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Le tribunal judiciaire de Béziers a condamné, en décembre 2024, la SCI Gremalib, propriétaire de l’immeuble dit "Le Masséna", à l’angle du boulevard Frédéric-Mistral et de la rue Diderot, et la société Confort Habitat, en charge de rénover la charpente, les façades, fenêtres et autres menuiseries, à verser différentes sommes à titre de dommages et intérêts à François Sanchez, propriétaire de l’immeuble mitoyen, rue Diderot.
François et Martine Sanchez, propriétaires de l’immeuble mitoyen du Masséna, du nom du café qui occupait le rez-de-chaussée, situé à l’angle de la rue Diderot et du boulevard Frédéric-Mistral, à Béziers, se disent « épuisés, dans l’impasse, dans l’incompréhension.« 
Pourtant, ils ont gagné leur procès en décembre 2024 contre la SCI Gremalib, de la famille Libert, propriétaire de l’immeuble dit « Le Masséna », et la SAS Confort Habitat, en charge de rénover la charpente, les façades, fenêtres et autres menuiseries. Le tribunal judiciaire de Béziers a condamné les deux sociétés à verser un total de plus de 50 000 euros à la famille Sanchez, entre autres pour les dommages que leur immeuble mitoyen a subis, engendrés par les travaux de rénovation entrepris par Gremalib.
Mais point d’argent à l’horizon. François et Martine Sanchez ont reçu, le 12 novembre dernier, un certificat d’irrecouvrabilité des commissaires de justice biterrois Salvat et Zrouri : les débiteurs ont été déclarés insolvables. Par ailleurs, la liquidation judiciaire de Confort Habitat a été prononcée en mars dernier. « À cause des dégâts occasionnés par les travaux du Masséna, un seul appartement sur les cinq qui composent notre immeuble est loué. Pour les autres, c’est impossible, ils sont en très mauvais état. Mais nous n’y sommes pour rien. Et, en attendant que l’auteur paye, c’est un gros manque à gagner important, et on paye la taxe d’habitation sur les logements vacants – 1 059 euros pour les quatre – avec nos minces revenus. »
Leur malheureuse situation commence en 2017. Face à l’état de vétusté et délabrement du Masséna, la mairie de Béziers prend un arrêté de péril imminent. Le propriétaire, la SCI Gremalib entreprend les travaux permettant la levée du péril imminent, puis, en 2020, la rénovation complète du bâti. Mais le chantier traîne. « C’est pour combler leur petite retraite que mes parents, aujourd’hui décédés, qui tenaient la boulangerie installée, à l’époque, à gauche du bar, avaient acheté cet immeuble dont mon frère a hérité. Je m’en occupe car il a de gros soucis de santé », raconte Martine Sanchez, artisane proposant notamment toutes sortes de créations en tissu.
Mais très vite, surgissent des problèmes dans leur immeuble : dégâts des eaux, fissures, bruit, poussière, gravats qui tombent sur le toit, fracturant des tuiles, ce qui engendre des infiltrations, etc.
Alors les Sanchez mettent la main à la poche pour les diverses réparations, parvenant cependant à se faire rembourser environ 80 % des frais par leur assurance. Qui un jour, les informe qu’ils sont radiés. Martine Sanchez parvient à en trouver une autre, « plus chère, malheureusement ».
Plus les travaux avancent, plus les dégâts continuent. Quatre des cinq locataires finissent par partir. Elle assigne le propriétaire devant le tribunal judiciaire. L’affaire est examinée. En 2024, la SCI Gremalib est condamnée à lui verser diverses sommes pour dommages et intérêts.
Mais onze mois plus tard, la SCI, dirigée et représentée par la société MGL, Maguelone Libert et son époux Grégoire Libert (d’où le nom Gré – Ma — Lib), qui siège à Neuilly-sur-Seine, spécialisée dans l’administration et la gestion d’immeubles, tout comme la SAS Confort Habitat, de Béziers, sont déclarées insolvables.
« Malheureusement, en droit civil, explique Me Fleur Nougaret-Fischer, qui accompagne la famille Sanchez, il n’y a pas d’aide aux victimes. Il existe de possibles procédures judiciaires que l’on pourrait mettre en place, mais elles sont coûteuses et longues… »
Une insolvabilité très étonnante… En effet, Grégoire Libert, ancien banquier d’affaires à la tête de diverses entreprises dans le secteur de la location de terrains et de biens immobiliers, mais aussi dans l’industrie, est régulièrement l’objet d’articles de Médiacités, un journal indépendant d’investigation. L’homme est PDG du Groupe Cahors, qu’il a repris en 2019, un groupe international expert dans le développement des réseaux de distribution des énergies et de télécommunication.
Son holding fait couler beaucoup d’encre. « Le groupe Cahors dans le viseur de la brigade financière » ;« Le PDG du Groupe Cahors soupçonné de fraude fiscale » ; « Un juge d’instruction enquête sur le suicide d’un salarié du Groupe Cahors« . Médiacités suit régulièrement Grégoire Libert, « soupçonné de fraude fiscale ». Des enquêtes sont en cours. Toujours selon ce média, il « a utilisé son holding personnelle de droit anglais pour se rémunérer à hauteur d’1,5 millions d’euros en 2020 alors que Cahors enregistrait d’importantes pertes financières. Le montage financier a attiré l’attention du fisc qui a perquisitionné le domicile de ce patron, en 2024« .
Du côté de son épouse, Maguelone Libert, elle aussi serait à la tête de diverses sociétés, toujours déclarées sans salariés, dont le capital varie, allant de 10 euros (comme pour la SCI Gremalib), à 6,6 millions d’euros (SCI Penthièvre Neuilly), dans les secteurs de la location de terrains et de biens immobiliers et du conseil en gestion.
Bref, le pedigree entrepreneurial bien fourni de la famille Libert engendre donc l’étonnement et l’incompréhension des Sanchez quant à l’insolvabilité de la SCI Gremalib. Pourront-ils récupérer les sommes dues ? Quant à l’immeuble Masséna, devenue une belle coquille vide (les travaux intérieurs sont à l’arrêt depuis des années), va-t-il retrouver un jour ses lettres de noblesse ? Rien n’est moins sûr…
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