Sous le soleil azuréen, les villas avec vue sur mer, les studios en cœur de vieille ville ou les mas provençaux sont devenus les stars de la location saisonnière. Mais un nouveau cauchemar hante les propriétaires de la Côte d’Azur comme d’ailleurs: les squatteurs qui détournent le système de réservation en ligne.
La méthode, en expansion comme le révélait Le Figaro ce weekend, est aussi simple qu’inquiétante. Des individus réservent un logement pour un ou deux jours via une plateforme parfaitement légale.
Ils paient, récupèrent les clés, s’installent… puis refusent de partir. Serrures changées, compteur électrique à leur nom, discours rodé sur des « circonstances personnelles »,…
Et le plus troublant? Ils ne sont pas considérés comme des squatteurs au sens légal.
Car tout repose sur un point de droit: l’entrée dans le logement s’est faite avec l’accord du propriétaire. Résultat, la fameuse loi « anti-squat » de 2023 ne s’applique pas, ou difficilement. Ici, pas d’expulsion express.
Il faut entamer une procédure judiciaire longue, coûteuse, et souvent désespérante. Pendant ce temps-là, le logement reste immobilisé, la saison est fichue, et les revenus évaporés.
La région PACA, avec sa forte attractivité touristique, figure parmi les zones les plus touchées. Dans les villes où les biens changent de mains toutes les semaines en haute saison, les tentatives de squat déguisé se multiplient.
De nombreux témoignages font état de réservations effectuées via des plateformes bien connues, comme Airbnb, dont le nom est souvent assimilé à toute une industrie.
Contactée, la société précise: « Airbnb est souvent utilisé comme un terme générique pour faire référence à une industrie entière et nous n’avons reçu aucune information pour vérifier ces affirmations. Dans le cas exceptionnellement rare où un problème comme celui-ci est porté à notre attention, nous prenons des mesures, notamment en supprimant les annonces et les utilisateurs de la plate-forme. Nous collaborons également avec les forces de l’ordre pour les aider dans leurs enquêtes ».
Certains vont jusqu’à programmer leur départ… en plein cœur de la trêve hivernale, rendant toute expulsion quasiment impossible avant le printemps suivant.
Face à cette dérive, les conseils se multiplient: éviter les réservations longues (surtout celles flirtant avec le seuil des 90 jours), activer les vérifications d’identité sur les plateformes, surveiller les profils sans historique, installer des serrures connectées, ou encore rédiger un contrat de location en bonne et due forme. Ce dernier peut être la clé d’un référé accéléré, en cas de contentieux.
Mais au fond, ce phénomène soulève une question plus vaste: celle de la protection juridique du propriétaire dans l’économie du partage. Louer son logement est presque devenu une activité à risques, où la frontière entre locataire et intrus peut vite devenir très floue.
Ce phénomène met en lumière une faille légale encore peu connue, qui dépasse le cadre d’une plateforme en particulier. C’est tout l’écosystème de la location saisonnière qui pourrait devoir se repenser pour mieux protéger hôtes comme locataires.
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