Le secteur du Port Lympia semble aujourd’hui plus attractif que jamais. Rénovations livrées, ouvertures d’enseignes en cascade, projets… Le point avec Franck Martin, maire-adjoint chargé des commerces.
L’an passé, on vous parlait déjà de la « révolution » vécue par la rue Ségurane. Cette artère qui fait la jonction entre la place Garibaldi et le bassin Lympia a bénéficié il y a quatre ans d’une vaste requalification, et de l’arrivée de la ligne 2 du tramway. Dans la foulée, les nouvelles enseignes s’y sont bousculées : brunch des Garçons, pâtisseries de Julien Dugourd… Le mois dernier, c’est un quatre étoiles qui y ouvrait ses portes. Malgré la pluie ce 12 juillet au matin, la terrasse du Palais Ségurane est pleine. Le chantier de Village Garibaldi, l’établissement qui doit lui faire face, débuterait avec un retard notable dans le courant de l’année prochaine.
« Du simple quartier des antiquaires, une activité qui connaît un déclin, on arrive à attirer des activités premium ». Pour attraper les touristes au bas de leurs hôtels, on dit qu’une grande marque de prêt-à-porter envisage de poser ses malles très prochainement rue Segurane.
Tout près, la place Garibaldi n’est pas devenue, malgré sa beauté, l’une des places les plus attractives de Nice, loin s’en faut. Sans même parler des nuisances vécues en haute saison comme dans toutes les grandes villes, le reste de l’année, elle n’attire pas les foules… « La ligne 1 du tram est arrivée il y a plus d’une quinzaine d’années. Après 2008, les façades ont toutes été reprises, avec 60% de subventionnement municipal » rembobine l’élu Franck Martin.
« La puissance publique a fait le travail. Moi je connais des restaurants qui cartonnent et qui ne prennent même plus les réservations, alors qu’ils sont dans des rues très-très périphériques. Si les gérants veulent des activités qui marchent aussi fort sur la place Garibaldi, la balle est totalement dans leur camp ».
« Il y a peut-être un travail à mener sur les terrasses, sur l’animation… Quand la mairie peut aider, elle le fait. Mais le sujet, c’est aussi et surtout le rapport qualité-prix. Vous avez par exemple La Maïoun qui l’a compris. Avec des cartes trop chères, vous ne travaillez pas avec les locaux hors-saison ».
Verdissement, création d’une piste cyclable, trottoirs élargis… L’an passé, la « rue Cassini 2.0 » était inaugurée. Quel bilan en fait-on plusieurs mois plus tard ? « Les Niçois doivent encore se l’approprier et c’est normal, toute sa physionomie a été changée » analyse Franck Martin.
« Sur le stationnement, on nous a demandé tout et son contraire. Aujourd’hui, on nous parle aussi des terrasses, alors qu’il faut bien de l’espace pour les livraisons… » La mue n’est pas tout à fait achevée : « certaines activités n’ont plus tellement de logique à rester là. D’autres, plus en phase avec la rue, vont s’y installer. Tout ça ne se fait pas d’un claquement de doigts ».
Les riverains la disent désormais déserte, froide… « Cet été il y a un évènementiel dense donc ce n’est pas évident mais dès la rentrée, nous la rendrons plus festive, avec des rendez-vous. Elle a été semi-piétonnisée, il faut bien lui donner une nouvelle vie ». Il n’y pas, actuellement, de gros projet d’installation dans les cartons.
Quid du stationnement plus généralement dans cette zone de Nice ? « Je n’ai pas d’inquiétude particulière. En ce moment il y a des chantiers avec l’extension de la coulée verte (dont l’inauguration est promise en décembre 2025, NDLR) ça ne durera pas. Si on écoute les gens, il faudrait qu’ils puissent se garer devant leurs boutiques. En vérité, il y a déjà tout ce qu’il faut. Les places du parking du phare, lui-même fermé pour travaux, seront compensées par du stationnement en voirie et l’ouverture d’un niveau supplémentaire du souterrain. Donc RAS ». Sans compter sur le lancement du chantier pour le parking Fodéré, annoncé pour « dans deux ans ».
Autour du bassin Lympia, cela ronronne un peu. Plusieurs tables de qualité, certes, mais pas un dynamisme fou non plus. « Là aussi, les restaurateurs doivent être dans la proposition, adapter les cartes. Ceux qui le font marchent très fort ». Le long des quais, pas d’arrivée majeure de programmée.
Vera-t-on bientôt un marché hebdomadaire près de la place Ile-de-Beauté, comme l’une des associations de riverains l’évoque dans nos colonnes ?
« Nous ne sommes pas dans le concret pour ce dossier là » répond Franck Martin. « Il y a encore des places vides à la Libération, à Saint Roch… C’est compliqué de trouver des producteurs pour tous les marchés ». Patience, donc. Mais l’animation ne devrait pas manquer pour autant. L’été prochain, le Port doit accueillir la conférence des Nations-unies sur l’océan. Avec des retombées médiatiques sans précédent.
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