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La mairie de Paris veut faire baisser de 20 % les prix de vente des logements dans la capitale, où le prix moyen du mètre carré atteint actuellement 9 500 euros, selon la Chambre des notaires du Grand Paris. C’est ce qu’a confié au Figaro Jacques Baudrier, l’adjoint communiste en charge du Logement, qui présente cet objectif comme relevant du long terme.
L’exécutif parisien mise sur un durcissement fiscal pour provoquer ce choc de l’offre. Le Conseil de Paris a déjà voté le doublement de la taxe sur les logements vacants à partir de 2027, et celle-ci devrait grimper à 3 000, voire 4 000 euros pour un logement moyen de 50 m², contre 1 500 à 2 000 euros aujourd’hui. La mairie souhaite également convaincre le gouvernement et le Parlement de dissocier la taxe d’habitation sur les résidences secondaires de la taxe foncière, une mesure supplémentaire destinée à pousser les propriétaires à vendre ou à louer plutôt qu’à laisser leurs biens vides.
Cette annonce arrive au même moment où le niveau des transactions immobilières ralentit à Paris depuis le déclenchement de la guerre entre l’Iran et les États-Unis. Une conjoncture qui inquiète déjà les propriétaires-occupants et les bailleurs ayant acheté quand les prix étaient au plus haut, il y a quelques années, ainsi que les familles sur le point de finaliser un achat.
Les investisseurs institutionnels, qui pesaient 25 à 30 % du parc locatif parisien il y a trente ans, en représentent aujourd’hui moins de 5 %, selon l’expert immobilier Henry Buzy-Cazaux, cité par Le Figaro. Des groupes comme Gecina, Finama, Generali, Axa ou les Mutuelles du Mans se sont progressivement désengagés du secteur résidentiel, jugé moins rentable que les bureaux ou l’immobilier commercial. Jacques Baudrier assure régulièrement rencontrer ces acteurs, qui lui opposent un manque de rentabilité de 1,5 à 2 points par rapport aux attentes de leurs conseils d’administration. Pour lui, la seule solution consiste donc à faire baisser les prix d’achat des logements. Comme les loyers sont encadrés et ne peuvent pas augmenter, c’est le seul moyen de rendre l’investissement plus rentable.
L’élu parisien évalue à 100 000 ou 150 000 le nombre de logements locatifs supplémentaires nécessaires dans la capitale. Selon les calculs de la mairie, le durcissement fiscal permettrait de remettre sur le marché 100 000 des 300 000 logements vacants ou sous-occupés recensés à Paris.
Henry Buzy-Cazaux explique partager ce diagnostic d’une baisse nécessaire des prix, mais doute de l’efficacité du dispositif. Il rappelle que la vacance d’un logement résulte rarement d’un choix délibéré, et que les propriétaires de résidences secondaires ont pour beaucoup les moyens d’absorber une fiscalité alourdie. Il n’anticipe qu’un retour d’environ 10 000 logements sur le marché, ce qui est encore loin des ambitions affichées par la mairie. L’expert souligne par ailleurs l’attractivité durable de Paris, qui continuera selon lui à soutenir la demande, et estime que seule l’émergence de pôles attractifs dans le Grand Paris pourrait réellement peser sur les prix dans la capitale.
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