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Le marché immobilier français marque le pas en ce début d’année 2026, freiné par les incertitudes géopolitiques et les craintes liées à l’évolution des taux d’intérêt
Sur le marché immobilier ancien, les prix et le nombre des transactions se sont stabilisés au premier trimestre en France, selon l’indice Notaires-Insee de référence publié jeudi. La reprise espérée est contrecarrée par la guerre au Moyen-Orient et son impact potentiel sur les taux d’intérêt.
Les prix des logements anciens ont légèrement progressé de 0,1 % par rapport au premier trimestre de 2025, avec des disparités entre les appartements (+ 0,6 %) et les maisons (-0,2 %). Le nombre de transactions enregistrées au cours des douze derniers mois « se stabilise, il était en augmentation depuis octobre 2024, après une baisse continue depuis la fin avril 2022 », a indiqué l’Insee. Sur douze mois, d’avril 2025 à fin mars dernier, 952 000 ventes ont été réalisées, selon l’estimation de l’Insee-Notaires, soit autant que le total sur douze mois à fin décembre 2025, mais tout de même près de 8 % de plus que celui à fin mars 2025.
« Les signaux étaient positifs fin 2025, on voyait des perspectives très encourageantes, mais force est de constater que face au contexte géopolitique, la dynamique a été très vite neutralisée », a commenté Elodie Frémont, présidente de la commission statistiques immobilières des notaires du Grand Paris. La guerre au Moyen-Orient a provoqué une flambée des prix des hydrocarbures depuis fin février, avec à la clé un regain d’inflation qui pourrait pousser les taux d’intérêt vers le haut.
Pour le marché immobilier, cela se traduit par de « l’attentisme de la part des acquéreurs potentiels », qui perdent en optimisme, et des banques, qui regardent les « dossiers de crédit avec un peu plus de sévérité, ce qui veut dire plus de longueur de traitement de dossiers, voire des refus de crédit », a relevé Elodie Frémont, notaire à Paris. « On a du mal à prédire le marché immobilier au regard du contexte international », a-t-elle ajouté.
Le volume des crédits immobiliers accordés a continué de progresser en mars, grimpant de 9 % par rapport à février. Mais les courtiers ont déjà alerté sur le risque de blocage de nombreux dossiers de demande de prêt face à l’effet ciseau entre la hausse des taux d’intérêt et le plafond légal encore inchangé. En mars, le taux d’intérêt moyen de ces nouveaux crédits s’est stabilisé à 3,22 %. Il était à 3,23 % en février et s’affichait à 3,20 % un an plus tôt, en mars 2025. Mi-2022, c’est la remontée des taux d’intérêt qui avait été l’élément déclencheur de la grave crise du marché immobilier, qui a touché aussi bien les logements anciens que la construction neuve.
Par rapport au dernier trimestre de 2025, les prix des logements anciens ont progressé de 0,2 %, une hausse « portée uniquement par les logements d’Ile-de-France, les prix des logements anciens en province étant stables sur le trimestre », relève la publication de l’Insee-Notaires. En région parisienne, les prix sont 0,9 % plus élevés qu’au dernier trimestre de 2025 et 0,6 % au-dessus de ceux observés début 2025. Ce sont surtout les prix des appartements franciliens qui augmentent (+ 1 % sur un an), tandis que ceux des maisons poursuivent leur baisse (-0,4 %). La valeur des appartements grossit particulièrement en petite couronne (+ 1,3 %) et à Paris (+ 1 %), où les prix atteignent 9 600 euros par m² en moyenne. Hors Ile-de-France, les prix sont stables sur un an. L’Insee a par ailleurs révisé en baisse la variation des prix au quatrième trimestre 2025 par rapport aux trois mois précédents, qui passe de + 0,5 % à + 0,3 %.
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