Le «Grand rendez-vous de l’immobilier» (Capital / Radio immo) consacre son numéro de février à l’investissement locatif. Dans un contexte de crise du logement, comment le relancer malgré l’inflation de normes qui pèse sur les propriétaires bailleurs ? Éléments de réponse avec Annaïg Le Meur, députée Ensemble pour la République du Finistère et vice-présidente du Conseil national de l'habitat.

Les chiffres sont sans appel. En 2024, le nombre de mandats de gestion locative recensés par la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) auprès de ses adhérents a chuté de 30% par rapport à 2023. Sur la même période, le réseau d’agences immobilières Foncia a vu le nombre de ses clients propriétaires bailleurs plonger de 25%. Il faut dire qu’avec l’encadrement des loyers, l’interdiction progressive de mise en location des passoires thermiques ou encore la flambée de la taxe foncière, l’immobilier locatif apparaît aujourd’hui comme un placement moins rentable qu’il y a quelques années. Par ricochet, trouver une location relève bien souvent du parcours du combattant.
Conscient du problème, le premier ministre François Bayrou a fait part de son intention de «relancer l’investissement locatif», lors de sa déclaration de politique générale en janvier. Mais sans préciser comment. La réponse est en partie fiscale, estime Annaïg Le Meur, députée Ensemble pour la République du Finistère et présidente du Conseil national de l’habitat, dans un entretien au Grand Rendez-vous de l’immobilier (Capital / Radio Immo) du 21 février. La ministre du Logement, Valérie Létard, s’apprête justement à lancer une mission d’information parlementaire pour plancher sur la création d’un véritable statut du bailleur privé, réclamé par la filière de l’immobilier depuis des années, afin de reconnaître le rôle des propriétaires bailleurs particuliers dans l’économie du pays. «On pourrait imaginer accorder un avantage fiscal aux propriétaires bailleurs qui s’engagent à louer leurs biens à des saisonniers dans des territoires touristiques ou à des salariés travaillant à proximité de ces logements», avance Annaig Le Meur.
La députée souligne toutefois que que «redonner confiance aux propriétaires bailleurs ne peut pas passer seulement par la fiscalité». Leur première hantise première étant les impayés de loyer, pourquoi «ne pas agir sur les baux» en raccourcissant par exemple leur durée, actuellement de trois ans pour la location nue ?, suggère la présidente du Conseil national de l’habitat. Qui, dans la seconde partie de l’interview, revient sur la loi dite «anti-Airbnb», promulguée le 20 novembre dernier et dont elle est co-auteure. Une loi qui, à Quimper par exemple, a permis de «remettre déjà 12 logements sur le marché de la location de longue durée», se félicite Annaïg Le Meur.
Comme chaque mois, les experts – notaires, avocats, agents immobiliers – de votre rubrique «vos questions, nos réponses» répondent à vos interrogations. Ce mois-ci, Ganaëlle Soussens, avocate, traite le cas d’un propriétaire bailleur qui souhaite récupérer son bien pour y vivre mais se heurte au refus de son locataire de partir alors qu’il lui a signifié son congé dans le délai légal de six mois. Charles Flobert, notaire, répond à la question d’un propriétaire qui s’apprête à vendre le logement dans lequel il a vécu avant de le mettre en location et se demande s’il sera imposé sur l’éventuelle plus-value de cession. Enfin, Dan Adler, agent immobilier, se penche sur le cas d’un vendeur qui se demande s’il est bien raisonnable de se passer d’un professionnel pour céder son bien, même si cela lui permettrait d’économiser les honoraires de l’agence.
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