Le marché de l’immobilier ancien subit un coup d’arrêt brutal après le déclenchement de la guerre en Iran le 28 février, qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages. Alors que l’année 2025 affichait un net rebond, la Fédération nationale de l’immobilier revoit ses prévisions à la baisse pour 2026. Cette crise internationale, conjuguée à la hausse du taux directeur de la Banque centrale européenne, écarte progressivement les classes moyennes et les jeunes de l’accession à la propriété.
Le tableau semblait pourtant s’éclaircir pour les professionnels et les ménages. Après un « point bas » en 2024 à 845 000 ventes, l’année 2025 s’était achevée par un rebond du marché avec 952 000 transactions enregistrées. Cette reprise s’expliquait alors par une stabilisation des prix, une détente du crédit immobilier et un retour des acquéreurs.
Mais le déclenchement le 28 février de la guerre en Iran a brutalement interrompu cette dynamique. Le conflit alimente la flambée des prix de l’énergie et pèse directement sur le budget des acheteurs potentiels. En mars et avril, le marché a ainsi enregistré 17 000 ventes en moins.
Face à ce constat, la Fnaim s’alarme et revoit à la baisse ses prévisions pour l’année 2026, avec environ 900 000 ventes désormais attendues. L’annonce d’un accord de paix sur l’Iran est aujourd’hui accueillie « avec prudence et attention » par l’organisation professionnelle.
« L’impact a été immédiat, le pouvoir d’achat est affaibli et l’incertitude dans le contexte politique actuel pèse sur les ménages. L’investissement immobilier demande de la confiance et exige de la visibilité et de la sérénité », réagit Loïc Cantin, président de la Fnaim.
Pour les acquéreurs de la Côte d’Azur comme d’ailleurs, les difficultés s’accumulent avec les décisions financières européennes. La décision de la Banque centrale européenne jeudi de relever d’un quart de point, à 2,25% son taux de dépôt, qui est son principal taux directeur, va également peser sur le coût du crédit immobilier. La fédération note à ce propos que la production de crédits marquait déjà le pas avant cette augmentation.
Sur le terrain des prix, l’immobilier ancien reste toutefois globalement stable sur un an. Les valeurs sont même en recul si l’on tient compte de l’inflation. Dans le détail, les prix des appartements progressent légèrement (+1,8% à 3 838 euros/m2), tandis que ceux des maisons reculent de -1,6% à 2 357 euros/m2. Les évolutions varient fortement selon les villes : Mulhouse progresse de 11,4%, Paris poursuit sa correction (-0,4%) en gardant des prix parmi les plus élevés d’Europe, et Rennes chute de 7,3%.
Au-delà de ce ralentissement conjoncturel, les conditions d’accès au logement se durcissent structurellement. La Fnaim prévient que le marché de l’accession « se referme ». Les jeunes, les ménages les plus modestes et les classes moyennes se voient désormais « progressivement évincés » du marché.
La baisse de la capacité d’emprunt et l’incertitude globale transforment le profil des acheteurs. Le seuil financier pour devenir propriétaire exclut désormais une part importante de la population locale.
« On assiste à un appauvrissement de l’accession à la propriété », souligne Loïc Cantin. Le président de la fédération relève qu’avec « moins de 50.000 euros de revenus par an, les possibilités d’accès à la propriété sont de plus en plus faibles ».
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Étudiante à l’EDJ Nice, Mathilde Campos est journaliste-stagiaire pour Nice-Presse
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