Extension du prêt à taux zéro, aménagement du calendrier du diagnostic de performance énergétique et des mesures de zéro artificialisation nette, évolution des attributions de logements sociaux… Dans son discours de politique générale, prononcé mardi 1er octobre, Michel Barnier l’a assuré : le logement est désormais un chantier « prioritaire » pour son gouvernement.
C’est avec un certain soulagement que les professionnels de l’immobilier ont dû accueillir le discours de politique générale de Michel Barnier, prononcé le 1er octobre. Enfin leurs alertes sur la crise du logement, qui touche des milliers de Français, semblent avoir été entendues : devant les députés, le Premier ministre a en effet inscrit la question du logement dans la liste des cinq chantiers prioritaires de son gouvernement.
Même le Medef, en appui de la Fédération des promoteurs immobiliers et de la Fédération française du bâtiment, tirait ces derniers mois la sonnette d’alarme sur la chute de la construction de logements et ses conséquences sur les défaillances d’entreprises et l’emploi, soit entre 150 000 et 300 000 postes menacés. Sans compter les difficultés liées à la mobilité résidentielle des salariés (locations introuvables, transactions dans l’ancien au ralenti, difficultés d’obtention des crédits immobiliers, etc.).
Tout d’abord, Michel Barnier a plaidé en faveur de « mesures rapides pour relancer l’investissement locatif et l’accession à la propriété, notamment pour les primo-accédants », pour lesquels il s’est dit « favorable à l’extension du prêt à taux zéro (PTZ) sur tout le territoire ». Il semble que le PTZ ne sera donc plus réservé aux seules zones tendues, mais permettra-t-il de financer la construction des maisons individuelles (le secteur le plus sinistré), voire l’acquisition de logements anciens ? La question reste pour l’instant en suspens. Rien n’a été esquissé en revanche pour la défiscalisation en cas d’investissement locatif dans le neuf, alors que le dispositif Pinel doit s’arrêter au 31 décembre 2024.
Michel Barnier a également annoncé des aménagements à venir sur le diagnostic de performance énergétique, qui devrait être « simplifié » et son calendrier « aménagé », et le dispositif ZAN (zéro artificialisation nette des sols), afin de pouvoir construire selon les besoins industriels et résidentiels. « Nous devons simplifier au maximum les normes qui pèsent sur la construction des logements neufs ou la réhabilitation des anciens », a ajouté le Premier ministre sans plus de précisions.
Enfin concernant le logement social, Michel Barnier a indiqué que « les bailleurs doivent pouvoir réexaminer régulièrement la situation de leurs locataires » et vouloir « donner plus de pouvoir aux maires dans l’attribution » de logements sociaux. La feuille de route est donc tracée, et chargée, pour la nouvelle ministre du Logement Valérie Létard. Reste à savoir quels arbitrages, notamment face à Bercy, elle remportera dans la prochaine loi de Finances pour 2025, présentée le 10 octobre prochain.
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