’offre de location touristique grimpe chaque année. Désormais, la durée maximale autorisée pour louer sa résidence principale passe de 90 à 120 jours. Pour Eric Ciotti, cet allongement relève directement du respect de la propriété privée. Le maire UDR justifie cette mesure en soulignant que le macronisme avait fait des propriétaires ses vaches à lait.
L’autre changement majeur voté concerne les investisseurs dépassant ces limites temporelles strictes. La validité des autorisations de changement d’usage est remontée de trois à cinq ans. La majorité défend un choix purement pragmatique, dicté par la réalité des effectifs de la mairie.
Le service dédié à cette gestion ne dispose en effet que de 10 agents pour traiter l’ensemble des dossiers. Espacer les renouvellements doit théoriquement leur laisser plus de temps pour les contrôles sur le terrain, pour l’instant quasi-inexistants.
En parallèle, les quotas instaurés dans les quartiers les plus touchés ont été assouplis. Il s’agit d’un compromis pour mettre fin à une procédure engagée par des loueurs devant la justice.
Lors du conseil municipal, le premier magistrat a tenu à préciser ses intentions. « Il ne faut plus qu’on augmente le nombre de locations meublées touristiques », a promis Eric Ciotti. Il a tout de même rappelé que la ville percevait 25 millions d’euros de taxes de séjour par an, dont 10,6 millions pour ces seules locations meublées.
La conseillère municipale Juliette Chesnel-Le-Roux pointe du doigt les conséquences de ces choix politiques. « On met désormais autant de meublés touristiques sur le marché qu’on ne crée de logements sociaux », a-t-elle regretté.
Reporter niçois diplômé en journalisme, Matthias Bellegarde a rejoint Nice-Presse en 2026. Expert de l’économie locale et de l’immobilier, il suit de près l’évolution des marchés et des entreprises entre Nice et Menton. Engagé pour une information transparente et vérifiée, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.
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