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Par Guillaume Bietry
Malgré la baisse des prix, les ventes immobilières ont continué de dégringoler fin 2024, selon les derniers chiffres des notaires bretons. Si plusieurs signaux permettent d’envisager une reprise en 2025, l’instabilité politique et les économies budgétaires à venir invitent à la prudence.
1 Les ventes continuent de reculer
La baisse du nombre de ventes immobilières se poursuit en Bretagne. Le fruit d’un cocktail détonnant, fait de contraction du pouvoir d’achat, de durcissement des conditions de prêts et de hausse des taux d’intérêt et des coûts de construction. Selon les chiffres publiés ce jeudi 23 janvier par les notaires bretons, le volume de transactions (Loire-Atlantique incluse) a reculé de 19 % sur un an à fin octobre 2024 et de 40 % sur deux ans. Après l’euphorie post-covid, « on revient aux volumes de 2015, indique Anne-Sophie Louis, notaire à Cesson-Sévigné (35), près de Rennes. On espère avoir touché le point le plus bas. » Tous les départements sont concernés par la chute des transactions et tous les types de biens. Surtout les appartements neufs, boudés par les acquéreurs du fait de niveaux de prix élevés, et les terrains à bâtir.
2 Les prix aussi
Côté prix, là aussi les chiffres sont orientés à la baisse. À la fin du troisième trimestre 2024, les prix médians ont reculé de 3 % pour les maisons anciennes (les biens les plus recherchés sur le marché), de 4,4 % pour les appartements anciens et de 3,4 % pour les appartements neufs. Signe que les acquéreurs, voyant que leurs biens ne trouvent pas preneurs, se sont résolus à revoir leurs prétentions et à accepter de négocier. Pour Thomas L’Ollivier, notaire à Rennes, « cette correction était nécessaire. Les vendeurs n’avaient pas tenu compte de la hausse des taux d’intérêt. » Ceux-ci ne sont toutefois pas perdants, les prix ayant augmenté d’environ 35 % dans la région sur les cinq dernières années. En matière de baisses de prix, tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne. Les zones rurales sont ainsi moins touchées que les villes comme Rennes (-8,5 % pour les maisons anciennes), Brest (-4 %), Vannes (-6 %) ou Lorient (idem).
3 Un « frémissement » depuis fin 2024
Si l’heure n’est pas encore à l’euphorie, les notaires constatent « un frémissement » sur les ventes depuis la fin d’année 2024. « On enregistre un peu plus d’activité depuis deux mois », reconnaît le Rennais François-Éric Paulet. Une situation liée à plusieurs « signaux encourageants », selon la présidente de la Chambre des notaires de la cour d’appel de Rennes, Anne Fercoq-Le Guen. Parmi eux, la baisse des taux d’intérêt (passés d’environ 4 % fin 2023 à un peu plus de 3 % aujourd’hui) et la (légère) hausse concomitante du pouvoir d’achat immobilier des ménages. Autres bonnes nouvelles : le desserrement de l’étau du côté des prêts bancaires et l’extension annoncée du prêt à taux zéro (PTZ). Autant d’éléments qui, en 2025, pourraient relancer les transactions ou simplement les stabiliser, tout comme les prix.
4 Oui mais…
Si certains voyants sont au vert, d’autres, en revanche, pourraient freiner la reprise. C’est le cas de l’instabilité politique, génératrice d’attentisme chez des acheteurs. Car avant de se lancer, beaucoup attendent de voir quelles seront les règles fiscales en vigueur et quels paramètres augmenteront dans le cadre des économies budgétaires à venir. Proposé par le gouvernement Barnier, le projet d’augmentation des droits de mutation à titre onéreux (les fameux « frais de notaire ») a été repris par François Bayrou pour le budget 2025. La mesure permettrait de remplir les caisses des Départements mais pourrait aussi mettre un coup de frein aux achats immobiliers, préviennent les notaires.
Immobilier : 2025, année de la reprise en Bretagne ?
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