Le milliardaire espagnol Amancio Ortega continue de renforcer son empire immobilier. Le fondateur de Zara vient de racheter Capital 8, un immense complexe de bureaux situé au 32 rue Monceau, dans le 8e arrondissement de Paris, pour environ 800 millions d’euros, selon Bloomberg. Cette acquisition constitue la plus importante transaction immobilière de bureaux réalisée en Europe depuis 2022, dans un marché profondément ralenti par la hausse des taux d’intérêt. Hors immobilier de bureau, le plus gros investissement de ces dernières années dans la pierre est la Palazzo del Monte à Milan racheté par le français Kering pour 1,3 milliard d’euros, en 2024.
L’opération a été réalisée par Pontegadea Inversiones, le family office d’Amancio Ortega, qui rachète l’immeuble au gestionnaire d’actifs américain Invesco.
Réhabilité au début des années 2000, ce vaste ensemble de 45.000 m2, qui était le siège d’EDF entre 1946 et 2001, accueille aujourd’hui les sièges de grandes entreprises internationales comme la banque britannique NatWest, le conglomérat japonais Mitsubishi Corporation ou encore la société française de gestion d’actifs Tikehau Capital. En 2018, Invesco l’avait lui-même acquis auprès d’Unibail-Rodamco-Westfield pour 789 millions d’euros, un montant qui constituait déjà, à l’époque, un record européen.
Cette acquisition s’inscrit dans la stratégie de long terme d’Amancio Ortega, qui réinvestit chaque année une partie des importants dividendes versés par Inditex, le groupe propriétaire de Zara, Pull & Bear, Bershka ou Massimo Dutti, dans l’immobilier de prestige. Selon Pontegadea, son portefeuille immobilier était évalué à 19,3 milliards d’euros fin 2024, tandis que le quotidien espagnol El País l’estime à près de 25 milliards de dollars, répartis sur plus de 200 immeubles dans 13 pays. Forbes le considère comme le plus grand propriétaire immobilier privé au monde.
Selon le classement Bloomberg Billionaires Index, Amancio Ortega est aujourd’hui la 15e fortune mondiale, avec un patrimoine estimé à environ 130 milliards de dollars, dont plus des trois quarts proviennent de sa participation dans Inditex.
Le milliardaire espagnol multiplie les acquisitions dans la capitale française. L’an dernier, il avait déjà racheté l’hôtel Banke, à deux pas du Palais Garnier, pour 97 millions d’euros, avant d’acquérir un ensemble d’immeubles de bureaux rue Halévy pour 227 millions d’euros, destiné à accueillir le futur projet immobilier Grand Opéra.
Son portefeuille comprend également certains des immeubles les plus prestigieux de la planète, comme le Royal Bank Plaza à Toronto, le Post Building à Londres, ou encore le Haughwout Building, un bâtiment historique situé sur Broadway à New York. En 2025, Pontegadea avait aussi acheté l’ancien centre de tri postal à Vancouver pour l’équivalent de 780 millions de dollars américains.
Au-delà de son montant, cette transaction peut-elle réveiller le marché immobilier européen? Depuis 2022, la remontée brutale des taux d’intérêt a en effet provoqué un effondrement des investissements dans l’immobilier de bureaux, en particulier pour les actifs les plus prestigieux, dont le financement repose souvent sur des montages complexes et un recours important à l’endettement.
Les transactions dépassant plusieurs centaines de millions d’euros sont devenues rares. Il y a encore quelques semaines, le projet de vente de la tour OpernTurm à Francfort, valorisée autour de 850 millions d’euros, a ainsi échoué. Selon le Financial Times, les discussions entre les vendeurs et un investisseur allemand se sont heurtées à un désaccord sur le prix, dans un contexte géopolitique jugé peu propice aux grands engagements immobiliers.
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