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Depuis 18 mois, les prix de l’immobilier ont sensiblement ralenti dans le Pays basque côtier comme à l’intérieur des terres. Pour autant, le nombre de transactions ne repart pas à la hausse et le marché reste tendu
La grande messe de l’immobilier dans le Pays basque, sous les caméras de TVPI, avait lieu ce mercredi 13 novembre, devant plus d’une centaine de personnes, avec le concours des différents acteurs du milieu dont Élodie Mir, la coprésidente de la Fnaim Béarn-Bigorre et Pays basque, Me Pierre Bourgade, représentant de la Chambre des notaires des Pyrénées-Atlantiques, et Sophie Mazzarella, directrice du réseau Crédit agricole Pyrénées Gascogne Pays basque. L’état des lieux du marché immobilier du Pays basque demeure tendu, avec une demande élevée et une offre limitée.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, puisqu’entre le 1er juillet 2023 et le 31 août 2024, la baisse est réelle : -8 % sur le Pays basque intérieur pour les appartements anciens, -4,9 % sur la côte, -10,6 % au global sur le neuf, et -10 % sur les terrains à bâtir. Ce coup de frein est à considérer, aux yeux des professionnels, comme un retour à des prix connus avant Covid, en 2019. Bien que les prix soient toujours parmi les plus hauts connus dans le Sud-Ouest, ce retour à une certaine norme est apprécié de tous. « Seul le marché de la maison ancienne se stabilise avec des prix qui fluctuent selon les villes, sur la côte comme dans les terres », confirme Me Pierre Bourgade.
Du côté du nombre de transactions, le marché continue là encore à marquer le pas. Cette tendance nationale montre une réelle baisse de volume avec 1 200 000 transactions par an constatées post-Covid, à 790 000 transactions estimées cette année dans l’hexagone. Malgré ces chiffres, les professionnels avaient noté en début d’année un léger rebond, freiné par la dissolution de l’Assemblée nationale au début de l’été. « Cela a généré un nouvel attentisme cet été avec un manque de lisibilité », témoigne Élodie Mir. Sur le terrain, les acteurs de l’immobilier constatent aussi que la demande redémarre cette fin d’année, avec des propriétaires beaucoup plus à l’écoute qu’en 2023, notamment sur le volet des négociations et de la baisse de prix.
Le maintien des prix de l’immobilier sur une fourchette haute ainsi que la hausse des taux de la BCE, avaient pleinement impacté la capacité d’emprunt des clients des établissements bancaires de la région ces derniers mois. Si les taux sont repartis à la baisse et les conditions d’octroi des emprunts sont devenues plus souples, il demeure que l’activité est très calme. « On assiste à une reprise d’activité même si 2024 reste globalement en retrait par rapport à l’an passé », analyse Sophie Mazzarella du Crédit agricole Pyrénées Gascogne. « On a tous constaté une forte diminution des sollicitations. Les clients ont moins franchi le seuil de nos agences. Cela représente un tiers d’activité de financement en moins par rapport à 2023 ». Même si les taux ont baissé, les banques ne peuvent toujours pas distribuer les crédits comme elles l’entendent. « On est soumis à des règles dont celles du HCSF qui nous impose d’accompagner les projets dans certaines conditions, dont 35 % d’endettement », appuie-t-elle.
En plus des contraintes liées au prix de l’immobilier et aux taux, le Pays basque subit d’autres contraintes qui éloignent du marché les investisseurs. En place depuis un an, le règlement encadrant la location des meublés de tourisme au Pays basque a déjà porté ses effets, et donné un sacré coup de frein au développement de ces meublés dans 24 communes. Depuis le 25 novembre, une expérimentation visant à limiter l’augmentation des loyers dans les secteurs en forte tension immobilière, est également en place. « Ces règles vont avoir un impact sur l’investissement immobilier. Si l’on baisse la valeur locative d’un bien, cela va jouer sur le prix de vente et mécaniquement sur sa rentabilité » affirme Me Bourgade. On peut donc imaginer que cela entraîne une reprise en volume des transactions. « Je ne suis pas convaincu des effets que nous aurons sur la côte » modère-t-il encore.
Si la part des investisseurs a fortement diminué ces derniers mois au Pays basque, une nouvelle forme d’acquéreurs se révèle : ceux qui peuvent bénéficier du BRS (Bail réel solidaire). Ce dispositif permet de devenir propriétaire de son logement en zone tendue et de cumuler de nombreux avantages dont l’économie réalisée sur l’achat du bien ou encore la possibilité de financer son projet immobilier à l’aide de prêt aidé par l’État (PTZ). « De 2022 à 2023, on a triplé le nombre de projets accompagnés en BRS, et même quadruplé cette année. C’est vraiment spécifique au Pays basque », garantit Sophie Mazzarella. Cette nouvelle façon d’accéder à la propriété a la cote, même si l’offre sur le BRS demeure aujourd’hui insuffisante. Plus que jamais, un équilibre reste à trouver sur le territoire basque.
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