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Source : Sept à huit
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Sept à huit
Elle a été rendue célèbre grâce au film « Les bronzés font du ski » à la fin des années 70. Cinquante ans plus tard, Val d’Isère surclasse la luxueuse Courchevel et Paris, avec un m² à 15.000 euros en moyenne, le plus cher de France.
Avec ses 1000 m² au cœur de la station, le Marco Polo, où nous emmène la vidéo visible en tête de cet article, replay d’un reportage de « Sept à Huit » diffusé ce dimanche sur TF1 (à retrouver également en streaming sur TF1+), est le plus beau chalet de la commune savoyarde. Tarif pour une semaine de location ? 50.000 euros. Marcus, 45 ans, en a réservé trois. Ce Portugais a fait fortune dans les nouvelles technologies, sa femme, Evie, est décoratrice d’intérieur. Ils ont deux enfants, Juliane, 8 ans, et un nouveau-né. Si Marcus a opté pour cet hébergement haut de gamme, c’est notamment pour recevoir ses amis pendant ses vacances. Doté de six chambres, le chalet peut accueillir jusqu’à 14 personnes. Majordome, chauffeur… en tout, neuf personnes sont au service de la famille durant son séjour, autant de prestations comprises dans le prix du chalet.
En quelques années, ce village en pierre d’autrefois est devenu la destination de riches étrangers, portugais, mais aussi anglais, américains, danois, amateurs de sports d’hiver. Restaurants gastronomiques et boutiques haut de gamme se sont multipliés. Il faut dire qu’avec les paysages du parc national de la Vanoise, ses 300 kilomètres de pistes enneigées tout l’hiver, et ses fêtes débridées, la destination a des arguments.
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C’est Jean-Bernard Montel, à la tête de Val d’Isère Agence, qui loue le Marco Polo. À l’intérieur, on trouve des œuvres d’art et de la décoration chinée dans le monde entier, tels qu’un plafond berbère, ou un Bouddha thaïlandais, pour une ambiance zen en fin de journée, mais aussi un espace bien-être situé au sous-sol. L’agent immobilier montre face à la caméra de « Sept à Huit » une « pièce pour les préparations avant les soins, où les gens en général passent sur des lits massants à eau, à jets, pour réchauffer le corps ».
Cerise sur le gâteau : une petite cave a même été prévue pour faire des soirées de dégustation avec un œnologue autour des produits régionaux, de la charcuterie, du fromage. S’y trouvent spiritueux et grands crus, le tout accessible à volonté et sans supplément.
À Val d’Isère, ces prestations attirent des touristes aux moyens illimités pour louer, mais aussi pour acheter. Jean-Bernard Montel réalise ainsi une soixantaine de ventes chaque année. Si les clients ne manquent pas, les terrains, eux, font défaut. Vallée encaissée, zone avec risque d’avalanche…. Il n’y a plus un seul mètre carré constructible. Mais dans leur quête de mètres carrés à prix d’or, les promoteurs ont trouvé une solution, pas au sol, mais au sommet des immeubles : construire sur les toits. Cette trouvaille ultime pour gagner de l’espace se révèle être une opération extrêmement technique. « On a fait cette surélévation qui a été préfabriquée en atelier des mois avant et ensuite, on est venu prolonger l’ascenseur, prolonger toutes les gaines techniques et on a posé ce penthouse sur le toit de l’immeuble »,
détaille le promoteur immobilier Johann Wurtz. Après 3 ans de conception et l’intervention de 120 artisans, ce bien de 340 m² sera bientôt mis en vente à… 17 millions d’euros.
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Si rien n’est trop beau pour séduire les acheteurs fortunés, habitants et saisonniers ne trouvent plus toujours leur place au sein de la station. La manne touristique qui fait tourner l’économie met en effet aussi certains habitants sous pression. C’est le cas de Lucie, 24 ans, et de sa sœur Arielle, 22 ans, qui possèdent l’une des deux dernières exploitations laitières de Val d’Isère, vieille de cent ans et transmise sur cinq générations. Pour fabriquer leur fromage, elles élèvent 30 brunes des Alpes qui jouissent de 90 hectares de pâturage, tous les jours. Même si l’essentiel n’est pas constructible, les promoteurs sont à l’affût, trop curieux de leur proposer des mille et des cents pour construire. « Je me bats pour les vaches, pour le village, pour tout. Hors de question de vendre. La valeur de mes vaches, de ce qu’on peut produire, des bouches qu’on peut nourrir et de la cohésion qu’on peut avoir dans ce village est bien plus importante »,
lance la jeune femme.
Face à cette pression foncière, il y a celles qui résistent et il y a ceux qui partent. La population du village, seulement 1.500 habitants à l’année, est en baisse.
Dans ce contexte, les saisonniers aussi peinent à se loger. Si la plupart trouvent un toit grâce à leur employeur, certains comme Stéphane, moniteur de ski indépendant, ont dû opter pour d’autres alternatives : il vit dans son camping-car. « On a la proximité de tout, de notre travail, et puis surtout, on a aussi l’avantage de ne pas prendre la route tous les soirs pour aller vivre en contrebas, dans les villages, parce qu’ici, on ne peut plus se loger, c’est juste pas pensable, parce que les logements sont trop chers aujourd’hui, tout est prévu pour le tourisme, mais pas pour les gens qui bossent là »,
souligne-t-il.
Louer un studio dans la station, lui coûterait plus de 2.000 euros par mois. « Il y a tout ce qu’il faut pour cuisiner, l’eau, on la prend dans la rivière, l’électricité, on la fait au solaire, on est complètement autonome, comme sur un bateau, un bateau échoué dans la neige »,
assure-t-il. Le reste de l’année, Stéphane père de trois enfants, vit dans les Landes. Et pour cause :« Ça n’aurait aucun intérêt de gagner de l’argent pour le redépenser dans un loyer sur place »
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