Le triangle d’or du centre-ville havrais – délimité par les quartiers de l’hôtel de ville, du square Saint-Roch et de l’avenue Foch – a encore un bel avenir. Cet été, sur l’avenue Foch, un appartement de standing de 155 m², en excellent état, s’est vendu 497 000 ? (3 200 ? le mètre carré): la norme pour le bon côté – le mieux exposé – de cette avenue. Les petites maisons traditionnelles de Sanvic, très recherchées vers l’église ou la poste, se négocient aujourd’hui entre 2 500 et 3 500 ? le mètre carré. «Le marché immobilier a explosé, indique Dominique Muller, directrice de l’agence du même nom depuis 1972. Il ne faut pas s’attendre à une baisse des prix pour 2007…»
Il y a pourtant encore de bons plans à dénicher au Havre, notamment dans les quartiers de l’université et du Rond-Point. La future ligne de tramway – entre la porte Océane et la clinique, via les quartiers du Rond-Point et de la Mare-Rouge – dont la livraison est programmée d’ici à 2012, devrait désenclaver ces quartiers ouest qui peinaient jusqu’alors à décoller. Ainsi, vers la gare, un 70-m2, au septième étage, est parti récemment pour 121 000 ?.
Autres secteurs en plein essor: l’Eure et Saint-Nicolas. La transformation spectaculaire de ces quartiers sud, proches des docks, où le mètre carré se négocie entre 1 500 et 2 500 ? dans l’ancien (suivant les prestations), a attisé l’intérêt des Havrais qui ne souhaitent pas trop s’éloigner du centre sans en avoir réellement les moyens. «Même si plus de 500 logements neufs à 3 000 ? le mètre carré sont aujourd’hui sortis de terre, les vrais Havrais ont encore du mal à aller là-bas», tempère néanmoins un notaire.
Dans la ville basse, les meilleures perspectives du moment se trouvent donc entre Rond-Point, Graville, Massillon et l’université. «Bloqué par la mer, à l’ouest, les collines de Sanvic, au nord, et les docks, au sud, Le Havre est obligé de se développer vers l’est», estime un marchand de biens. Résultat: ça bouge du côté de Graville, d’autant que, là-bas, le projet de démolition des minitunnels devrait, à moyen terme, humaniser ce périmètre oublié. Ici, rue de Rivoli, un bel appartement de 78 m², datant des années 1970, a trouvé preneur pour 130 000 ?. «Graville est une valeur refuge», confirme Sylvain Morel, chef des ventes chez Guy Hoquet.
Pour trouver moins cher, il faut s’exiler vers Caucriauville ou Mont-Gaillard (1 000 ? le mètre carré), deux quartiers mal-aimés, où la qualité du foncier et la forte demande locative présentent pourtant de nombreux atouts. Des atouts qui attirent désormais les investisseurs. Un signe qui ne trompe pas…
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