Ce jeudi 12 mars, la chambre des notaires de Toulouse a dressé le bilan des transactions immobilières réalisées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025. Après plusieurs années de ralentissement, le marché montre des signes de reprise, même si les professionnels restent prudents pour les mois à venir.
Une reprise encourageante mais incertaine. Ce jeudi 12 mars, la chambre des notaires de Toulouse, représentée par Me Frédéric Giral et Me Henri Chesnelong, a dressé le bilan des transactions immobilières réalisées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025.
Premier enseignement, le marché de l’immobilier ancien retrouve des couleurs. Sur l’ensemble des transactions, les volumes restent légèrement en baisse (-2 %). Mais cette statistique serait fortement impactée par l’effondrement du neuf.
En retirant les appartements neufs, les ventes d’appartements anciens, de maisons et de terrains à bâtir progressent au contraire de 8,2% en 2025. Une inversion de tendance après plusieurs années de chute marquée de l’activité.
Au total, 22.160 ventes immobilières ont été enregistrées dans le département sur l’année. « On ne retrouve pas encore les niveaux exceptionnels de l’après-Covid, mais le marché s’est clairement remis en mouvement », a souligné Me Henri Chesnelong.
Le secteur de la promotion immobilière reste en revanche très fragilisé. En effet, les ventes d’appartements neufs ont chuté de 55 % en 2025, une baisse spectaculaire qui serait liée à la disparition du dispositif fiscal Pinel.
Résultat, les investisseurs, nombreux dans les programmes neufs auparavant, se font désormais plus rares. Les acquisitions sont aujourd’hui majoritairement réalisées par des accédants à la propriété, souvent pour une résidence principale.
Malgré les variations d’activité, les prix ont peu fluctué. Après une baisse de 4,1 % en 2024, les prix ont progressé de 2,9 %, retrouvant quasiment leur niveau antérieur. Selon Me Frédéric Giral, le marché immobilier reste relativement résistant aux variations du coût du crédit.
Dans la Ville rose, les écarts de prix entre quartiers restent très marqués. Les secteurs historiques comme Saint-Étienne conservent les valeurs les plus élevées, proches ou supérieures à 5.000 le m².
Certains quartiers ont connu de fortes progressions en 2025, comme Saint-Cyprien (+11,2 %), tandis que d’autres évoluent plus modérément. Les hausses observées seraient toutefois souvent liées à un phénomène de rattrapage après les baisses de l’année précédente.
Le marché des maisons anciennes se stabilise également. Après plusieurs années de recul, les prix ont légèrement progressé (+1,1 %) en 2025, soutenus par une demande un peu plus dynamique que l’an passé.
Longtemps en berne depuis la flambée des coûts de construction et des matériaux, le marché des terrains à bâtir montre (enfin) quelques signes de reprise, avec une hausse modérée des prix et davantage de ventes.
La demande se concentre désormais sur des terrains plus petits (-600 m²/600 à 899 m²) et des projets globalement limités autour de 220.000 à 250.000 euros, budget typique des primo-accédants.
Le profil des acquéreurs évolue peu puisque la tranche d’âge la plus représentée reste celle des 30-39 ans (32 %), souvent primo-accédants. En revanche, la grande majorité des acheteurs provient désormais du département lui-même (83 %).
En effet, 83 % des transactions sont réalisées par des Haut-Garonnais, preuve, selon Me Frédéric Giral, d’un marché largement alimenté par les mobilités locales plutôt que par des arrivées extérieures.
Autre évolution marquante, l’importance prise par le diagnostic de performance énergétique (DPE). Désormais, l’étiquette énergétique influence fortement les prix (38 % de logements anciens classés C vendus en 2025 contre 34 % en 2024).
Selon la base de données Perval, un appartement classé A peut se vendre environ 16 % plus cher qu’un logement classé D, tandis qu’un bien classé G peut subir une décote de 10 %. Un phénomène encore plus marqué pour les maisons.
Si l’année 2025 marque un redémarrage du marché immobilier en Haute-Garonne, les notaires restent prudents. En effet, les avant-contrats signés entre novembre 2025 et janvier 2026 montrent déjà un léger ralentissement.
Plusieurs facteurs pourraient peser sur la confiance des électeurs, comme le contexte international incertain, l’évolution possible des taux d’intérêt, mais aussi les échéances électorales à venir (municipale et présidentielle).
« L’année 2025 a été une éclaircie après plusieurs années difficiles. Mais cette reprise reste fragile », a conclu Me Frédéric Giral. « Dans l’immobilier, la confiance est essentielle. Le moindre facteur qu’inquiétude peut rapidement freiner le marché ».
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Journaliste web et radio, Margot est notamment passée par La Dépêche du Midi et CFM Radio avant de rejoindre l’équipe de L’Opinion Indépendante.
Contact : margotvenier@lopinion.com
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