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Fin du diptyque consacré au quartier à travers les souvenirs de René Vayssié, 91 ans, grand témoin de la vie d’avant dans cette partie de la ville.
Aujourd’hui pour cette seconde partie, on remonte le temps pour évoquer le Boutonnet d’avant-guerre avec René Vayssié.
Difficile d’imaginer la vie au siècle dernier dans le faubourg Boutonnet. Ses parents boulangers s’y installent en 1930. Il a alors deux mois. Il se souvient de son enfance dans les années 40. « Boutonnet, c’était le fief de la religion : le Sacré-Cœur à Sainte-Odile, les sœurs de Nevers, le couvent des Carmes, le Refuge, Saint-François- d‘Assise, Nazareth, pour les jeunes filles qui avaient fait des bêtises, Les Tourelles, on y portait le pain… »
Dans ce faubourg, certains métiers d’autrefois ont aujourd’hui disparu. « En haut de Boutonnet, il y avait l’estamaïre, il réparait les casseroles, les objets en étain ; un fabricant qui déposait les pains de glace sur le trottoir pour les deux Bon lait, une mercière… »
Et, bien sûr, la boulangerie familiale. Il poursuit : « C’était aussi le quartier des artisans : peintre, maçon, électricien, mécanicien… À cette époque, circulaient des marchands ambulants. On sortait les chaises dans la rue, notre petite distraction, à l’époque, c’était de voir passer le marchand de glaces, la marchande d’escargots, de poireaux de campagne, de thym et de laurier, une caraque (*) récupérait les peaux de lapins. »
La personnalité très sociable de René Vayssié s’affirme très tôt, il organise des jeux. « J’étais content quand on était ensemble. Plus j’avais de copains, plus j’étais heureux, nous étions plus souvent dans la rue, au croisement de l’Abbé-de-l’Epée et de La Garenne. Nous l’appelions « les quatre coins ». On avait la rue pour nous, on jouait avec un chariot. »
Un prototype de planche à roulettes avant l’heure qu’ils confectionnaient eux-mêmes. « La planche était en forme de croix, nous l’équipions de roues achetées chez le mécano du quartier et d’une ficelle pour la diriger. »
Ces loisirs étaient complétés par les bals de quartier. « Pour l’orchestre, on mettait une charrette habillée de roseaux qu’on allait chercher au bord du Lez, les jeunes accompagnés d’un accordéoniste passaient dans les maisons avec des fougasses, les gens donnaient de bon cœur une pièce. »
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