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Prix encore élevés dans les grandes villes, taux plus élevés qu’il y a quelques années, apport personnel en hausse… Devenir propriétaire aujourd'hui s'apparente à un véritable parcours du combattant pour de nombreux Français. . Et pourtant, contre toute attente, les jeunes de moins de 30 ans continuent d'acheter, alors qu’ils sont traditionnellement les premiers à subir les fluctuations du marché. Comment expliquer qu'ils restent aussi présents, malgré un contexte qui leur est loin d'être favorable ?
Infos clés
On le sait, devenir propriétaire s'est complexifié avec les années. Selon l'économiste Michel Mouillart, le taux de propriétaires a d’ailleurs connu dix années de baisse “presque” ininterrompue, passant de 58,1 % en 2012 à 57,1 % en 2023. L’écart peut paraître anecdotique, mais dans un pays très attaché à la pierre, le signal n'est pas anodin.
Ce n’est d’ailleurs pas l’envie d’être propriétaire qui pêche puisque 26 % des 18-24 ans et 20 % des 25-34 ans déclarent vouloir acheter un logement d’ici deux ans, selon un sondage de L’Adresse de mai 2025. Mais entre l’intention et le passage à l’acte, le fossé financier s'est creusé. Pour beaucoup de jeunes, devenir propriétaire demande aujourd’hui une capacité d'emprunt plus importante que celle qui était nécessaire à leurs parents au même âge.
En cause ? Depuis plus d'une décennie, les prix de l'immobilier ont progressé plus rapidement que les revenus dans de nombreux territoires. Entre 2001 et 2020, ils ont été multipliés par 2,3 en France métropolitaine (source Insee), tandis que les salaires, eux, sont restés à la traîne. En pratique, selon les données de l’Institut Montaigne (2025), au niveau national, il faut désormais mobiliser en moyenne 15 ans de revenus pour acheter 100 m², soit cinq ans de plus qu’il y a vingt ans.
Ajoutez à cela d’autres facteurs défavorables : la hausse des taux de crédit observée entre 2022 et 2024 et les exigences accrues des banques concernant l'apport personnel. L’apport moyen a ainsi grimpé de 30,3 % dans l’ancien depuis 2019 (Observatoire Crédit Logement / CSA).
En première ligne, les primo-accédants, ceux qui achètent pour la première fois, ont été les plus touchés. Selon l'Observatoire du Financement du Logement, le nombre de primo-accédants a reculé de 36% entre 2019 et 2024, soit 228 400 acquéreurs de moins. À elle seule, l'année 2023 a enregistré une baisse de plus de 22 % des acheteurs.
Et qui dit primo-accédants, dit souvent jeunes acheteurs… Dans ce contexte, les moins de 30 ans semblaient donc tout désignés pour être les premiers à renoncer à leur projet immobilier. Pourtant, ils déjouent les pronostics et continuent de devenir propriétaires dans des proportions historiquement élevées.
L'Observatoire des Crédits aux Ménages constate ainsi que la part des jeunes accédants progresse régulièrement depuis la réforme du prêt à taux zéro (PTZ) de 2005.
Le chiffre
En 2025, 32 % des moins de 30 ans étaient en cours d’accession, contre presque 14% en moyenne avant la réforme du PTZ de 2005, selon L'observatoire des Crédits aux Ménages (OCM).
Chez Pretto aussi, les jeunes sont toujours présents
Les données observées par Pretto confirment cette tendance. Le nombre de prêts accordés à des emprunteurs de moins de 30 ans a atteint un pic en 2022.
Comme l'ensemble du marché, cette population a subi le ralentissement immobilier de 2023 et 2024.Mais, avec la baisse des taux depuis fin 2024, le rebond est déjà visible : en 2025, Pretto a accompagné 15 % de jeunes emprunteurs de moins de 30 ans supplémentaires par rapport à 2024.
En premier lieu, grâce à l'allongement progressif de la durée des crédits immobiliers. Depuis le milieu des années 2010, les banques ont accepté de financer les projets sur des périodes plus longues, permettant de réduire les mensualités et d'améliorer la solvabilité des plus jeunes emprunteurs.
Et chez Pretto ?
La durée moyenne des prêts accordés aux moins de 30 ans en 2025 est de 23,6 ans (soit environ 283 mois). Et 8 prêts sur 10 accordés en 2025 à des acquéreurs de moins de 30 ans dépassent les 20 ans.
La seconde raison ? Le maintien de dispositifs d'aide comme le PTZ, qui permet aux primo-accédants d’emprunter sans intérêt une partie du capital.
Enfin, les banques continuent de considérer les jeunes actifs comme une clientèle stratégique (un primo-accédant de 28 ans par exemple représente souvent un client susceptible de rester plusieurs décennies dans la même banque), et multiplient les offres envers eux.
Le rôle croissant de l'aide familiale
Si les moins de 30 ans continuent d'acheter, ce n'est pas uniquement grâce aux banques ou aux dispositifs d'aide publique comme le PTZ. De nombreux acheteurs n'hésitent pas à appeler leur famille à la rescousse pour avoir un petit coup de pouce financier en vue de constituer leur apport.
Les donations, avances sur héritage ou prêts familiaux sont devenus un coup de pouce indispensable. Cette aide permet notamment de constituer plus rapidement l'apport demandé par les banques et d'améliorer les conditions d'emprunt.
Est-il plus difficile d'acheter aujourd'hui qu'il y a dix ans ?
Les prix de l'immobilier ont progressé plus vite que les revenus dans de nombreux territoires et les banques exigent désormais davantage d'apport personnel qu'auparavant même si cela tend à se stabiliser. Les règles du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), qui encadrent notamment le taux d'endettement, ont également limité la capacité d'emprunt de certains candidats à l’achat.
Le PTZ aide-t-il réellement les jeunes à acheter ?
Oui, c’est un excellent levier. Pour rappel, le prêt à taux zéro est un dispositif de l'État qui permet de financer une partie de votre achat immobilier sans payer d'intérêts.
Il est réservé aux primo-accédants (ceux qui achètent pour la première fois ou qui ne sont pas propriétaires de leur résidence principale depuis 2 ans), et complète un prêt immobilier classique et réduit le coût global du crédit. Pour un jeune acheteur, cela réduit mécaniquement le coût du crédit et allège la mensualité globale.
Quel apport faut-il pour acheter un bien immobilier aujourd'hui ?
Dans le contexte actuel, la quasi-totalité des banques exigent que l’emprunteur couvre les les frais annexes de l'opération (frais de notaire, frais de garantie, frais de dossier), soit généralement entre 10 % du prix du bien dans l'ancien.
Un apport plus important peut d’ailleurs permettre d'obtenir de meilleures conditions de financement et de rassurer la banque.
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